Le RAD-140 — désignation commerciale "Testolone", DCI récente Vosilasarm — est le SARM le plus "puissant" empiriquement utilisé en musculation et probablement celui au profil de risque le plus préoccupant de sa classe, avec plusieurs cas cliniques d'hépatotoxicité grave (drug-induced liver injury cholestatique) et de myopéricardite documentés dans la littérature médicale depuis 2022. Développé initialement par Radius Health (Waltham, Massachusetts) pour le traitement adjuvant du cancer du sein à récepteur aux androgènes positif (AR+) et récepteur aux estrogènes positif (ER+) — puis licencié à Ellipses Pharmaceuticals — le RAD-140 a franchi le cap de l'essai clinique Phase I chez la femme post-ménopausée avec cancer du sein métastatique (essai NCT03088527) et progresse vers les phases 1b/2a en 2026 sous le nom Vosilasarm. Sur le marché "research chemical" en musculation, il est cependant utilisé à des doses 5 à 10 fois supérieures à celles des essais cliniques, avec des cycles empiriques de 10-30 mg/j (versus 0,1 mg/j en phase escalade), et sans supervision médicale. Cette utilisation à haute dose sans supervision est directement corrélée à l'apparition des cas graves rapportés depuis 2022 : le premier cas publié (jeune homme de 24 ans, jaunisse cholestatique, bilirubine totale à 38,5 mg/dL, résolution après arrêt), un cas de myopéricardite chez un adolescent de 16 ans après une seule dose (JACC: Case Reports 2024), un cas de thrombose artérielle rapporté en 2026 (Annals of Internal Medicine: Clinical Cases), et plusieurs autres. Cet article détaille ce qu'est réellement le RAD-140, son mécanisme, les résultats précis des essais cliniques disponibles, les cas cliniques graves publiés, les protocoles empiriques utilisés en musculation, et une évaluation honnête du rapport bénéfice/risque — dans le cadre plus large du cluster SARMs. Pour une vue d'ensemble de la classe, voir notre guide complet des SARMs.
Qu'est-ce que le RAD-140 ?
Le RAD-140 est un composé non-stéroïdien de synthèse chimique — structure différente des aryl-propionamides classiques (ostarine, andarine) — qui se lie au récepteur aux androgènes avec une haute affinité et un profil d'agoniste puissant. C'est le SARM le plus "steroidogène" empiriquement — au point que plusieurs utilisateurs le décrivent comme "un TRT sous forme pilule" plutôt qu'un SARM classique.
Chimie et pharmacocinétique :
Structure : composé non-stéroïdien, dérivé aryl-propionamide modifié
Formule chimique : C₂₀H₁₆ClN₅O₂
Poids moléculaire : 393,8 g/mol
Voie d'administration : orale (biodisponibilité orale bonne)
Demi-vie plasmatique : ~60 heures (2,5 jours) — permet une prise unique quotidienne, avec accumulation plasmatique au fil des semaines
Métabolisation : hépatique, voies CYP450
Affinité au récepteur AR : Ki ~7 nM (haute)
Développement historique :
2010-2011 : première caractérisation par Radius Health Inc. dans le cadre d'un programme de développement pour cancer du sein AR-positif et neuroprotection
2017 : lancement de l'essai Phase I NCT03088527 chez patientes atteintes de cancer du sein AR+/ER+ métastatique
2020-2022 : présentation des résultats Phase I — signaux d'efficacité anti-tumorale et profil de sécurité aigu correct à doses cliniques
2023 : licence transférée à Ellipses Pharmaceuticals qui poursuit le développement sous le nom Vosilasarm (INN)
2024-2026 : essais Phase 1b/2a en cours dans le cancer du sein
En parallèle depuis 2015 : utilisation "off-label" massive en musculation via marché research chemical
Statut réglementaire : au 30 juillet 2026, le RAD-140 (Vosilasarm) n'a d'AMM dans aucun pays — comme tous les SARMs. Développement clinique actif mais résultat réglementaire incertain.
Ce que disent les essais cliniques
La base clinique du RAD-140 est significativement plus limitée que celle de l'ostarine — un seul essai Phase I complet a été publié à ce jour.
Essai NCT03088527 (Phase I chez femmes avec cancer du sein AR+/ER+ métastatique)
Design : essai Phase I dose-escalade, chez femmes post-ménopausées avec cancer du sein AR+/ER+/HER2- métastatique en progression sous traitement hormonal standard.
Objectifs : évaluer sécurité, tolérance, pharmacocinétique, activité anti-tumorale préliminaire.
