Dernière mise à jour : septembre 2026
La PCT (Post Cycle Therapy) est la relance hormonale qui rétablit la production naturelle de testostérone après un cycle de stéroïdes anabolisants : 4 semaines de SERM (clomifène et tamoxifène), précédées ou non de 2 à 3 semaines d'hCG, avec un bilan sanguin 4 à 6 semaines après la dernière prise. Sans relance, la production de testostérone remonte d'elle-même chez la majorité des utilisateurs en 3 mois environ, mais 11 % ont encore une testostérone basse un an plus tard. Le mécanisme freiné par un cycle est l'axe HPT ; son fonctionnement complet est décrit dans l'article Axe hypothalamo-hypophyso-testiculaire (HPT) : le mécanisme complet, que ce guide suppose connu dans ses grandes lignes.
Ce guide est écrit pour un premier ou un deuxième cycle : quels médicaments, quelle dose, quel jour commencer selon le composé, combien ça coûte, ce que tu ressens semaine après semaine, et quoi faire si la relance ne prend pas. Les protocoles sont le standard pratiqué dans la communauté (Llewellyn, forums francophones), pas des recommandations cliniques : aucun essai contrôlé n'a validé la PCT, et les endocrinologues qui suivent des utilisateurs le disent clairement.
En bref
- La PCT est un protocole de 4 semaines qui relance la production de testostérone après un cycle de stéroïdes anabolisants.
- Le protocole standard associe le clomifène (50 mg puis 25 mg par jour) et le tamoxifène (40 mg puis 20 mg par jour), avec une hCG optionnelle de 500 UI tous les 3 à 4 jours avant les SERM.
- La PCT commence 2 à 21 jours après la dernière prise selon l'ester, et un bilan sanguin (testostérone, LH, FSH, œstradiol) 4 à 6 semaines après la fin dit si elle a fonctionné.
- Une PCT complète coûte entre 75 et 160 € de médicaments plus 60 à 100 € d'analyses, et elle ne protège ni contre la fertilité réduite pendant un an, ni contre une suppression qui s'installe après des cycles répétés.
- Le clomifène, le tamoxifène et l'hCG sont des médicaments sur ordonnance en France : leur achat hors circuit relève de l'article L. 5432-1 du Code de la santé publique.
Qu'est-ce que la PCT et pourquoi ton corps en a-t-il besoin après un cycle ?
La PCT (Post Cycle Therapy), la relance hormonale, est le protocole médicamenteux de 4 semaines qui réactive l'axe HPT après un cycle de stéroïdes anabolisants. L'axe HPT est la chaîne de commande hypothalamus → hypophyse → testicules. Pendant un cycle, la testostérone exogène coupe cette chaîne : l'hypophyse cesse d'envoyer la LH et la FSH, les testicules s'arrêtent et rétrécissent. La PCT bloque le signal œstrogénique qui maintient cet arrêt et force l'hypophyse à redémarrer.
Le freinage est total, pas partiel. Dans la cohorte HAARLEM, qui a suivi 100 pratiquants amateurs pendant un an, l'étude « Disruption and recovery of testicular function during and after androgen abuse: the HAARLEM study » (Smit et al., 2021) montre que 77 % des sujets ont une numération de spermatozoïdes effondrée pendant le cycle, que la testostérone se normalise en 3 mois chez la plupart après l'arrêt, mais que 11 % restent en dessous de la normale à un an et que 34 % ont encore un spermogramme anormal. Ces sujets n'avaient pas tous fait de PCT : la récupération spontanée existe, la PCT vise à la raccourcir et à limiter les symptômes de la période creuse.
Deux termes reviennent tout au long du guide. Un SERM (modulateur sélectif des récepteurs aux œstrogènes) est une molécule qui bloque le récepteur des œstrogènes dans l'hypothalamus et l'hypophyse : le cerveau croit que les œstrogènes sont bas et relance la LH et la FSH. L'hCG (gonadotrophine chorionique humaine) est une hormone injectable qui imite la LH et réveille directement les testicules, sans passer par le cerveau.
