La question "SARMs ou stéroïdes anabolisants ?" est mal posée dans 90 % des cas où elle est demandée, parce qu'elle repose sur une prémisse fausse — que les SARMs seraient "des stéroïdes en plus doux et plus sûrs" — répandue par le marketing des fournisseurs "research chemical" mais démentie par la littérature clinique. En réalité, ce sont deux classes pharmacologiques distinctes qui partagent une cible commune (le récepteur aux androgènes) mais qui présentent des différences substantielles en structure chimique, en profil d'efficacité, en profil d'effets secondaires, en base de données clinique, en cadre légal et en usage. Ni "SARMs = stéroïdes doux", ni "stéroïdes = SARMs anciens" — chaque classe a ses indications techniques, ses risques spécifiques, et son positionnement dans le paysage global des composés à visée anabolisante. Les stéroïdes anabolisants androgéniques (AAS) — testostérone, nandrolone, oxandrolone, méthandiénone, trenbolone et autres — ont plus de 80 ans de recul clinique, un profil d'efficacité et de sécurité bien caractérisé (au prix de risques documentés majeurs à hautes doses), et une base de prescription médicale légitime dans certaines indications (TRT pour hypogonadisme, cachexie, brûlures étendues). Les SARMs — ostarine, LGD-4033, RAD-140, etc. — sont en développement clinique depuis 25 ans, n'ont d'AMM dans aucun pays, présentent une efficacité plus modeste mais un profil d'effets secondaires différent (moins d'effets androgéniques cutanés à doses équivalentes mais toujours suppresseurs de l'axe HHG, avec cas d'hépatotoxicité grave désormais documentés). Cet article compare rigoureusement les deux classes sur les critères qui comptent — mécanisme moléculaire, efficacité, effets secondaires, sécurité à moyen terme, statut légal, coût — et propose un cadre décisionnel honnête selon le profil utilisateur. Dans le cadre plus large du cluster SARMs et de nos articles sur la pharmacologie des stéroïdes anabolisants.
Mécanisme moléculaire : quelle différence vraiment ?
Les deux classes activent le récepteur aux androgènes (AR) — mais elles arrivent à ce résultat par des voies moléculaires différentes qui expliquent leurs profils cliniques distincts.
Les stéroïdes anabolisants — structure stéroïdienne classique
Les AAS partagent un squelette chimique commun : quatre cycles carbonés fusionnés (structure cyclopentanoperhydrophénanthrène) — la signature du noyau stéroïde. Ils dérivent tous, chimiquement, de la testostérone native ou de la 19-nor-testostérone.
Métabolisation stéroïdienne :
Aromatisation : conversion en estradiol par l'aromatase (testostérone → estradiol) → effets estrogéniques
5α-réduction : conversion en DHT par la 5α-réductase (testostérone → DHT) → effets androgéniques amplifiés dans prostate, peau, follicules
3β-HSD, 17β-HSD : autres voies de conversion
Cette métabolisation est le point central de nombreux effets secondaires "typiquement stéroïdiens" : rétention hydrique estrogénique, gynécomastie (aromatisation), chute cheveux et alopécie androgénétique (5α-réduction locale), acné, séborrhée.
Les SARMs — structure non-stéroïdienne
Les SARMs sont des composés non-stéroïdiens de structure chimique variée (aryl-propionamides pour ostarine, quinolinones pour LGD-4033, autres pour RAD-140). Cette différence structurale a plusieurs conséquences :
Pas de substrats pour l'aromatase → pas de conversion en estradiol
Pas de substrats pour la 5α-réductase → pas d'amplification DHT locale
Métabolisation hépatique différente (voies CYP450 principalement, sans passage par les enzymes de stéroïdogenèse)
C'est cette absence de métabolisation stéroïdienne qui est la vraie base de la "sélectivité tissulaire" pratique des SARMs — pas d'amplification prostatique par la DHT, pas d'effets estrogéniques par l'aromatase. Voir notre guide complet des SARMs pour la discussion mécanistique détaillée.
