Dernière mise à jour : septembre 2026
Les stéroïdes anabolisants androgènes (SAA, ou AAS en anglais) sont des dérivés synthétiques de la testostérone, répartis en 3 familles chimiques — les esters de testostérone, les dérivés de la DHT et les 19-nor — et en 2 voies d'administration, orale ou injectable. La testostérone elle-même est isolée et synthétisée en 1935 ; les premiers dérivés commerciaux, comme la méthandiénone (Dianabol), arrivent dans les années 1950. Cette double grille (famille + voie) explique à elle seule pourquoi un composé aromatise ou non, pèse ou non sur le foie, et convient à une prise de masse ou à une sèche. Le détail des mécanismes — récepteur des androgènes, synthèse protéique, rétention d'azote — est développé dans le guide Pharmacologie des stéroïdes anabolisants, qui complète cette page.
Un point de vocabulaire d'abord : en français, « stéroïdes » seul désigne souvent les corticoïdes (cortisone, prednisolone). Cette page parle uniquement des stéroïdes anabolisants, c'est-à-dire des hormones anabolisantes utilisées en musculation. La référence clinique « Anabolic Steroids » sur StatPearls (Leslie et al., mise à jour février 2025) les classe en deux types selon la modification chimique : les dérivés 17-α-alkylés (les oraux : oxandrolone, oxymétholone, fluoxymestérone…) et les esters en 17-β (les injectables : cypionate, énanthate, propionate de testostérone, décanoate de nandrolone, drostanolone…). Tout le reste de cet article décline cette logique.
En bref
- Un stéroïde anabolisant est une version modifiée de la testostérone, conçue pour augmenter la masse musculaire et la force.
- Les stéroïdes anabolisants forment 3 familles chimiques (testostérone, dérivés de la DHT, 19-nor) et 2 voies (orale, injectable), soit une douzaine de composés courants en musculation.
- La testostérone seule à 300–600 mg/semaine produit 5,2 à 7,9 kg de masse maigre en 20 semaines dans l'étude de référence, sans entraînement.
- Tous les anabolisants suppriment la production naturelle de testostérone ; les oraux 17-α-alkylés fatiguent en plus le foie et le cholestérol HDL.
- Un premier cycle se fait avec la testostérone seule, un bilan sanguin avant et après, et une PCT (Post Cycle Therapy) planifiée dès le premier jour.
Qu'est-ce qu'un stéroïde anabolisant et comment agit-il ?
Un stéroïde anabolisant est une molécule dérivée de la testostérone qui se lie au récepteur des androgènes, la « serrure » hormonale présente dans le muscle, l'os, la peau et le cerveau. Cette liaison déclenche 3 effets mesurables : une augmentation de la synthèse protéique, une meilleure rétention d'azote (le muscle garde ses acides aminés) et une hausse de l'érythropoïèse, c'est-à-dire de la production de globules rouges. Le mot « androgène » désigne l'autre face de la même molécule : pilosité, sébum, voix, libido.
Chaque composé est décrit par son rapport anabolisant/androgène. La testostérone sert d'étalon avec un score de 100/100 ; un composé noté 500/500 comme le trenbolone est 5 fois plus actif sur les deux tableaux, milligramme pour milligramme. La revue de pharmacologie « Pharmacology of anabolic steroids » (Kicman, 2008) détaille comment chaque modification chimique — 17-α-alkylation, retrait du carbone 19, réduction en 5-α — déplace ce rapport et change le comportement du composé dans le corps.
Le point commun à tous les anabolisants est la suppression de l'axe HPT (hypothalamo-hypophyso-testiculaire). Dès que la testostérone exogène circule à dose supraphysiologique, l'hypophyse coupe la LH et la FSH, les testicules réduisent leur production et leur volume. Cette suppression est le prix d'entrée de chaque cycle de stéroïdes, quel que soit le composé, et c'est elle qui rend la PCT (Post Cycle Therapy) — la relance hormonale qui rétablit la production naturelle de testostérone après un cycle — obligatoire.