Qui a besoin d'une PCT, et dans quels 2 cas elle est inutile ?
Tout utilisateur de stéroïdes anabolisants androgènes (SAA) qui arrête un cycle a besoin d'une PCT, esters injectables comme oraux : la testostérone, la nandrolone (Deca-Durabolin), la trenbolone, mais aussi la méthandiénone (Dianabol), l'oxandrolone (Anavar) et le stanozolol (Winstrol) suppriment l'axe HPT. La PCT est inutile dans 2 situations : la TRT (traitement hormonal substitutif prescrit, qui ne s'arrête pas) et le blast & cruise, où la testostérone n'est jamais interrompue. Les femmes n'en ont pas besoin non plus au sens strict.
| Situation | PCT | Pourquoi |
|---|---|---|
| Cycle à base de testostérone (énanthate, cypionate, Sustanon 250) | Obligatoire | Suppression complète de la LH et de la FSH dès les premières semaines |
| Cycle oral seul (Dianabol, Anavar, Winstrol, Turinabol) | Obligatoire, protocole allégé possible | Suppression réelle même à faible dose, récupération en général plus rapide |
| Cycle avec 19-nor (Deca-Durabolin, NPP, trenbolone) | Obligatoire, protocole renforcé | Suppression la plus profonde et la plus longue de la classe |
| SARM (ostarine, LGD-4033) | Selon la dose et la durée | Suppression partielle, un bilan sanguin tranche |
| TRT prescrite ou blast & cruise | Inutile | L'apport de testostérone ne s'arrête pas |
| HGH ou peptides seuls, sans SAA | Inutile | L'axe HPT n'est pas touché |
Chez les femmes, la production de testostérone ne dépend pas du même circuit : une utilisatrice d'oxandrolone arrête le produit, surveille son cycle menstruel et son œstradiol, et n'utilise pas de SERM sauf avis médical. Pour les SARM, le bilan sanguin de fin de cycle décide : une LH inférieure à 1 UI/L avec une testostérone basse justifie la même PCT qu'un cycle oral.
Quels 3 médicaments composent une PCT ?
Une PCT repose sur 3 médicaments : le citrate de clomifène (Clomid), le tamoxifène (Nolvadex) et l'hCG. Les deux premiers sont des SERM oraux qui relancent la LH et la FSH ; l'hCG est une injection qui stimule les testicules. Le standard communautaire combine les deux SERM pendant 4 semaines et place l'hCG avant, jamais pendant. Les inhibiteurs de l'aromatase (anastrozole, exémestane) n'en font pas partie : ils écrasent l'œstradiol sans relancer l'axe. Les trois molécules sont réunies dans la catégorie PCT – Relance hormonale du catalogue.
Le citrate de clomifène (Clomid) : quel rôle et quelle dose ?
Le citrate de clomifène est le SERM qui produit la relance de LH et de FSH la plus forte : 50 mg par jour pendant 2 semaines, puis 25 mg par jour pendant 2 semaines. Sa mise en route prend 7 à 10 jours. Sa contrepartie est un profil d'effets secondaires plus lourd que le tamoxifène : irritabilité, baisse de moral, bouffées de chaleur, et surtout des troubles visuels (vision floue, taches lumineuses) qui imposent l'arrêt immédiat.
Le clomifène est un mélange de deux isomères. L'enclomifène est la moitié active ; le zuclomifène est un œstrogène faible qui reste dans le corps plus d'un mois. La fiche « Clomiphene » (StatPearls, 2024) documente cette persistance du zuclomifène, l'usage hors AMM chez l'homme pour l'hypogonadisme secondaire, et la règle de conduite en cas de trouble visuel : arrêt et examen ophtalmologique. C'est la raison pour laquelle la communauté a abandonné les 100 mg par jour d'autrefois : la dose de 50 mg suffit pour la relance, et le surplus ne fait qu'ajouter des effets secondaires. En France, la fiche « CLOMID 50 mg, comprimé » (Vidal) rappelle que l'AMM couvre uniquement la stérilité par anovulation chez la femme, sous surveillance biologique stricte : chez l'homme, l'usage est hors AMM.
