Dernière mise à jour : septembre 2026
L'histoire des stéroïdes anabolisants commence en 1935, l'année où la testostérone est isolée à Amsterdam, puis synthétisée à Gdansk et à Zurich. Les stéroïdes anabolisants androgènes (SAA, en anglais AAS) sont des dérivés de synthèse de cette hormone sexuelle mâle. Ils stimulent la construction musculaire (effet anabolisant) et les caractères masculins (effet androgène). Leur mode d'action est détaillé dans le guide Pharmacologie des stéroïdes anabolisants, qui complète cette chronologie par la biochimie.
En moins d'un siècle, ces molécules passent du laboratoire à l'hôpital, puis du plateau d'haltérophilie aux tribunaux. Cette page suit les quatre fils de cette histoire : la science, le médicament, le sport et la loi, avec un chapitre consacré à la France.
En bref
- Les stéroïdes anabolisants sont des dérivés de synthèse de la testostérone, l'hormone sexuelle mâle.
- La testostérone est isolée et synthétisée en 1935 ; le premier ester injectable arrive sur le marché en 1936.
- Le sport de haut niveau s'en empare dans les années 1950 ; le CIO les interdit en 1974 et les contrôle aux Jeux à partir de 1976.
- La France légifère contre le dopage dès 1965 ; aujourd'hui, le Code de la santé publique vise tout le monde et le Code du sport vise les sportifs.
- La médecine les prescrit toujours, surtout contre l'hypogonadisme, c'est-à-dire une production insuffisante de testostérone.
Quelles sont les 20 dates clés de l'histoire des stéroïdes anabolisants ?
L'histoire des stéroïdes anabolisants tient en 20 dates, de 1849 à 2009. Trois périodes se détachent : la découverte de l'hormone mâle (1849–1939), l'entrée dans le sport de haut niveau (1954–1966), puis la réponse des institutions (1965–2009). La date pivot est 1935 : avant, la testostérone est une hypothèse ; après, c'est un médicament. Le tableau donne pour chaque date l'événement et sa conséquence pratique.
| Année | Événement | Conséquence |
|---|---|---|
| 1849 | Expérience de Berthold sur les coqs castrés (Göttingen) | Première preuve que les testicules agissent par le sang |
| 1889 | Auto-injections d'extraits testiculaires par Brown-Séquard | Mode mondiale des extraits d'organes, sans effet réel |
| 1931 | Butenandt isole l'androstérone à partir de 15 000 litres d'urine | Premier androgène purifié (15 mg) |
| 1935 | Laqueur isole la testostérone ; Butenandt et Ruzicka la synthétisent | Naissance de la testostérone comme médicament |
| 1936 | Commercialisation du propionate de testostérone | Premier ester injectable |
| 1939 | Prix Nobel de chimie à Butenandt et Ruzicka | Consécration de la chimie des hormones sexuelles |
| 1954 | Championnats du monde d'haltérophilie à Vienne | L'usage soviétique de testostérone est rapporté à l'équipe américaine |
| 1958 | Ciba met sur le marché la méthandiénone (Dianabol) | Premier anabolisant oral adopté par le sport de force |
| 1965 | Loi française du 1er juin 1965, dite loi Herzog | Première loi antidopage en France |
| 1966 | Début du programme d'État documenté en RDA | Plusieurs milliers d'athlètes traités chaque année |
| 1974 | Le CIO inscrit les anabolisants sur sa liste d'interdictions | Interdiction officielle dans le sport olympique |
| 1976 | Jeux de Montréal | Premiers contrôles olympiques des anabolisants |
| 1984 | Introduction du test testostérone/épitestostérone | La testostérone injectée devient détectable |
| 1988 | Ben Johnson contrôlé positif au stanozolol à Séoul | Le dopage aux anabolisants devient un scandale mondial |
| 1989 | Loi française du 28 juin 1989, dite loi Bambuck | Sanction pénale recentrée sur les pourvoyeurs |
| 1990 | Anabolic Steroids Control Act aux États-Unis | Les anabolisants deviennent des substances contrôlées |
| 1999 | Création de l'Agence mondiale antidopage (AMA) ; loi Buffet en France | Harmonisation mondiale des règles |
| 2006 | Création de l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) | Autorité indépendante de contrôle en France |
| 2008 | Loi française du 3 juillet 2008 | La simple détention par un sportif devient une infraction |
| 2009 | Passeport biologique de l'athlète | Détection par suivi des valeurs dans le temps |
Chaque ligne du tableau est développée dans les sections qui suivent, avec la source qui la documente.