Doses testées : 50 mg, 100 mg par voie orale, une fois par jour.
Résultats principaux :
Tolérance acceptable dans cette population (patientes cancéreuses) — pas d'événements indésirables graves attribués au composé aux doses testées
Signaux d'activité anti-tumorale — bénéfice clinique (réponse partielle ou stabilisation) chez une fraction des patientes
Effets secondaires les plus fréquents : élévation des enzymes hépatiques (modérée), augmentation du LDL, baisse du HDL, fatigue, nausée
Pas de suppression HHG évaluable dans cette population (post-ménopause = axe HHG naturellement bas)
Interprétation : cet essai a servi de "preuve de concept" pour l'usage oncologique du composé. Il ne renseigne pas sur la sécurité chez des adultes jeunes sains prenant le composé à des doses de musculation. La différence de population (femme âgée cancer vs jeune homme bodybuilder) est majeure pour l'interprétation des effets secondaires cardiovasculaires et hépatiques.
Études précliniques (rongeur, primates)
Effets robustes sur la masse musculaire et osseuse chez la souris et le rat sarcopéniques
Effets neuroprotecteurs dans des modèles de maladies neurodégénératives (Alzheimer, Parkinson) — rationnel pour une exploration future
Effets anti-tumoraux dans les modèles de cancer du sein AR+
Pas d'hépatotoxicité aiguë aux doses "cliniques" en préclinique — contraste frappant avec les cas humains ultérieurs à doses supraphysiologiques
Écart préclinique-clinique : les études précliniques rassurantes n'ont pas prédit les cas graves observés dans le monde réel. La divergence tient probablement à : (1) doses supraphysiologiques utilisées en musculation, (2) durée d'exposition plus longue, (3) facteurs individuels de susceptibilité, (4) contamination des produits "research chemical".
Ce que les essais N'ont pas fait
Aucun essai clinique chez adulte sain jeune aux doses supra-thérapeutiques utilisées en musculation
Aucune évaluation de la suppression HHG chez l'homme jeune eugonadique — base de données empirique communautaire uniquement
Aucune évaluation de la fonction cardiovasculaire à moyen ou long terme
Aucune évaluation de la sécurité au-delà des essais Phase I
Cas cliniques graves publiés — le vrai profil de risque
Depuis 2022, plusieurs cas cliniques d'événements indésirables graves associés au RAD-140 ont été publiés dans la littérature médicale — c'est ce corpus qui doit être connu de tout utilisateur potentiel.
Cas 1 — DILI cholestatique sévère (Sano et al., ACG Case Reports 2022, PMC 9753945)
Patient : homme de 24 ans, sans antécédent médical, consommateur récréatif de RAD-140 sur 5 semaines pour prise de masse.
Tableau clinique :
Douleurs abdominales diffuses (2 semaines)
Ictère scléral, prurit
Bilirubine totale au pic : 38,5 mg/dL (~50× la limite haute normale) — extrêmement élevée
Pattern cholestatique à la biopsie hépatique : cholestase intracytoplasmique et canaliculaire, inflammation portale minimale
Hospitalisation, prise en charge de support
Évolution : résolution symptomatique et biologique complète après arrêt du RAD-140, sur plusieurs semaines.
Conclusion des auteurs : "Les SARMs et notamment le RAD-140 devraient être utilisés judicieusement et sous supervision clinique rapprochée en attendant que des données de sécurité hépatique supplémentaires soient disponibles."
Cas 2 — DILI + stéatose hépatique (Cureus 2024, PMC 11426965)
Patient : homme de 29 ans, sans antécédents, ayant pris "Modern Warrior-RAD cycle" (produit combiné à 10 mg RAD-140 par capsule, dose totale 20 mg/j) pendant 3 mois pour prise de masse.
Tableau clinique :
Ictère scléral découvert par sa partenaire
Perte de poids paradoxale (au lieu de la prise de masse recherchée)
Élévation marquée des transaminases
Échographie hépatique : stéatose hépatique + lésion hyperéchogène focale suspecte
Bilan étiologique exhaustif négatif (viral, auto-immun, autres médicaments)
Évolution : arrêt du produit 3 semaines avant la présentation, amélioration progressive.
Conclusion : cas cohérent avec l'accumulation de la littérature sur la DILI post-RAD-140.
Cas 3 — Myopéricardite chez adolescent (JACC: Case Reports 2024)
Patient : garçon de 16 ans, développe une myopéricardite après une seule dose de RAD-140.