Stéroïdes oraux ou injectables : quelles 4 différences réelles ?
Les stéroïdes oraux se distinguent des injectables sur 4 points : le passage hépatique, la demi-vie, la fréquence de prise et le profil lipidique. Un oral comme la méthandiénone (Dianabol) porte une 17-α-alkylation qui lui permet de survivre au premier passage dans le foie, au prix d'une hépatotoxicité (atteinte du foie) et d'une demi-vie de 4 à 16 heures. Un injectable comme l'énanthate de testostérone est un ester à libération lente : demi-vie de 4 à 5 jours, injection 1 à 2 fois par semaine, foie épargné.
La 17-α-alkylation est la modification qui rend un stéroïde actif par la bouche. Sans elle, le foie dégrade la molécule avant qu'elle n'atteigne le muscle. Avec elle, la molécule passe — et le foie encaisse. La monographie « Androgenic Steroids » de LiverTox (NIH) note que la cholestase (blocage de la bile) apparaît le plus souvent 4 à 12 semaines après le début d'un oral 17-α-alkylé, alors que les esters injectables de testostérone ne sont que rarement impliqués. C'est la raison pour laquelle un cycle uniquement oral ne dépasse pas 6 à 8 semaines dans le protocole standard.
Le profil lipidique suit la même ligne. Dans l'étude croisée « Contrasting effects of testosterone and stanozolol on serum lipoprotein levels » (Thompson et al., 1989), 6 mg/jour de stanozolol oral font chuter le cholestérol HDL de 33 % en 6 semaines, contre 9 % pour 200 mg/semaine d'énanthate de testostérone injectable. Un oral, même « doux », coûte donc plus cher au cœur qu'un injectable à effet comparable. Le choix entre les deux voies selon ton objectif et ta tolérance aux injections est traité dans Stéroïdes oraux ou injectables — que choisir, avec les demi-vies de chaque ester.
Quelles sont les 3 familles chimiques de stéroïdes anabolisants ?
Les stéroïdes anabolisants appartiennent à 3 familles définies par leur squelette : la testostérone et ses esters (énanthate, cypionate, propionate, undécanoate, Sustanon 250), les dérivés de la DHT (dihydrotestostérone : oxandrolone, stanozolol, drostanolone, méthénolone, oxymétholone) et les 19-nor, qui ont perdu le carbone en position 19 (nandrolone, trenbolone). La famille prédit 2 choses avant même de lire une fiche : si le composé aromatise en œstrogènes, et s'il porte un risque progestatif.
La testostérone et ses esters : la base de chaque cycle
La testostérone est le composé de base de tout cycle de stéroïdes, avec un rapport de 100/100 et une aromatisation complète en œstrogènes. Ce qui change d'un produit à l'autre, c'est l'ester attaché à la molécule : il ne modifie pas l'effet, seulement la vitesse de libération. En France, l'énanthate est commercialisé sous le nom d'Androtardyl (Bayer) et l'undécanoate sous les noms de Nebido et Testostérone Besins ; ce sont des médicaments de liste I, délivrés sur ordonnance.