Comment la science a-t-elle découvert l'hormone mâle en 3 étapes avant 1935 ?
La découverte de l'hormone mâle passe par 3 étapes avant 1935 : l'observation, la preuve et la fausse piste. Dès l'Antiquité, les effets de la castration sont connus, et Pline l'Ancien prescrit des testicules d'animaux contre l'impuissance. En 1849, Arnold Berthold prouve à Göttingen que les testicules agissent par le sang. En 1889, Charles-Édouard Brown-Séquard lance la mode des extraits testiculaires, qui n'ont qu'un effet placebo.
La revue historique « ENDOCRINE HISTORY: The history of discovery, synthesis and development of testosterone for clinical use » (Nieschlag et Nieschlag, 2019) retrace cet épisode en détail. Berthold greffe des testicules de coq à des chapons, c'est-à-dire des coqs castrés. Les animaux se remettent à chanter, à se battre et à s'intéresser aux poules. Berthold en conclut que les testicules agissent sur l'organisme entier par l'intermédiaire du sang. C'est le principe même d'une hormone, ce qui lui vaut le titre de père de l'endocrinologie.
Quarante ans plus tard, Brown-Séquard, 72 ans, s'injecte chaque jour 1 mL d'un mélange de sang testiculaire, de sperme et d'extrait de testicules de chien ou de cobaye. Après 20 jours, il décrit un regain de force de 6 à 7 kg au dynamomètre. L'expérience, reproduite un siècle plus tard, n'a montré qu'un effet placebo. La raison est simple : les testicules fabriquent la testostérone mais ne la stockent pas. La production quotidienne d'un homme adulte, environ 6 à 8 mg, correspond à ce que contient 1 kg de testicules de taureau. Avalée, cette testostérone est de toute façon détruite par le foie avant d'atteindre le sang (effet de premier passage).
La même fausse piste mène aux greffes. À Paris, Serge Voronoff transplante des fragments de testicules de singe à des patients en quête de rajeunissement. En 1927, une commission internationale envoyée par la Royal Society of Medicine rejette ses résultats. Ces scandales poussent l'industrie pharmaceutique et les universités à chercher la vraie molécule.
Quels 3 chercheurs ont isolé et synthétisé la testostérone en 1935 ?
La testostérone est isolée et synthétisée en 1935 par 3 chercheurs et leurs équipes. Ernst Laqueur, à Amsterdam, l'isole à partir de 100 kg de testicules de taureau, dont il tire 10 mg d'hormone pure, et lui donne son nom. La même année, Adolf Butenandt, à Gdansk, et Leopold Ruzicka, à Zurich, publient chacun de leur côté une synthèse chimique. La testostérone devient alors un produit fabricable en quantité.
Quatre ans plus tôt, en 1931, Butenandt avait isolé un premier androgène, l'androstérone. Un androgène est une hormone qui développe les caractères masculins. Il lui avait fallu 15 000 litres d'urine, fournis par de jeunes policiers berlinois, pour obtenir 15 mg de substance. Butenandt pensait tenir la principale hormone mâle. Les tests biologiques de Laqueur ont montré que la testostérone était plus active.