Le tamoxifène (Nolvadex) : quel rôle et quelle dose ?
Le tamoxifène est le SERM le mieux toléré et le plus rapide : 40 mg par jour pendant 2 semaines, puis 20 mg par jour pendant 2 semaines, avec un effet sur la LH en 3 à 5 jours. Il bloque aussi le récepteur des œstrogènes dans le tissu mammaire, ce qui protège de la gynécomastie pendant la remontée de la testostérone. Ses effets secondaires sont plus discrets que ceux du clomifène : bouffées de chaleur, fatigue, nausées légères.
Utilisé seul, le tamoxifène à 20 mg par jour pendant 4 semaines est le protocole allégé standard après un cycle oral court. Utilisé avec le clomifène, il complète la relance et couvre le risque de gynécomastie. La comparaison détaillée des deux SERM, avec leurs cas d'usage respectifs, fait l'objet de l'article Clomid vs Nolvadex : Meilleur SERM pour la récupération post-cycle, qui tranche la question du choix pour un premier cycle.
L'hCG : quand l'utiliser et à quelle dose ?
L'hCG (gonadotrophine chorionique humaine) réveille directement les testicules à 500 UI en injection sous-cutanée tous les 3 à 4 jours pendant 2 à 3 semaines, entre la dernière injection de stéroïde et le début des SERM. Elle imite la LH : les testicules reprennent du volume et fabriquent de la testostérone avant même que l'hypophyse ne redémarre. Elle s'arrête au moment où les SERM commencent, car son signal LH artificiel empêcherait l'hypophyse de reprendre la main.
L'hCG est optionnelle après un premier cycle de testostérone seule de 10 à 12 semaines, et fortement conseillée après un cycle long, un cycle avec 19-nor, ou dès que les testicules ont nettement rétréci. Elle ne se prend pas sur la durée : au-delà de 3 semaines ou au-delà de 1 000 UI par prise, les cellules de Leydig se désensibilisent et l'œstradiol grimpe. Les dosages selon le contexte (pont de fin de cycle, fertilité, TRT) sont détaillés dans le guide hCG pour la Testostérone : Utilisation en PCT, Dosage et Soutien à la Fertilité, à lire avant la première ampoule.
Quand commencer la PCT selon le composé utilisé ?
La PCT commence quand le stéroïde a quitté le sang, soit 2 jours après un oral et 3 à 21 jours après une injection selon l'ester. Trop tôt, les SERM se battent contre une testostérone exogène encore présente et l'hypophyse ne repart pas ; trop tard, tu allonges la période sans testostérone, celle où la libido, l'humeur et les gains s'effondrent. La règle pratique : compte 3 demi-vies de l'ester le plus long de ton cycle après la dernière injection.
| Composé (dernière prise) | Demi-vie approximative | Début de la PCT |
|---|---|---|
| Dianabol, Winstrol, Anavar, Turinabol (oraux) | 4 à 9 heures | Jour 1 à 2 |
| Propionate de testostérone, acétate de trenbolone | 1 à 2 jours | Jour 3 à 4 |
| Énanthate de testostérone, cypionate de testostérone | 4,5 à 5 jours | Jour 14 à 18 |
| Énanthate de trenbolone | 5 jours environ | Jour 10 à 14 |
| Sustanon 250 (mélange de 4 esters) | jusqu'à 3 semaines de présence | Jour 18 à 21 |
| Décanoate de nandrolone (Deca-Durabolin) | 6 jours environ | Jour 18 à 21 |
Avec un pont d'hCG, le calendrier se décale d'un cran : l'hCG démarre dès la dernière injection de stéroïde et occupe les 2 à 3 semaines d'attente, puis les SERM prennent le relais le jour indiqué dans la colonne de droite. Un cycle qui mélange un ester court et un ester long suit l'ester long. Ces délais sont le standard communautaire repris des ouvrages de référence, à commencer par « ANABOLICS (11th Edition) » (William Llewellyn), qui détaille la cinétique de chaque ester : aucune étude clinique ne les a comparés.