| Ester | Demi-vie | Fréquence d'injection | Usage type |
|---|---|---|---|
| Propionate | 2–3 jours | Un jour sur deux | Cycles courts, sèche, pré-compétition |
| Énanthate | 4–5 jours | 1 à 2 fois/semaine | Premier cycle, prise de masse |
| Cypionate | 5–8 jours | 1 fois/semaine | Équivalent de l'énanthate, TRT |
| Undécanoate | ~3 semaines | Toutes les 10–12 semaines | Usage médical (Nebido), action très longue |
| Sustanon 250 | Mélange de 4 esters | Tous les 3–4 jours | Libération étagée |
L'étude dose-réponse « Testosterone dose-response relationships in healthy young men » (Bhasin et al., 2001) donne les chiffres de référence : chez 61 hommes de 18 à 35 ans, sans entraînement et avec un apport calorique contrôlé, 20 semaines d'énanthate produisent +3,4 kg de masse maigre à 125 mg/semaine, +5,2 kg à 300 mg et +7,9 kg à 600 mg. Le protocole standard du premier cycle se situe dans cette fenêtre — 300 à 500 mg/semaine pendant 10 à 12 semaines — et c'est le point de départ documenté dans le guide Testostérone Énanthate : le guide complet, avec ses cycles et ses stacks. Au-delà de 300 mg/semaine, la conversion en œstrogènes réclame en général un inhibiteur de l'aromatase (IA), un médicament qui bloque cette conversion, dosé sur un bilan d'œstradiol et non à l'aveugle.
Les dérivés de la DHT : gains secs, zéro aromatisation
Les dérivés de la DHT (dihydrotestostérone) ne se convertissent pas en œstrogènes, ce qui supprime la gynécomastie et la rétention d'eau liées aux œstrogènes. Cette famille regroupe 5 composés courants : l'oxandrolone (Anavar), le stanozolol (Winstrol), la drostanolone (Masteron), la méthénolone (Primobolan) et l'oxymétholone (Anadrol). Les 4 premiers sont les composés de sèche par excellence ; l'oxymétholone est l'exception, un oral de masse à forte rétention d'eau par un mécanisme non œstrogénique.
L'oxandrolone est l'oral le mieux toléré de la famille, avec une demi-vie d'environ 9 heures et une hépatotoxicité faible pour un 17-α-alkylé. Elle produit des gains modestes mais secs, à 30–80 mg/jour chez l'homme et 5–10 mg/jour chez la femme, ce qui en fait le seul anabolisant régulièrement utilisé au féminin. Ses effets, ses cycles et sa PCT sont détaillés dans Anavar (Oxandrolone) : le guide complet. Le stanozolol donne le « look sec » à 25–50 mg/jour en oral, mais c'est le composé de l'étude Thompson citée plus haut : HDL −33 % en 6 semaines. La drostanolone (300–600 mg/semaine, injectable) et la méthénolone (600–800 mg/semaine, injectable, la plus chère de toutes) n'ont pas d'hépatotoxicité et servent surtout en stack avancé de sèche.
Les 19-nor : nandrolone et trenbolone
Les composés 19-nor — le décanoate de nandrolone (Deca-Durabolin), le phénylpropionate de nandrolone (NPP) et le trenbolone — ont perdu l'atome de carbone en position 19, ce qui augmente leur affinité pour le récepteur des androgènes et leur donne une activité progestative. Cette activité progestative est leur risque distinctif : élévation de la prolactine, baisse de libido et dysfonction érectile (le « Deca dick » du forum), suppression de l'axe HPT plus profonde et plus longue que celle de la testostérone.
La nandrolone aromatise peu et retient l'eau dans les articulations, d'où sa réputation pour les épaules et les genoux douloureux. Le décanoate a une demi-vie d'environ 14 jours (300–600 mg/semaine, 1 injection/semaine), le phénylpropionate d'environ 4 jours (300–400 mg/semaine, injection tous les 3 jours) et se lave plus vite du corps en fin de cycle. Le trenbolone n'aromatise pas du tout et affiche le rapport 500/500 : c'est le composé de recomposition le plus puissant disponible, avec des effets secondaires à la hauteur — sueurs nocturnes, insomnie, irritabilité, essoufflement à l'effort. L'acétate (50–100 mg un jour sur deux, demi-vie 2–3 jours) se sort du corps en quelques jours en cas d'intolérance ; l'énanthate (200–400 mg/semaine) exige de tenir 2 semaines de plus. Les 3 esters, leurs cycles et leur PCT spécifique sont couverts dans Trenbolone : le guide complet.
Quels sont les 4 oraux hépatotoxiques à cycles courts ?