Les deux synthèses de 1935 partent de matières premières différentes. Butenandt et Hanisch partent de la déhydroandrostérone, Ruzicka et Wettstein du cholestérol. Les deux équipes, liées aux laboratoires Schering et Ciba, publient à quelques semaines d'intervalle. En 1939, Butenandt et Ruzicka reçoivent ensemble le prix Nobel de chimie. Détail rarement cité : le prix récompense Butenandt pour ses travaux sur les hormones sexuelles et Ruzicka pour ses travaux sur les polyméthylènes et les terpènes. Le mot testostérone ne figure dans aucune des deux mentions, et Laqueur n'est pas distingué.
Par quelles 3 solutions la testostérone est-elle devenue un médicament utilisable ?
La testostérone est devenue un médicament utilisable grâce à 3 solutions : modifier la molécule, changer la voie d'administration, ou lui greffer un ester. Un ester est une chaîne chimique fixée sur l'hormone, qui ralentit sa libération dans le sang après l'injection. Le problème de départ est double : avalée, la testostérone est détruite par le foie ; injectée pure, sa demi-vie n'est que d'environ 10 minutes.
La première solution arrive dès 1935. Ruzicka synthétise la 17α-méthyltestostérone, active par voie orale parce que sa structure résiste au foie. Le revers apparaît vite : cette même structure est toxique pour le foie à dose élevée ou sur la durée. Tous les anabolisants oraux construits sur ce modèle partagent ce défaut, expliqué dans l'article 17-alpha-alkylation et toxicité hépatique, qui décrit le mécanisme et les mesures de protection.
La troisième solution, l'estérification, s'impose pour l'injection. Le propionate de testostérone est commercialisé par Ciba et Schering en 1936 ; il maintient des taux efficaces pendant 1 à 2 jours. Au début des années 1950, Karl Junkmann synthétise chez Schering l'énanthate de testostérone. Vendu sous le nom de Testoviron Depot en ampoules de 250 mg, il couvre 2 à 3 semaines en traitement substitutif et reste la référence pendant un demi-siècle. En France, cet ester est commercialisé sous le nom d'Androtardyl. Son usage actuel en musculation est traité dans le guide Testostérone Énanthate : le guide complet, qui couvre cycles, dosages et esters voisins.
Les formes suivantes arrivent plus lentement : l'undécanoate oral à la fin des années 1970, les gels transdermiques en 2000, l'undécanoate injectable de 1 000 mg en 2004. Entre les années 1950 et 1970, l'industrie synthétise par ailleurs plus de 1 000 dérivés pour tenter de séparer l'effet anabolisant de l'effet androgène. Aucun n'y parvient complètement. La plupart disparaissent de la médecine, mais gardent une seconde vie dans le sport et le bodybuilding.
Comment les stéroïdes anabolisants sont-ils entrés dans le sport entre 1954 et 1989 ?
Les stéroïdes anabolisants entrent dans le sport de haut niveau par l'haltérophilie, entre 1954 et 1958. Le récit le plus cité situe le point de départ aux championnats du monde de Vienne, en 1954, où l'usage soviétique de testostérone est rapporté au médecin de l'équipe américaine. Quatre ans plus tard, Ciba commercialise la méthandiénone sous le nom de Dianabol. À partir de 1966, la RDA organise un programme d'État qui dure jusqu'en 1989.
La revue « Androgenic-anabolic steroids and the Olympic Games » (Fitch, 2008) reprend l'épisode de Vienne avec prudence : le Dr John Ziegler aurait été informé par un officiel russe que les haltérophiles soviétiques prenaient de la testostérone. De retour aux États-Unis, il teste la testostérone, puis se tourne vers la méthandiénone, un anabolisant oral lancé par Ciba en 1958. Le produit se diffuse en quelques années dans les sports de force et le culturisme. Son profil actuel figure dans le guide Dianabol (Méthandiénone) : le guide complet, avec effets, cycles et relance.