Ce qu'ils ont en commun
Cible finale identique : le récepteur aux androgènes
Suppression de l'axe HHG (via rétrocontrôle négatif hypothalamique) — présente dans les deux classes de manière dose-dépendante
Effets anaboliques sur le muscle et l'os — même voie transcriptionnelle finale
Effets sur le HDL cholestérol — baisse dose-dépendante dans les deux classes
Les différences ne sont donc pas dans le "point d'arrivée" transcriptionnel — elles sont dans la voie d'arrivée, dans les effets secondaires liés à la métabolisation, et dans l'amplitude de l'effet.
Efficacité : le vrai différentiel
C'est le point où la comparaison quantitative est la plus intéressante — et où le marketing "SARMs = stéroïdes doux" se révèle le plus trompeur.
Chiffres réels par cycle "musculation" standard
Composé/cycle Prise de masse maigre (12-16 sem) Force Testostérone énanthate 500 mg/sem 4-8 kg +++ Dianabol 30-50 mg/j (avec test) 6-10 kg ++++ Trenbolone 300 mg/sem (avec test) 4-6 kg (sèche/dure) ++++ Anavar 40-60 mg/j (avec test) 3-5 kg (sèche) +++ Ostarine (MK-2866) 25 mg/j 2-4 kg ++ Ligandrol (LGD-4033) 10 mg/j 3-5 kg +++ RAD-140 15 mg/j 3-6 kg +++ Ostarine + Ligandrol + Cardarine (stack) 4-6 kg +++
Ordre de grandeur : les cycles d'AAS à doses "musculation" produisent typiquement 2 à 4 fois plus de prise de masse maigre que les cycles SARMs à doses standard. Un utilisateur qui espère "gagner 10 kg avec des SARMs" est déçu — cette amplitude n'est pas dans le domaine des SARMs.
Pourquoi cette différence ?
Plusieurs facteurs convergent :
Dose absolue à l'AR — les AAS sont utilisés à des doses délivrant beaucoup plus d'activité AR totale au niveau musculaire
Pas de synergie estrogénique avec les SARMs — l'estradiol modéré potentialise l'anabolisme (l'un des effets méconnus mais réel de la testostérone en cycle)
Cinétique — l'injection IM produit des taux plasmatiques plus stables et élevés que la prise orale
Effets non-AR de la testostérone (voie non-génomique membranaire, effets locaux dans le muscle) que les SARMs ne reproduisent pas complètement
Sur les effets fonctionnels
Point moins connu : les essais Phase III de SARMs (POWER trials ostarine) ont atteint le critère de masse maigre mais échoué sur les critères fonctionnels (montée d'escalier, performance physique). Cette dissociation est spécifique aux SARMs — les études sur la testostérone en substitution montrent en général une amélioration fonctionnelle concordante avec le gain de masse. Il semble que la masse musculaire "SARM-générée" soit de qualité inférieure unité par unité comparée à celle produite par la testostérone endogène ou exogène. Nuance importante à ne pas ignorer.
Cas particulier — la sèche/récupération de blessure
Pour des objectifs de préservation de masse maigre en déficit calorique ou de récupération post-blessure sans prise de poids, les SARMs à dose modérée (ostarine 15-20 mg/j) peuvent offrir un compromis intéressant — bénéfice tangible sans les effets secondaires marqués d'un cycle AAS complet. C'est peut-être leur meilleure niche pratique.
Suppression HHG : les deux classes affectent l'axe HPT
Contrairement au mythe "SARMs sans PCT", la suppression de l'axe hypothalamo-hypophyso-testiculaire est un fait démontré dans les deux classes — à des degrés variables selon les composés et les doses.