Les 4 oraux hépatotoxiques les plus utilisés en musculation sont la méthandiénone (Dianabol), l'oxymétholone (Anadrol), la méthastérone (Superdrol) et le stanozolol (Winstrol). Tous portent une 17-α-alkylation, tous montent les transaminases (ASAT, ALAT) en 4 à 6 semaines, et tous se prennent en cycle court : 4 à 6 semaines maximum, jamais deux oraux 17-α-alkylés en même temps, avec un bilan hépatique avant et après. La méthandiénone et l'oxymétholone aromatisent ou retiennent l'eau ; la méthastérone et le stanozolol donnent des gains secs.
La méthandiénone est le « kickstart » classique : 20–50 mg/jour pendant les 4 à 6 premières semaines d'un cycle de testostérone, le temps que l'ester injectable atteigne son plateau. Force et congestion arrivent en quelques jours, avec 2 à 4 kg d'eau, une tension artérielle qui monte et un pic d'œstrogènes à gérer. Le guide Dianabol (Méthandiénone) : le guide complet détaille le cycle, l'IA associé et la PCT. L'oxymétholone (50–100 mg/jour) est l'oral de masse le plus brutal — 5 à 8 kg en 4 à 6 semaines, dont une large part d'eau — et le plus dur pour le foie de la liste. La méthastérone (10–20 mg/jour, 3 à 5 semaines) donne une dureté comparable au trenbolone sans injection, mais avec la hausse d'enzymes hépatiques la plus rapide des quatre.
La protection hépatique est le passage obligé de cette classe : TUDCA 500 mg/jour ou NAC 600–1 200 mg/jour pendant le cycle, zéro alcool, et un dosage ASAT/ALAT/GGT à la semaine 4. Le mécanisme exact de cette toxicité — pourquoi une simple méthylation en 17-α bloque la bile — et les seuils d'alerte des enzymes sont expliqués dans 17-alpha-alkylation et toxicité hépatique, le guide de référence sur ce point.
Comment comparer les 12 composés courants : aromatisation, foie, dose ?
Les 12 composés utilisés couramment en musculation se comparent sur 5 critères : la voie, l'aromatisation, l'hépatotoxicité, la dose standard et l'objectif. Les doses ci-dessous sont les fourchettes du protocole standard dans la communauté, telles que documentées dans l'ouvrage de référence « ANABOLICS » (Llewellyn, 11e édition) et sur les pages de cycle de ce site ; ce ne sont pas des recommandations cliniques. La colonne « Objectif » est celle qui décide du choix.
| Composé (DCI) | Famille / voie | Aromatise | Foie | Dose standard (hommes) | Objectif |
|---|---|---|---|---|---|
| Énanthate de testostérone | Testostérone / inj. | Oui | Non | 300–500 mg/sem | Premier cycle, masse |
| Sustanon 250 | Testostérone / inj. | Oui | Non | 250–500 mg/sem | Masse |
| Méthandiénone (Dianabol) | Testostérone modifiée / oral | Oui, fort | Oui | 20–50 mg/j, 4–6 sem | Kickstart masse |
| Oxandrolone (Anavar) | DHT / oral | Non | Faible | 30–80 mg/j, 6–8 sem | Sèche, femmes (5–10 mg/j) |
| Stanozolol (Winstrol) | DHT / oral ou inj. | Non | Oui | 25–50 mg/j, 6 sem | Sèche, dureté |
| Drostanolone (Masteron) | DHT / inj. | Non | Non | 300–600 mg/sem | Sèche avancée |
| Méthénolone (Primobolan) | DHT / inj. | Non | Non | 600–800 mg/sem | Gains lents et propres, femmes (50–100 mg/sem) |
| Oxymétholone (Anadrol) | DHT modifiée / oral | Non (rétention par autre voie) | Oui, fort | 50–100 mg/j, 4–6 sem | Masse explosive |
| Méthastérone (Superdrol) | DHT modifiée / oral | Non | Oui, très fort | 10–20 mg/j, 3–5 sem | Dureté sans injection |
| Décanoate de nandrolone (Deca) | 19-nor / inj. | Faible | Non | 300–600 mg/sem | Masse lente, articulations |
| Trenbolone acétate | 19-nor / inj. | Non | Non | 50–100 mg un jour sur deux | Recomposition, sèche |
| Boldénone undécylénate | Testostérone modifiée / inj. | Faible | Non | 300–600 mg/sem | Masse propre, endurance |
La boldénone (Equipoise) est le composé hors classement : un dérivé de la testostérone avec une double liaison en 1-2, qui aromatise environ moitié moins, stimule l'appétit et l'érythropoïèse, avec une demi-vie de 14 jours et une détection urinaire qui dépasse 4 mois. Le trenbolone, le Superdrol et l'Anadrol ne figurent dans aucun protocole de premier cycle : un débutant qui commence par un composé de cette ligne n'a aucun point de comparaison pour savoir ce qui vient de la dose et ce qui vient de la molécule.