Les injectables suivent. D'après la synthèse « Anabolic Steroids » de StatPearls (mise à jour 2025), le phénylpropionate de nandrolone compte parmi les premiers anabolisants utilisés comme produits dopants par des sportifs professionnels dans les années 1960.
Le cas est-allemand est le mieux documenté, parce que les archives ont survécu. L'article « Hormonal doping and androgenization of athletes: a secret program of the German Democratic Republic government » (Franke et Berendonk, 1997) s'appuie sur des thèses et rapports classés secrets. À partir de 1966, des centaines de médecins et de scientifiques mènent des recherches sur le dopage et administrent des androgènes. Plusieurs milliers d'athlètes sont traités chaque année, mineurs des deux sexes compris. Les femmes et les adolescentes sont particulièrement ciblées, parce que le gain de performance y est le plus net. Des effets secondaires graves sont consignés, certains jusqu'à l'intervention chirurgicale. Les mêmes documents décrivent la mise au point de méthodes d'administration destinées à échapper aux contrôles internationaux.
Par quelles 5 étapes l'antidopage a-t-il répondu entre 1974 et 2009 ?
L'antidopage répond aux stéroïdes anabolisants en 5 étapes. Le Comité international olympique (CIO) les inscrit sur sa liste d'interdictions en 1974. Les premiers contrôles olympiques ont lieu aux Jeux de Montréal en 1976. Le test testostérone/épitestostérone arrive en 1984. L'Agence mondiale antidopage (AMA) est créée en 1999. Le passeport biologique de l'athlète complète le dispositif en 2009.
La première liste du CIO date de 1967, mais elle ne vise que les stimulants et les analgésiques narcotiques. Les anabolisants n'y entrent qu'en 1974, une fois qu'une méthode de détection jugée fiable existe. Reste un angle mort : la testostérone elle-même, identique à celle que le corps fabrique. Le test introduit en 1984 contourne la difficulté. Il mesure dans l'urine le rapport entre la testostérone et l'épitestostérone, une molécule voisine que les injections ne font pas monter. Un rapport anormalement élevé signale un apport extérieur.
En 1988, aux Jeux de Séoul, le sprinteur canadien Ben Johnson gagne le 100 m en 9,79 secondes, puis est disqualifié après un contrôle positif au stanozolol. L'affaire fait du dopage aux anabolisants un sujet mondial. En 1999, une conférence internationale convoquée par le CIO aboutit à la création de l'AMA, qui publie sa propre liste d'interdictions à partir de 2004. Le passeport biologique, en 2009, change de logique : il suit les valeurs d'un athlète dans le temps et repère les variations suspectes, même sans produit détecté.
Chaque progrès du contrôle a suscité sa parade, jusqu'aux molécules conçues pour être invisibles aux tests. Cette course est racontée dans l'article Stéroïdes designer : histoire, détection et statut légal, qui prolonge cette section côté laboratoire.
Comment la loi française a-t-elle évolué en 6 textes depuis 1965 ?
La loi française encadre le dopage depuis le 1er juin 1965, date de la loi Herzog, l'une des premières lois antidopage au monde. Cinq textes la suivent : la loi Bambuck de 1989, la loi Buffet de 1999, la loi de 2006 qui crée l'AFLD, la loi de 2008 sur la détention et l'ordonnance de 2018. Le principe a changé en route : la sanction pénale vise surtout les pourvoyeurs, la sanction du sportif est disciplinaire.
Le rapport du Sénat « Lutte contre le dopage : avoir une longueur d'avance » (2013) retrace cette évolution. La loi de 1965 punit l'usage de stimulants en compétition d'une amende de 500 à 5 000 francs. Jugée peu efficace, elle est remplacée par la loi du 28 juin 1989, qui retient une définition objective du dopage et dépénalise l'usage. La réponse pénale se tourne alors vers ceux qui administrent ou incitent.