Quel est le protocole standard de PCT, semaine par semaine ?
Le protocole standard de PCT dure 4 semaines et combine le clomifène (50/50/25/25 mg par jour) et le tamoxifène (40/40/20/20 mg par jour), avec une hCG optionnelle de 500 UI tous les 3 à 4 jours pendant les 2 semaines qui précèdent. Le bilan sanguin se fait 4 à 6 semaines après le dernier comprimé, jamais pendant, parce que les SERM faussent la lecture de la LH. Le tableau est le protocole tel que la communauté le pratique depuis les années 2000 ; les variantes ci-dessous l'adaptent à ton cycle.
| Semaine | Clomifène | Tamoxifène | hCG (optionnelle) | Support | Bilan sanguin |
|---|---|---|---|---|---|
| Dernière injection → J+14 (attente) | — | — | 500 UI tous les 3 à 4 jours | Vitamine D3, zinc, sommeil 7 à 8 h | Bilan de fin de cycle (foie, lipides, hématocrite) |
| Semaine 1 | 50 mg/jour | 40 mg/jour | Arrêt | Idem | — |
| Semaine 2 | 50 mg/jour | 40 mg/jour | — | Idem | — |
| Semaine 3 | 25 mg/jour | 20 mg/jour | — | Idem | — |
| Semaine 4 | 25 mg/jour | 20 mg/jour | — | Idem | — |
| 4 à 6 semaines après | — | — | — | — | Testostérone totale, LH, FSH, œstradiol, SHBG |
Cycle léger : testostérone seule, 10 à 12 semaines
Après un premier cycle d'énanthate ou de cypionate à 300–500 mg par semaine, le protocole standard du tableau suffit : clomifène 50/50/25/25 et tamoxifène 40/40/20/20, hCG facultative, début au jour 14 à 18. Une testostérone seule supprime l'axe HPT aussi complètement qu'un stack, la différence se joue sur la vitesse de récupération, pas sur la nécessité de la relance. Le cycle qui précède cette PCT, avec ses doses et son bilan d'entrée, est décrit dans le guide Testostérone Énanthate : le guide complet, qui renvoie ici pour la sortie.
Cycle oral court : Anavar, Winstrol, Turinabol, 6 à 8 semaines
Après un oral seul, le protocole allégé standard est le tamoxifène seul à 20 mg par jour pendant 4 semaines, ou le clomifène seul à 50/25, avec un début au jour 1 à 2. La suppression est réelle mais moins profonde, et l'ajout des deux SERM n'apporte rien de plus qu'un surcroît d'effets secondaires. Le foie a besoin de la même attention que l'axe : NAC 1 200 mg par jour et TUDCA 500 mg par jour pendant la PCT, avec les ASAT, ALAT et GGT au bilan de sortie.
Cycle lourd ou 19-nor : Deca, trenbolone, stack de 14 à 16 semaines
Après un cycle avec nandrolone ou trenbolone, le protocole renforcé standard combine hCG 500 UI tous les 2 jours pendant 2 semaines, puis clomifène et tamoxifène pendant 6 semaines (50/50/50/25/25/25 et 40/40/40/20/20/20). Les 19-nor suppriment l'axe HPT plus longtemps que la testostérone et font monter la prolactine, ce qui prolonge la période creuse : la relance commence par les testicules, avec l'hCG, et se prolonge de 2 semaines côté SERM. Un bilan sanguin intermédiaire à la fin de la semaine 3 est le standard sur ces cycles.
Combien coûte une PCT complète ?