Chiffres réels
Cycle Baisse testostérone endogène (typique) Récupération sans PCT PCT nécessaire Testostérone 500 mg/sem × 12 sem 90-100 % (suppression complète) 3-8 mois Oui, systématique Anavar seul 40 mg/j × 8 sem 40-70 % 4-8 semaines Oui Dianabol seul 30 mg/j × 6 sem 60-80 % 6-8 semaines Oui Nandrolone (Deca) 300 mg/sem 90-100 % Prolongée (3-6 mois) Oui, agressive Ostarine 25 mg/j × 12 sem 30-50 % 4-6 semaines Oui Ligandrol 10 mg/j × 8 sem 50-80 % 4-12 semaines Oui, impérative RAD-140 15 mg/j × 8 sem 50-80 % 6-12 semaines Oui, impérative Ostarine + LGD stack × 10 sem 60-90 % Plus prolongée Oui, agressive
Le mythe "SARM sans PCT" — pourquoi il persiste
Trois raisons expliquent la persistance de ce mythe :
Marketing des fournisseurs — argument commercial simple et attractif
Faibles doses initiales — quelques utilisateurs testent 10 mg d'ostarine sur 4 semaines et récupèrent spontanément (dose faible, cycle court) — extrapolation abusive
Ignorance des biomarqueurs — sans dosage de testostérone/LH/FSH, l'utilisateur ne mesure pas la suppression
En pratique : à partir de 6 semaines et de doses "actives musculation" (15+ mg d'ostarine, 5+ mg de ligandrol, 10+ mg de RAD-140), la suppression est substantielle et cliniquement significative — PCT SERM standard obligatoire. Voir notre article détaillé sur la PCT et sur l'hypogonadisme masculin en cas de récupération incomplète.
Effets secondaires comparés
Une comparaison honnête reconnaît que les deux classes ont des profils d'effets secondaires — pas identiques, mais tous deux sérieux à hautes doses.
Foie / hépatotoxicité
AAS :
Injectables (testostérone énanthate, nandrolone, trenbolone) : peu hépatotoxiques — la voie IM contourne le premier passage hépatique
Oraux 17α-alkylés (Dianabol, Anavar, Superdrol, Winstrol, Halotestin) : hépatotoxicité documentée — pattern cholestatique typiquement, dose-dépendant. Voir notre article détaillé sur la 17α-alkylation et l'hépatotoxicité.
SARMs :
Voie orale exclusive → passage hépatique obligatoire
Cas de DILI (Drug-Induced Liver Injury) documentés : ostarine, LGD-4033, RAD-140, andarine, stenabolic. Revue systématique 2024 identifie 20 cas publiés — pattern souvent cholestatique. Le RAD-140 concentre les cas les plus graves (bilirubine peak à 38,5 mg/dL dans un cas publié).
Contrairement au marketing "sans hépatotoxicité", le profil hépatique des SARMs oraux est comparable à celui des AAS oraux 17α-alkylés dans les cas rapportés.
Verdict foie : AAS injectables > SARMs > AAS oraux 17α-alkylés en termes de sécurité. AAS injectables clairement les moins hépatotoxiques.
Cardiovasculaire
AAS :
Baisse marquée du HDL (30-70 % selon composé) — la trenbolone et les oraux 17α-alkylés sont les pires
Augmentation du LDL
Augmentation de l'hématocrite (chez testostérone TRT et cycles) — risque thrombotique
Effets sur la fonction cardiaque (hypertrophie du VG documentée à long terme sur utilisateurs de haute dose)
SARMs :
Baisse marquée du HDL (30-60 %) — ligandrol et RAD-140 particulièrement
LDL variable
Hématocrite peu affecté (curieux — mécanisme inconnu — contraste avec AAS)
Cas cliniques cardiovasculaires graves publiés : myopéricardite chez adolescent 16 ans après une dose unique de RAD-140 (JACC: Case Reports 2024), thrombose artérielle (Ann Intern Med Clin Cases 2026)
Verdict cardiovasculaire : les deux classes affectent le HDL de manière similaire ; les AAS ont plus d'effet sur l'hématocrite, les SARMs ont produit des cas graves de myopéricardite. Aucune classe n'est "propre" cardiovasculairement. Voir notre article protection cardiovasculaire durant les cycles.