L'affaire Festina, pendant le Tour de France 1998, accélère le mouvement ; l'article La Vérité sur le Dopage au Tour de France en détaille le contexte sportif. La loi du 23 mars 1999 crée deux délits : prescrire, céder, offrir ou administrer un produit dopant à un sportif, et faciliter ou inciter à son usage. Elle crée aussi le Conseil de prévention et de lutte contre le dopage, remplacé en 2006 par l'AFLD. La loi du 3 juillet 2008 étend l'infraction à la simple détention par un sportif. Depuis le 1er mars 2019, l'AFLD exerce elle-même le pouvoir disciplinaire.
Deux régimes coexistent donc aujourd'hui. Le premier concerne tout le monde. Les anabolisants sont des médicaments : les spécialités à base de testostérone sont inscrites sur la liste I des substances vénéneuses et délivrées sur ordonnance ; la plupart des autres n'ont aucune autorisation de mise sur le marché (AMM). Le chapitre « Substances vénéneuses » du Code de la santé publique, qui s'ouvre sur l'« Article L5432-1 - Code de la santé publique », prévoit jusqu'à 5 ans d'emprisonnement et 375 000 € d'amende, et 7 ans et 750 000 € en bande organisée ou en cas d'offre en ligne au public. Le second régime ne concerne que les sportifs au sens du Code du sport : les articles L. 232-9 et L. 232-10 interdisent l'usage, la détention et la cession. Le détail des deux régimes figure dans le guide Dopage en France : ce que dit la loi, tenu à jour article par article.
Quelles 3 lois ont encadré les stéroïdes anabolisants aux États-Unis ?
Aux États-Unis, 3 lois fédérales encadrent les stéroïdes anabolisants : l'Anti-Drug Abuse Act de 1988, l'Anabolic Steroids Control Act de 1990 et l'Anabolic Steroid Control Act de 2004. La première punit la distribution hors usage médical, jusqu'à 3 ans de prison. La deuxième classe les anabolisants parmi les substances contrôlées, au tableau III. La troisième allonge la liste à 59 substances et y ajoute les précurseurs.
Le résumé officiel du texte « H.R.4658 - 101st Congress (1989-1990): Anabolic Steroids Control Act of 1990 » précise trois points. La loi sanctionne les entraîneurs qui poussent à l'usage. Elle inscrit les anabolisants au tableau III de la loi fédérale sur les substances contrôlées. Elle définit enfin l'anabolisant comme toute substance qui favorise la croissance musculaire de façon comparable à la testostérone. Le texte entre en vigueur le 27 février 1991.
Cette histoire américaine explique le vocabulaire de nombreux forums anglophones. Elle ne dit rien du droit français, qui repose sur d'autres catégories : le médicament, la liste I et l'AMM.
Quels sont les 2 visages des stéroïdes anabolisants aujourd'hui ?
Les stéroïdes anabolisants ont aujourd'hui 2 visages : un médicament toujours prescrit et un usage non médical massif. Côté médecine, l'indication principale reste l'hypogonadisme masculin. Côté usage non médical, la méta-analyse de référence estime la prévalence mondiale sur la vie entière à 3,3 % de la population étudiée, soit 6,4 % des hommes et 1,6 % des femmes.
Ces chiffres viennent de la méta-analyse « The global epidemiology of anabolic-androgenic steroid use: a meta-analysis and meta-regression analysis » (Sagoe et al., 2014), qui réunit 187 études. Les auteurs en concluent que l'usage non médical est un problème de santé publique répandu. La synthèse StatPearls déjà citée décrit l'utilisateur type comme un homme d'une trentaine d'années qui ne pratique pas de sport en compétition. Le centre de gravité s'est donc déplacé du stade vers la salle de musculation.
Côté médical, la même synthèse liste les indications reconnues : hypogonadisme primaire, retard pubertaire du garçon, atteintes de l'axe hypothalamo-hypophysaire. S'y ajoutent des usages hors indication comme l'anémie aplasique ou la fonte musculaire liée au cancer et au sida. Le cadre français de ces prescriptions est présenté dans l'article Usages médicaux des stéroïdes anabolisants, qui reprend indications et protocoles.