Quel type de stéroïde selon ton objectif : masse, sèche, force ?
Le type de stéroïde se choisit selon 3 objectifs : la prise de masse (bulking) réclame un composé qui aromatise et retient de l'eau — testostérone, méthandiénone, nandrolone — ; la sèche (cutting) réclame un dérivé de la DHT qui n'aromatise pas — oxandrolone, stanozolol, drostanolone — souvent sur une base de propionate ; la force pure passe par la testostérone et le trenbolone. Dans les 3 cas, la testostérone reste la base : un cycle sans testostérone coupe l'axe HPT sans rien mettre à la place.
Le stack de masse le plus répandu associe l'énanthate à 500 mg/semaine sur 12 semaines et la méthandiénone à 30 mg/jour sur les 6 premières. Le stack de sèche type associe le propionate à 100 mg un jour sur deux, l'oxandrolone à 50 mg/jour et, chez les utilisateurs avancés seulement, le trenbolone acétate à 75 mg un jour sur deux. Ces combinaisons cumulent aussi leurs effets secondaires — deux composés qui aromatisent doublent le besoin d'IA, deux 17-α-alkylés doublent la charge hépatique — et c'est la raison pour laquelle le premier cycle se fait avec un seul composé.
Chez la femme, la virilisation (voix, pilosité, clitoris) est irréversible et survient même à faible dose. Les 2 options documentées sont l'oxandrolone à 5–10 mg/jour et la méthénolone à 50–100 mg/semaine ; le trenbolone, la méthandiénone et le stanozolol sont hors de question. Le mythe « l'Anavar ne supprime pas » est faux : tous les anabolisants suppriment l'axe HPT à des degrés variables, et une PCT reste nécessaire après un cycle d'oxandrolone chez l'homme.
Est-ce fait pour toi ? La checklist avant le premier cycle
Un premier cycle de stéroïdes anabolisants a 5 conditions préalables, et si l'une manque, le cycle attend : plus de 3 ans d'entraînement sérieux avec une nutrition tenue, 23 ans révolus (l'axe HPT finit de se stabiliser vers 21–23 ans), un bilan sanguin de départ normal, aucun antécédent cardiaque, hépatique ou psychiatrique personnel, et aucun projet de paternité dans les 12 mois. Ce n'est pas une liste de prudence : c'est la liste des gens chez qui le rapport gain/risque a une chance d'être positif.
Le bilan de départ compte 8 marqueurs : testostérone totale, LH, FSH, œstradiol, NFS avec hématocrite, bilan lipidique (HDL, LDL), ASAT/ALAT/GGT, tension artérielle. Il se refait à la semaine 6 (hématocrite, œstradiol, enzymes hépatiques, tension) et 4 à 6 semaines après la fin de la PCT (LH, FSH, testostérone totale). Un laboratoire d'analyses privé en France accepte ce panel sans ordonnance, en paiement direct. Quels marqueurs surveiller, à quel seuil réduire ou arrêter, et comment lire le résultat sans médecin, c'est l'objet du guide Bilan sanguin sous stéroïdes : les marqueurs à surveiller.