Cheveux (alopécie androgénétique)
AAS :
Amplifiée par la 5α-réduction en DHT dans le follicule pileux → chute accélérée chez utilisateurs prédisposés
Testostérone, dianabol, testostérone propionate, trenbolone, masteron : à risque élevé
Anavar, primobolan : à risque modéré
SARMs :
Pas de substrat pour la 5α-réductase → théoriquement moins d'alopécie
En pratique : chute rapportée avec RAD-140, LGD-4033 — pas nulle. Mécanisme direct au récepteur AR folliculaire probablement.
Verdict cheveux : SARMs légèrement plus favorables mais pas totalement propres — voir notre article sur la perte de cheveux induite par les substances anabolisantes.
Prostate
AAS : la 5α-réduction locale amplifie l'exposition prostatique — élévation du PSA fréquente, préoccupation d'HBP à long terme SARMs : sélectivité prostatique confirmée cliniquement (étude Basaria 2013 sur ostarine notamment) — pas d'élévation significative du PSA aux doses testées
Verdict prostate : SARMs clairement plus favorables. Le seul avantage vraiment démontré des SARMs sur les AAS.
Effets estrogéniques (gynécomastie)
AAS aromatisables (testostérone, dianabol, nandrolone) : rétention hydrique estrogénique, risque de gynécomastie SARMs : pas d'aromatisation directe. Gynécomastie possible via dysbalance androgène/estrogène (baisse testostérone + estradiol résiduel) mais rare et légère.
Verdict estrogène : SARMs favorables.
Effets psychologiques
AAS : agressivité, irritabilité, changements d'humeur, dépendance psychologique documentée (études de Pope, McGill, autres). "Roid rage" partiellement mythe partiellement réalité selon composés et doses. SARMs : agressivité rapportée particulièrement avec RAD-140 ; symptômes dépressifs en fin de cycle (liés à la suppression HHG) fréquents.
Verdict psychologique : les deux classes affectent l'humeur. Pas de clair avantage.
Synthèse comparative des effets secondaires
Aucune classe n'est "propre". Les SARMs ont un avantage sur la prostate et les effets estrogéniques. Les AAS injectables ont un avantage sur le foie. Les deux classes affectent significativement le HDL, l'humeur, l'axe HHG.
Voie d'administration : oral vs injectable
Point pratique important à ne pas négliger.
SARMs : oral uniquement — pris comme un comprimé une fois par jour. Avantage pratique majeur, particulièrement pour utilisateurs réticents aux injections ou ayant des contraintes sociales.
AAS : oraux ET injectables
Injectables : testostérone, nandrolone, trenbolone, primobolan, boldénone, masteron — nécessitent injections IM 1-3 fois par semaine. Voir notre article comment injecter les stéroïdes pour la technique.
Oraux 17α-alkylés : dianabol, anavar, superdrol, winstrol, halotestin — pris quotidiennement, hépatotoxicité en contrepartie
Ce n'est donc pas un vrai "SARM = oral / AAS = injectable" — c'est un "SARM = oral / AAS = oral OU injectable". Un utilisateur qui veut éviter les injections peut opter pour SARMs OU pour AAS oraux comme l'Anavar (souvent le composé le mieux toléré des oraux). Le choix Anavar vs Ostarine se pose sur d'autres critères (efficacité, coût, tolérance individuelle).
Statut légal et WADA — situation parallèle
Un point où la parité est totale : les deux classes sont dans une situation légale équivalente en France et sous contrôle WADA.
France
AAS :
Testostérone : médicament de prescription (AMM en France pour hypogonadisme). Détournement musculation illégal.
Autres AAS (nandrolone, oxandrolone, méthandiénone, etc.) : plupart sans AMM en France, importés hors circuit médical. Détention et vente = infraction.