Une PCT complète coûte entre 135 et 260 € : 75 à 100 € pour les deux SERM sur 4 semaines, 55 à 60 € d'hCG si tu ajoutes le pont, et 60 à 100 € pour le bilan sanguin de sortie. C'est 10 à 15 % du prix d'un cycle complet avec ses protections, et c'est la ligne que les débutants suppriment en premier alors que c'est la seule qui protège ce qu'ils ont construit.
Le bilan sanguin est le poste variable. Sans ordonnance, il est à ta charge : compte de l'ordre de 15 à 20 € par hormone dosée dans un laboratoire de ville, soit 60 à 100 € pour testostérone totale, LH, FSH, œstradiol et SHBG. Avec une ordonnance d'un médecin généraliste ou d'un endocrinologue, une partie est remboursée. Les laboratoires privés (Biogroup, Cerballiance, Eurofins) acceptent une demande sans ordonnance sur la plupart de ces dosages ; certains la refusent, appelle avant.
Quels résultats attendre, semaine par semaine ?
Une PCT qui fonctionne se ressent en 2 à 3 semaines : les érections matinales reviennent d'abord, la libido ensuite, l'énergie et l'humeur en dernier. La force baisse de 5 à 10 % pendant le mois qui suit l'arrêt, le poids de 2 à 4 kg (l'eau et le glycogène partent avant le muscle). Ces chiffres sont les retours communautaires typiques après un cycle de testostérone seule, pas des moyennes cliniques : l'ampleur dépend de la dose, de la durée et de ton état de départ.
| Période | Ce que tu ressens | Ce qui se passe dans le sang |
|---|---|---|
| Attente (J0 à J14) | Fatigue, libido en baisse, sommeil moins bon | Testostérone exogène qui s'élimine, LH et FSH proches de zéro |
| PCT semaines 1–2 | Bouffées de chaleur, humeur instable, érections matinales qui reviennent vers J10 | LH et FSH remontent, testostérone endogène redémarre |
| PCT semaines 3–4 | Libido et énergie de retour, force stabilisée | Testostérone dans la fourchette normale chez la plupart |
| 4 à 6 semaines après | Retour à ton état de base | Bilan de contrôle : testostérone, LH, FSH, œstradiol |
| 3 à 12 mois après | Rien de particulier | Spermogramme qui se normalise progressivement, jusqu'à 1 an |
La fertilité est le paramètre le plus lent. Dans la cohorte HAARLEM citée plus haut, la testostérone était revenue à sa valeur de départ 3 mois après le cycle chez la plupart des sujets, mais 34 % avaient encore un spermogramme anormal un an après. Le chapitre fertilité, avec l'hCG et les protocoles dédiés à un projet d'enfant, est traité dans le guide Stéroïdes & fertilité — préserver et restaurer, qui prend le relais de celui-ci.
Que faire si ça tourne mal en pleine PCT ?
Le premier réflexe en cas de problème pendant la PCT est de distinguer 3 situations : un effet secondaire du SERM (troubles visuels, humeur), une gynécomastie qui démarre (sein sensible, boule sous le mamelon), et le crash hormonal (libido à zéro, moral au sol, sommeil cassé après 3 semaines de PCT). La première impose l'arrêt du clomifène, la deuxième le passage du tamoxifène à 40 mg par jour, la troisième un bilan sanguin sans attendre la fin du protocole.