L'histoire explique d'où viennent les molécules ; elle ne dit pas lesquelles circulent aujourd'hui ni ce qui les distingue. C'est l'objet du guide Types de stéroïdes anabolisants, qui classe les composés actuels par famille chimique et par usage.
Questions fréquentes (FAQ)
Qui a inventé la testostérone synthétique ?
La testostérone synthétique est obtenue en 1935 par deux équipes indépendantes : Adolf Butenandt et Günter Hanisch à Gdansk, Leopold Ruzicka et Albert Wettstein à Zurich. La même année, Ernst Laqueur l'avait isolée à Amsterdam à partir de testicules de taureau et lui avait donné son nom. Aucun des trois ne l'a donc inventée seul.
Pourquoi le prix Nobel de 1939 ne mentionne-t-il pas la testostérone ?
Le prix Nobel de chimie 1939 récompense Butenandt pour ses travaux sur les hormones sexuelles et Ruzicka pour ses travaux sur les polyméthylènes et les terpènes. La testostérone n'est citée dans aucune des deux mentions. Laqueur, qui l'a isolée et nommée, n'est pas distingué, sans que la raison en soit connue. Butenandt, empêché par le régime nazi, ne reçoit son diplôme qu'en 1949.
Quand le Dianabol a-t-il été mis sur le marché ?
Le Dianabol (méthandiénone) est mis sur le marché par le laboratoire Ciba en 1958. Le Dr John Ziegler, médecin de l'équipe américaine d'haltérophilie, contribue à sa diffusion dans le sport de force après les championnats du monde de Vienne de 1954. C'est le premier anabolisant oral adopté à grande échelle par des sportifs.
Depuis quand les stéroïdes anabolisants sont-ils interdits aux Jeux olympiques ?
Les stéroïdes anabolisants sont interdits par le CIO depuis 1974, et contrôlés pour la première fois aux Jeux de Montréal en 1976. La liste de 1967, souvent citée à tort, ne visait que les stimulants et les analgésiques narcotiques. Le test capable de repérer la testostérone injectée n'arrive qu'en 1984.
Les stéroïdes anabolisants sont-ils légaux en France ?
En France, les stéroïdes anabolisants sont des médicaments : seules les spécialités à base de testostérone ont une AMM, et elles ne sont délivrées que sur ordonnance. Acquérir ou détenir ces substances en dehors de ce cadre expose à des poursuites au titre du Code de la santé publique, que tu sois sportif ou non. Le guide Testostérone sans ordonnance : où l'acheter légalement en France détaille les voies légales existantes.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis médical. En France, les stéroïdes anabolisants androgènes sont des médicaments : les spécialités à base de testostérone relèvent de la liste I des substances vénéneuses et ne sont délivrées que sur ordonnance ; la plupart des autres anabolisants n'ont aucune autorisation de mise sur le marché et ne peuvent être ni importés ni vendus légalement. L'acquisition, la détention, la cession ou l'emploi de ces substances en violation de la réglementation sont punis par l'article L. 5432-1 du Code de la santé publique (jusqu'à 5 ans d'emprisonnement et 375 000 € d'amende). Pour les sportifs licenciés ou en compétition, l'usage et la détention sans raison médicale dûment justifiée sont interdits par l'article L. 232-9 du Code du sport (jusqu'à 1 an d'emprisonnement et 3 750 € d'amende) ; toute cession, administration ou incitation relève de l'article L. 232-10 (jusqu'à 5 ans et 75 000 €). Consulte toujours un médecin qualifié, un endocrinologue ou un médecin du sport avant d'utiliser des substances améliorant les performances. Les auteurs déclinent toute responsabilité pour les dommages à la santé résultant d'une utilisation inappropriée.