Code de la santé publique L.5432-1, Code du sport L.232-9
SARMs :
Aucune AMM dans aucun pays
Vendus comme "research chemical" — statut juridique ambigu
Vente comme complément alimentaire : illégale
L'ANSM peut requalifier en médicament par fonction
Voir notre pillar sur le cadre légal français pour l'analyse détaillée.
WADA
AAS : catégorie S1.1 — Agents anabolisants androgéniques. Interdits en compétition et hors compétition.
SARMs : catégorie S1.2 — Autres agents anabolisants. Interdits en compétition et hors compétition.
Sanctions identiques : suspension typique 4 ans première infraction. Fenêtres de détection comparables (1-3 mois selon composé et méthode).
Pour un athlète licencié, la question "SARMs ou stéroïdes ?" n'a pas de bonne réponse — les deux options ferment sa carrière.
Coût et accessibilité
AAS
Testostérone énanthate (via TRT sous ordonnance en France) : ~15-30 €/mois — accessible médicalement pour hypogonadisme documenté
Testostérone illégale (marché noir) : 30-80 €/mois selon fournisseur
Anavar (illégal) : 100-200 € pour un cycle 8 sem
Trenbolone acétate (illégal) : 100-200 € pour un cycle 8 sem
Cycle complet AAS multi-composés : 300-800 €
SARMs
Ostarine cycle 8-12 sem : 60-150 €
Ligandrol cycle 6-8 sem : 70-140 €
RAD-140 cycle 8 sem : 80-150 €
Stack multi-SARMs cycle 8-12 sem : 200-400 €
Comparaison
Les SARMs sont absolument moins chers par cycle. Mais rapportés à l'efficacité (kg de masse maigre gagnés), les AAS restent souvent plus économiques par unité d'effet.
Décision : quel composé pour quel profil ?
Cadre décisionnel honnête selon le profil utilisateur.
Profil 1 — Homme jeune eugonadique cherchant à "prendre de la masse"
Question préalable : as-tu optimisé sommeil, nutrition, entraînement, régularité sur 2+ ans ? Si non, aucun composé ne compensera.
Si oui, et objectif "prise de masse musculation" :
AAS injectable (testostérone 300-500 mg/sem cycle 12 sem) : efficacité maximale, base "classique", nécessite injections + PCT + surveillance médicale idéalement
SARMs empilement modéré (LGD 10 mg + Ostarine 20 mg × 10 sem) : efficacité moindre mais oral, PCT toujours nécessaire, coût modéré
Peptides GH (CJC + ipa) : effet plus modeste, sans suppression HHG, complémentaire
Le "meilleur choix" dépend des priorités (tolérance injection, budget, prise de risque, contexte disciplinaire).
Profil 2 — Homme hypogonadique documenté
La réponse claire : TRT médicalement supervisée, pas de SARMs. La testostérone en substitution physiologique (100-200 mg/2 sem) est le traitement de référence, remboursé, encadré, avec des décennies de recul clinique. Voir notre article sur l'hypogonadisme masculin.
Profil 3 — Athlète licencié sous contrôle antidopage
La réponse claire : NI l'un NI l'autre. Les deux classes ferment la carrière. Optimisation des fondamentaux, PRP, physiothérapie, nutrition, sommeil sont les seules voies légitimes.
Profil 4 — Homme cherchant à "sécher" en préservant la masse maigre
Anavar 40-60 mg/j × 6-8 sem : composé "gold standard" AAS en sèche, avec sa toxicité hépatique modérée
Ostarine 15-20 mg/j × 8-10 sem : alternative SARM valable en sèche
Peptides GH en complément : préservation de la masse maigre
C'est le contexte où les SARMs (ostarine notamment) sont peut-être le plus compétitifs face aux AAS oraux.