Les 4 pièges du débutant reviennent dans chaque forum : sauter la PCT parce que « ça va revenir tout seul », empiler 3 composés dès le premier cycle, ignorer le bilan sanguin parce qu'on se sent bien, et monter la dose au-dessus du protocole standard parce qu'un post l'a conseillé. Le protocole complet du premier cycle — testostérone seule, semaine par semaine, avec la PCT — est détaillé dans Cycle de Stéroïdes pour Débutants Testostérone Seule, Dosage et Guide PCT.
Que se passe-t-il après le cycle : la PCT selon le type de stéroïde
Après un cycle, l'axe HPT ne redémarre pas seul à un rythme acceptable : sans PCT, la testostérone naturelle reste basse pendant des semaines à des mois, avec fatigue, libido en berne, perte de force et moral en baisse. Le protocole standard combine 2 SERM (modulateurs sélectifs des récepteurs aux œstrogènes) : tamoxifène (Nolvadex) 20–40 mg/jour et clomifène (Clomid) 25–50 mg/jour pendant 4 semaines, avec parfois l'hCG en fin de cycle pour préparer les testicules. Le début de la PCT dépend de l'ester : 2 à 3 jours après un propionate, 2 semaines après un énanthate ou un cypionate, 3 semaines après un décanoate.
Le type de stéroïde change 2 paramètres de la PCT : le délai avant le départ (l'ester long se vide lentement) et la profondeur de la suppression (les 19-nor, nandrolone et trenbolone, suppriment plus fort et plus longtemps, et l'élévation de prolactine réclame parfois un traitement à part). Un cycle court d'oxandrolone seule se relance avec du tamoxifène seul ; un cycle de 16 semaines avec nandrolone réclame le protocole complet, hCG compris. Les protocoles par composé, les dosages et le calendrier sont dans PCT après les stéroïdes : Guide de récupération étape par étape pour débutants, l'article à lire avant de commander quoi que ce soit.
Quel est le statut légal des stéroïdes anabolisants en France ?
En France, les stéroïdes anabolisants sont des médicaments au sens du Code de la santé publique, et le régime pénal a 2 volets. Pour tout le monde, l'article L5432-1 du Code de la santé publique punit de 5 ans d'emprisonnement et 375 000 € d'amende l'importation, la détention, l'acquisition, la cession ou l'emploi de substances vénéneuses en violation de la réglementation — 7 ans et 750 000 € en bande organisée ou en cas d'offre en ligne au public. Pour les sportifs licenciés ou en compétition, le Code du sport (L. 232-9, L. 232-10) s'ajoute, avec l'AFLD comme autorité disciplinaire.
La distinction importante pour un lecteur non licencié : les spécialités à base de testostérone (Androtardyl, Nebido, Testostérone Besins, les gels) ont une AMM et relèvent de la liste I des substances vénéneuses — elles s'obtiennent sur ordonnance. La plupart des autres anabolisants utilisés en musculation (trenbolone, oxymétholone, méthastérone, drostanolone…) n'ont aucune AMM en France : ils ne sont ni « sur ordonnance » ni « en vente libre », ils ne peuvent tout simplement pas être importés ou vendus légalement, et la douane saisit sur ce motif. Côté sport, la liste des substances interdites est celle de l'AMA, transposée chaque année par décret : la page « La liste des substances et méthodes interdites » de l'AFLD renvoie au décret n° 2025-1226 pour la liste 2026, où tous les agents anabolisants figurent en section S1, interdits en permanence.
Questions fréquentes (FAQ)
Quelle est la différence entre le propionate et l'énanthate de testostérone ?