| Signe | Cause probable | Action |
|---|---|---|
| Vision floue, taches lumineuses, éclairs | Clomifène | Arrêt immédiat du clomifène, tamoxifène seul, ophtalmologue si ça persiste 48 h |
| Sein sensible, boule sous le mamelon | Œstradiol en hausse pendant la relance | Tamoxifène 40 mg/jour jusqu'à disparition, puis 20 mg |
| Libido nulle et moral au sol après la semaine 3 | Axe HPT qui ne repart pas | Bilan testostérone, LH, FSH sans attendre ; endocrinologue si LH < 1 UI/L |
| Bouffées de chaleur, irritabilité, sueurs nocturnes | Effet classique des SERM | Tenir le protocole, rien à changer |
| Pensées noires, envie d'arrêter de tout, idées suicidaires | Crash hormonal, parfois dépendance | Appeler le 3114, en parler à un médecin le jour même |
Le crash n'est pas une faiblesse de caractère, c'est un effet de la testostérone effondrée sur le cerveau. L'enquête « The use of post-cycle therapy is associated with reduced withdrawal symptoms from anabolic-androgenic steroid use: a survey of 470 men » (Grant et al., 2023) rapporte que 95 % des hommes qui ont arrêté les SAA ont eu au moins un symptôme de sevrage, et que ceux qui ont fait une PCT déclarent 60 % de moins d'envies de reprendre et 50 % de moins d'idées suicidaires. Ce sont des réponses auto-déclarées, pas un essai contrôlé, mais le message est clair : les idées noires en fin de cycle sont fréquentes, documentées et temporaires si on agit.
Aide en cas de crise : Si tu as des pensées suicidaires ou si tu traverses une crise aiguë, parle à quelqu'un. France : 3114, numéro national de prévention du suicide (gratuit, 24h/24, 7j/7) ; SOS Amitié : 09 72 39 40 50 (24h/24). Belgique : Centre de Prévention du Suicide, 0800 32 123 (gratuit, 24h/24). Suisse romande : La Main Tendue, 143 (24h/24). Luxembourg : SOS Détresse, 45 45 45 (tous les jours 11h–23h). En cas de danger immédiat : 112 (en France aussi le 15, SAMU).
Quel bilan sanguin faire, quand, et quelles valeurs viser ?
Le bilan de sortie se fait 4 à 6 semaines après le dernier comprimé de SERM et dose 5 marqueurs : testostérone totale, LH, FSH, œstradiol (méthode sensible) et SHBG. Pendant la PCT, le résultat ne veut rien dire : les SERM gonflent artificiellement la LH. Une testostérone totale au-dessus de 3 ng/mL avec une LH au-dessus de 1,5 UI/L signe une relance réussie ; une testostérone basse avec une LH basse signe un axe encore endormi.
| Marqueur | Repère courant chez l'homme | Valeur d'alerte | Ce que ça veut dire |
|---|---|---|---|
| Testostérone totale | 3 à 10 ng/mL | < 3 ng/mL | Relance incomplète : recontrôler à 4 semaines, endocrinologue si toujours bas |
| LH | 1,5 à 9 UI/L | < 1 UI/L | Hypophyse encore freinée (hypogonadisme secondaire) |
| FSH | 1,5 à 12 UI/L | < 1 UI/L | Spermatogenèse à l'arrêt |
| Œstradiol (E2) | 20 à 40 pg/mL | > 50 pg/mL | Gynécomastie possible : tamoxifène 20 mg/jour 2 semaines de plus |
| SHBG | 15 à 55 nmol/L | < 10 nmol/L | Testostérone libre sous-estimée par la seule testostérone totale |
Les fourchettes de ton laboratoire font foi : chaque labo affiche les siennes, et une valeur limite ne se lit jamais seule. Un bilan bas à 6 semaines n'est pas une condamnation : on recontrôle 4 semaines plus tard, et on consulte si les deux sont bas. La lecture complète des marqueurs, foie et lipides compris, avec les valeurs d'alerte et l'action correspondante, est détaillée dans le guide Bilan sanguin sous stéroïdes : les marqueurs à surveiller, l'étape logique après ce protocole.
Et si la testostérone ne remonte pas ?
La testostérone ne remonte pas chez une minorité d'utilisateurs, de l'ordre de 1 sur 10 à un an, et le risque augmente avec la dose cumulée et le nombre de cycles. L'étude « Prolonged Hypogonadism in Males Following Withdrawal from Anabolic-Androgenic Steroids: an Underrecognized Problem » (Kanayama et al., 2015) a comparé 24 anciens utilisateurs de longue date à 36 pratiquants naturels : testicules plus petits, testostérone plus basse, symptômes qui duraient depuis des mois, parfois des années. C'est l'hypogonadisme induit par les SAA, et il se traite.