Profil 5 — Homme > 45 ans, objectifs anti-âge/vitalité
TRT médicalement supervisée en cas d'hypogonadisme documenté (bilan complet préalable). Le testostérone TRT sous supervision est bien plus adapté qu'un cycle SARMs. Les peptides GH peuvent compléter.
Profil 6 — Débutant absolu tentant sa première expérience
Recommandation prudente : ne pas commencer par un cycle empilé multi-composés. Si expérimentation, débuter par :
Ostarine 15 mg/j × 8 sem avec bilans biologiques + PCT — profil clinique bien caractérisé, moindre puissance mais moindre risque
OU testostérone énanthate 250-300 mg/sem × 12 sem sous supervision médicale (protocole TRT-plus)
Éviter absolument : RAD-140 première expérience, stacks multi-SARMs, oraux 17α-alkylés à haute dose, cycles de trenbolone en première expérience.
Foire aux questions (FAQ)
Est-il vrai que les SARMs sont "des stéroïdes en plus doux et plus sûrs" ?
Non — c'est le mythe marketing central à démonter. Les SARMs sont moins efficaces mais pas plus sûrs à profil de risque équivalent : ils suppriment l'axe HHG, altèrent le HDL, provoquent des cas de DILI, et ont produit des cas cliniques graves (RAD-140 : myopéricardite, thrombose). Ce sont deux classes distinctes avec profils propres — pas un continuum de puissance à sécurité. Un usage informé considère les avantages et inconvénients spécifiques de chaque classe selon son objectif.
Les SARMs remplacent-ils la testostérone en TRT ?
Non — pour l'hypogonadisme, la substitution physiologique par testostérone reste le traitement de référence médicale. Les SARMs ne restaurent pas le taux physiologique de testostérone, ne corrigent pas les symptômes hypogonadiques centrés autour de la fonction testiculaire (spermatogenèse, morphologie), et ne s'inscrivent pas dans un cadre médical réglementé. Certains cliniciens explorent des combinaisons TRT + SARMs pour "amplifier" les effets sur la masse maigre chez le sarcopénique — approche empirique.
Peut-on combiner SARMs et stéroïdes anabolisants ?
Techniquement possible, empiriquement pratiqué, mais cumule les risques sans synergie mécanistique claire — les deux classes ciblent le même récepteur AR. Suppression HHG amplifiée, hépatotoxicité additive (si oraux 17α-alkylés + SARMs), effets lipidiques cumulés. Approche à éviter en général.
La PCT est-elle vraiment nécessaire après un cycle SARMs ?
Oui, pour tout cycle > 4-6 semaines aux doses "actives musculation" (15+ mg d'ostarine, 5+ mg de ligandrol, 10+ mg de RAD-140). La suppression HHG est consistante et dose-dépendante dans tous les essais cliniques. Un cycle "test" de 3-4 semaines à dose faible peut parfois se passer de PCT — mais dès qu'on parle de cycle "actif", la PCT SERM standard (tamoxifène ou clomifène) est obligatoire. Voir notre article PCT.
Les SARMs contaminent-ils vraiment les compléments alimentaires ?
Oui — problème documenté. Ostarine, ligandrol, andarine et RAD-140 sont fréquemment retrouvés comme contaminants non-déclarés dans des compléments alimentaires musculation d'origine internationale. Plusieurs athlètes ont été sanctionnés pour ostarine ou ligandrol positif attribué à cette contamination. Principe de responsabilité stricte WADA — la sanction s'applique. Pour un sportif contrôlé, n'utiliser que des compléments certifiés (Informed Sport, NSF).
Quel est le composé le plus proche d'être "propre" en termes d'effets secondaires ?
Aucun composé anabolisant à doses "musculation" n'est propre. Les moins problématiques dans leur catégorie sont probablement : Anavar (parmi les AAS oraux — bien toléré aux doses modérées, hépatotoxicité modeste), Testostérone TRT à doses physiologiques (100-200 mg/2 sem — substitution médicale bien encadrée), Ostarine à doses modérées (parmi les SARMs, base clinique la mieux caractérisée). Aucun n'est "sûr" — chacun a son profil de risque documenté.