Le propionate a une demi-vie de 2 à 3 jours et s'injecte un jour sur deux ; l'énanthate a une demi-vie de 4 à 5 jours et s'injecte 1 à 2 fois par semaine. La molécule active est la même testostérone. Le propionate sert aux cycles courts et aux sèches où l'on veut pouvoir arrêter vite ; l'énanthate est le choix standard du premier cycle et de la prise de masse.
Le trenbolone est-il vraiment 5 fois plus puissant que la testostérone ?
Oui sur le papier : son rapport anabolisant/androgène est de 500/500 contre 100/100 pour la testostérone, milligramme pour milligramme. Cette puissance s'accompagne d'une absence totale d'aromatisation, d'une activité progestative et des effets secondaires les plus lourds de tous les injectables, ce qui l'exclut de tout premier cycle.
Quels stéroïdes ne se convertissent pas en œstrogènes ?
Les 5 composés non aromatisants courants sont l'oxandrolone, le stanozolol, la drostanolone, la méthénolone et le trenbolone. Ils ne provoquent ni gynécomastie ni rétention d'eau d'origine œstrogénique. Ils suppriment quand même l'axe HPT et, pour les oraux, pèsent sur le foie et le HDL.
Quel est le stéroïde oral le moins toxique pour le foie ?
L'oxandrolone est l'oral 17-α-alkylé le mieux toléré par le foie aux doses usuelles. Elle reste un 17-α-alkylé : au-delà de 8 semaines ou de 80 mg/jour, les enzymes hépatiques montent, et le bilan ASAT/ALAT/GGT reste obligatoire.
Le Sustanon 250 est-il meilleur qu'un ester simple ?
Non. Le Sustanon 250 est un mélange de 4 esters de testostérone (propionate, phénylpropionate, isocaproate, décanoate) qui n'apporte aucun avantage pharmacologique démontré face à une dose correcte d'énanthate ou de cypionate. Il exige même des injections plus rapprochées, tous les 3 à 4 jours, pour garder un taux stable.
Une femme peut-elle utiliser un stéroïde anabolisant ?
Oui, avec 2 composés seulement : l'oxandrolone à 5–10 mg/jour ou la méthénolone à 50–100 mg/semaine, sur 6 à 8 semaines. Le risque de virilisation (voix, pilosité, clitoris) est irréversible et apparaît même à faible dose ; le trenbolone, la méthandiénone et le stanozolol sont exclus.
Quand consulter un médecin pendant un cycle ?
Dès qu'un des 4 signaux apparaît : tension au-dessus de 140/90 à deux mesures, jaunisse ou urines foncées, douleur thoracique ou essoufflement inhabituel, humeur qui bascule. Un endocrinologue ou un médecin du sport traite ces situations tous les jours ; un bilan sanguin dans un laboratoire privé est l'alternative quand tu ne veux pas passer par ton médecin traitant.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis médical. En France, les stéroïdes anabolisants androgènes sont des médicaments : les spécialités à base de testostérone relèvent de la liste I des substances vénéneuses et ne sont délivrées que sur ordonnance ; la plupart des autres anabolisants n'ont aucune autorisation de mise sur le marché et ne peuvent être ni importés ni vendus légalement. L'acquisition, la détention, la cession ou l'emploi de ces substances en violation de la réglementation sont punis par l'article L. 5432-1 du Code de la santé publique (jusqu'à 5 ans d'emprisonnement et 375 000 € d'amende). Pour les sportifs licenciés ou en compétition, l'usage et la détention sans raison médicale dûment justifiée sont interdits par l'article L. 232-9 du Code du sport (jusqu'à 1 an d'emprisonnement et 3 750 € d'amende) ; toute cession, administration ou incitation relève de l'article L. 232-10 (jusqu'à 5 ans et 75 000 €). Consulte toujours un médecin qualifié, un endocrinologue ou un médecin du sport avant d'utiliser des substances améliorant les performances. Les auteurs déclinent toute responsabilité pour les dommages à la santé résultant d'une utilisation inappropriée.