La conduite standard est en 3 étapes. Deux bilans bas à 4 semaines d'intervalle, avec une LH basse, justifient une consultation chez un endocrinologue ou un andrologue : dis-lui ce que tu as pris, il en voit chaque semaine. Une seconde PCT prolongée (clomifène 25 mg par jour pendant 8 à 12 semaines, sous contrôle sanguin) relance une partie des cas résistants. Si l'axe ne repart pas après 6 à 12 mois, la TRT à dose physiologique devient le traitement, prescrite et suivie. La revue « Post-cycle therapy after androgen abuse: A narrative review of mechanisms, evidence, and clinical perspectives » (Smit et al., 2026) résume la position des endocrinologues qui suivent des utilisateurs : la récupération spontanée est la règle en quelques mois, la PCT est répandue mais faiblement validée, et une prise en charge médicale pragmatique vaut mieux qu'un troisième protocole de forum.
Quelles sont les 5 erreurs de débutant qui font échouer une PCT ?
Les 5 erreurs qui font échouer une PCT sont, dans l'ordre de fréquence : commencer trop tôt après un ester long, prendre un inhibiteur de l'aromatase à la place d'un SERM, prolonger l'hCG pendant les SERM, enchaîner un nouveau cycle sans bilan sanguin, et compter sur des « boosters de testostérone » en gélules. Chacune se corrige avec le calendrier et le tableau de ce guide.
- Commencer les SERM au lendemain de la dernière injection d'énanthate : la testostérone exogène est encore là 2 semaines, l'hypophyse ne repart pas.
- Remplacer les SERM par l'anastrozole ou l'exémestane : l'œstradiol chute, la libido et les articulations avec, et l'axe HPT ne reçoit aucun signal de relance.
- Continuer l'hCG en même temps que le clomifène : le signal LH artificiel maintient l'hypophyse en veille.
- Enchaîner un deuxième cycle 4 semaines après la PCT sans bilan : la règle communautaire est « temps de cycle + temps de PCT » de pause, soit 16 à 20 semaines après un cycle de 12.
- Prendre du tribulus, de l'acide D-aspartique ou un « booster de testostérone » à la place des SERM : aucun complément ne relance un axe HPT supprimé, ils accompagnent au mieux (vitamine D3 2 000 à 4 000 UI, zinc 25 mg, magnésium 300 mg, sommeil).
Que dit la loi française sur les médicaments de PCT ?
Le clomifène, le tamoxifène et l'hCG sont des médicaments à prescription obligatoire en France, avec une AMM (autorisation de mise sur le marché) qui ne couvre pas la relance après un cycle. Les acheter, les détenir ou les employer hors du circuit pharmaceutique relève de l'article « Article L5432-1 - Code de la santé publique » (Légifrance), puni jusqu'à 5 ans d'emprisonnement et 375 000 € d'amende, avec saisie en douane des colis. Les stéroïdes anabolisants du cycle relèvent du même article.
Le Code du sport ne s'applique qu'aux sportifs licenciés ou en compétition (article L. 230-3) : pour eux, le clomifène, le tamoxifène et l'hCG figurent sur la liste des interdictions de l'AMA (Agence mondiale antidopage), au même titre que les anabolisants, et les articles L. 232-9 et L. 232-10 s'ajoutent au Code de la santé publique. Un pratiquant de salle sans licence n'est pas concerné par le Code du sport, mais il l'est pleinement par l'article L. 5432-1.
Questions fréquentes (FAQ)
Peut-on sauter la PCT après un cycle court de 6 semaines ?