Est-ce moralement différent d'utiliser SARMs ou stéroïdes ?
Question philosophique — pas de réponse universelle. Sur le plan légal, les deux sont dans une situation ambiguë ou illégale en France ; sur le plan sportif, les deux sont bannis WADA ; sur le plan sanitaire, les deux comportent des risques réels. Ce qui varie potentiellement : le degré de recul clinique (AAS > 80 ans, SARMs 25 ans), la disponibilité de protocoles de PCT et de surveillance biologique, la présence de cadres médicaux légitimes (TRT pour AAS, aucun cadre médical pour SARMs). Le choix relève d'une décision individuelle informée sur les compromis.
Sources et références
Basaria S, Collins L, Dillon EL, et al. The Safety, Pharmacokinetics, and Effects of LGD-4033, a Novel Nonsteroidal Oral, Selective Androgen Receptor Modulator, in Healthy Young Men. J Gerontol A Biol Sci Med Sci. 2013 ; 68(1) : 87–95. Référence Phase I SARM.
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Bhasin S, Woodhouse L, Casaburi R, et al. Testosterone dose-response relationships in healthy young men. Am J Physiol Endocrinol Metab. 2001. Étude dose-réponse testostérone.
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Paul T, Cedeno K, Shah K, Hong JJ. Myopericarditis Following Use of SARM "RAD-140". JACC: Case Reports, 2024. Cas cardiovasculaire RAD-140.
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Kanayama G, Hudson JI, Pope HG. Long-term psychiatric and medical consequences of anabolic-androgenic steroid abuse. Drug Alcohol Depend. 2008.
LiverTox: Clinical and Research Information on Drug-Induced Liver Injury — Anabolic Steroids and SARMs. NCBI Bookshelf
WADA Prohibited List 2024-2026 — Sections S1.1 (AAS) et S1.2 (SARMs). wada-ama.org
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis médical. Les stéroïdes anabolisants androgéniques (AAS) et les SARMs sont tous deux inscrits sur la liste des substances interdites de la WADA (catégories S1.1 et S1.2 respectivement) — leur usage constitue une violation pour tout sportif licencié dans une fédération signataire du Code Mondial Antidopage, y compris en cas de contamination "involontaire" d'un complément alimentaire (principe de responsabilité stricte). En France, seule la testostérone dispose d'une AMM (pour hypogonadisme documenté sous prescription et supervision médicale) ; les autres AAS et l'ensemble des SARMs sont vendus dans un cadre juridique ambigu (marché "research chemical" pour les SARMs) ou illégal (marché noir pour les AAS non-approuvés). Cadre réglementaire : Code du sport L.232-9 (dopage), Code de la santé publique L.5432-1 (substances interdites). Les deux classes de composés comportent des risques sanitaires documentés : suppression de l'axe hypothalamo-hypophyso-testiculaire dose-dépendante, altération marquée du profil lipidique (baisse du HDL), hépatotoxicité (particulièrement AAS oraux 17α-alkylés et cas de DILI SARMs comme RAD-140, LGD-4033, ostarine), effets cardiovasculaires (dont cas cliniques graves rapportés de myopéricardite et thrombose associés au RAD-140). Une PCT (Post Cycle Therapy) SERM est impérative après tout cycle. Bilan biologique complet (transaminases, bilan lipidique, hormones sexuelles) impératif avant, pendant et après tout cycle. Consultez toujours un médecin qualifié avant d'utiliser des substances non approuvées ; le recours à une TRT médicalement supervisée en cas d'hypogonadisme documenté est de très loin le cadre le plus sûr et le plus adapté. Pour les considérations médicales générales, voir notre avis de non-responsabilité médicale complet. Les auteurs déclinent toute responsabilité pour les dommages à la santé résultant d'une utilisation inappropriée.