Non. Six semaines de testostérone ou d'oral suffisent à couper la LH et la FSH, et la récupération spontanée prend en général 2 à 3 mois. Une PCT allégée de 4 semaines (tamoxifène 20 mg par jour) raccourcit cette période creuse pour moins de 50 €. Ce que tu perds en sautant la PCT, c'est une partie des gains du cycle et 2 mois de libido.
Comment savoir si ma PCT a marché ?
Le bilan sanguin 4 à 6 semaines après le dernier comprimé le dit : testostérone totale au-dessus de 3 ng/mL, LH au-dessus de 1,5 UI/L, œstradiol entre 20 et 40 pg/mL. Les signes ressentis (érections matinales, libido, énergie) arrivent avant les chiffres, en général dès la deuxième semaine de SERM, mais ils ne remplacent pas la prise de sang.
Faut-il prendre du Nolvadex seul ou Clomid + Nolvadex ?
Le tamoxifène seul à 20 mg par jour suffit après un cycle oral court ou une testostérone seule à dose modérée sur 8 semaines. La combinaison clomifène + tamoxifène est le standard après 10 à 12 semaines de testostérone, et la règle après un cycle avec Deca ou trenbolone. Le choix dépend de la profondeur de la suppression, que seul le bilan de fin de cycle mesure.
Combien de temps attendre avant le prochain cycle ?
La règle communautaire est « temps de cycle + temps de PCT » hors produits, soit 16 à 20 semaines après un cycle de 12 semaines, à condition d'un bilan sanguin normalisé. Un deuxième cycle sur un axe HPT qui n'a pas récupéré augmente le risque d'hypogonadisme prolongé et, de cycle en cycle, celui d'une suppression qui ne remonte plus.
La PCT protège-t-elle la fertilité ?
Partiellement. Les SERM et l'hCG relancent la testostérone en semaines, mais la production de spermatozoïdes met 3 à 12 mois à se normaliser, et un tiers des utilisateurs de la cohorte HAARLEM avaient encore un spermogramme anormal un an après le cycle. Avec un projet d'enfant dans l'année, un spermogramme avant le cycle et un suivi par un andrologue sont le minimum.
Puis-je boire de l'alcool pendant la PCT ?
Le moins possible. L'alcool fait baisser la testostérone, charge le foie qui vient de métaboliser un cycle, et casse le sommeil qui conditionne la relance. Une consommation occasionnelle ne ruine pas une PCT ; 4 soirées par semaine, si.
Quand consulter un médecin ?
Consulte un médecin généraliste ou un endocrinologue dès que deux bilans à 4 semaines d'intervalle montrent une testostérone et une LH basses, en cas de trouble visuel sous clomifène, de boule douloureuse au sein, ou de pensées noires qui durent plus d'une semaine. Dis-lui ce que tu as pris et à quelle dose : le secret médical s'applique, et le traitement dépend de cette information.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis médical. En France, les stéroïdes anabolisants androgènes sont des médicaments : les spécialités à base de testostérone relèvent de la liste I des substances vénéneuses et ne sont délivrées que sur ordonnance ; la plupart des autres anabolisants n'ont aucune autorisation de mise sur le marché et ne peuvent être ni importés ni vendus légalement. L'acquisition, la détention, la cession ou l'emploi de ces substances en violation de la réglementation sont punis par l'article L. 5432-1 du Code de la santé publique (jusqu'à 5 ans d'emprisonnement et 375 000 € d'amende) ; pour les sportifs, les articles L. 232-9 et L. 232-10 du Code du sport s'appliquent en plus. Les médicaments soumis à prescription cités dans cet article ne se prennent que sous contrôle médical. En présence de signes d'alerte aigus, consulte immédiatement un médecin ou rends-toi aux urgences (15 ou 112). Consulte toujours un médecin qualifié ou un spécialiste (endocrinologue, cardiologue, néphrologue ou médecin du sport) avant d'utiliser des substances améliorant les performances. Les auteurs déclinent toute responsabilité pour les dommages à la santé résultant d'une utilisation inappropriée.