Contexte : achat en ligne d'un "complément" musculation contenant RAD-140.
Tableau clinique :
Douleur thoracique
Marqueurs inflammatoires élevés
Anomalies ECG compatibles avec myocardite
Élévation des marqueurs cardiaques (troponine)
Évolution : résolution après arrêt et prise en charge cardiologique.
Signal important : ce cas — une seule dose produisant une myopéricardite chez un adolescent — soulève des préoccupations sur la susceptibilité individuelle et le risque cardiovasculaire aigu du RAD-140. Les auteurs soulignent la nécessité pour les cliniciens de considérer les compléments musculation vendus commercialement comme sources potentielles de substances pharmacologiquement actives avec conséquences cliniques graves.
Cas 4 — Thrombose artérielle (Annals of Internal Medicine: Clinical Cases, 2026)
Cas rapporté : thrombose artérielle chez un patient recevant du RAD-140 — événement cardiovasculaire aigu grave.
Contexte : ajoute au corpus de préoccupations cardiovasculaires.
Application de l'échelle Naranjo
L'échelle Naranjo (échelle standard de causalité d'une réaction indésirable médicamenteuse en pharmacovigilance) a été appliquée dans plusieurs cas de DILI et d'événements cardiaques associés au RAD-140 — elle rend des scores de causalité "probable" — c'est-à-dire que la relation entre le RAD-140 et les événements indésirables graves observés est plus qu'une simple coïncidence temporelle, elle est probable au sens de la pharmacovigilance formelle.
Synthèse des cas
Contrairement aux essais cliniques rassurants sur les doses thérapeutiques, le RAD-140 à doses supra-thérapeutiques (10-30 mg/j) chez de jeunes adultes en bonne santé est associé à :
Hépatotoxicité cholestatique (multiple cas — au moins 5-10 cas publiés à ce jour)
Événements cardiovasculaires aigus — myopéricardite, thrombose (au moins 2-3 cas publiés)
Contamination des produits research chemical amplifiant les risques
Le RAD-140 est probablement le SARM au profil de risque le plus préoccupant de sa classe.
Mécanisme d'action
Le RAD-140 se lie au domaine de liaison au ligand du récepteur aux androgènes avec une haute affinité et une puissance agoniste supérieure à celle de la plupart des autres SARMs.
Sélectivité tissulaire théorique
Comme les autres SARMs, le RAD-140 présente une sélectivité tissulaire préclinique en faveur du muscle et de l'os par rapport à la prostate. Cette sélectivité n'est pas absolue : les cas humains démontrent une action systémique affectant le foie et le cœur — tissus qui ne sont pas les cibles théoriques désirées.
Voir notre guide complet des SARMs pour la discussion générale des mécanismes de sélectivité.
Puissance comparée
Empiriquement, le RAD-140 est décrit comme le SARM le plus puissant milligramme par milligramme — 10-20 mg/j produisent des effets sur la composition corporelle comparables ou supérieurs à 20-30 mg/j d'ostarine. Cette puissance supérieure a un coût : effets secondaires également plus marqués.
Effet neuroprotecteur — hypothèse académique
Certaines études précliniques suggèrent des effets neuroprotecteurs du RAD-140 (Alzheimer, Parkinson), via l'activation du récepteur aux androgènes neuronal. Cette voie de recherche existe mais reste marginale dans le développement clinique actuel.
Effets rapportés et biomarqueurs
Les effets phénotypiques rapportés en usage empirique et les modifications biologiques sont désormais bien caractérisés — malgré l'absence d'essais chez adulte jeune sain.
Effets sur la composition corporelle (retours empiriques + essai NCT03088527)
Prise de masse maigre : rapportée à 3-5 kg en 8 semaines à 15-20 mg/j (retours empiriques, non-validés cliniquement chez sujet sain)
Force accrue : très rapportée, souvent qualitativement supérieure à l'ostarine
"Sèche" perceptible — définition musculaire accrue, apparence "dry"
Endurance modérément améliorée
Suppression HHG
Consistante et marquée :
Testostérone endogène : baisse de 50-80 % à 15-20 mg/j en 8 semaines (retours empiriques)
LH et FSH : baisse marquée
SHBG : baisse concomitante
Estradiol : baisse concomitante
Récupération HHG post-cycle : typiquement 6-12 semaines avec PCT bien conduite.
Bilan lipidique — impact marqué
HDL : baisse rapportée de 30-60 % (parmi les plus marquées des SARMs)
LDL : augmentation modérée
Retour à baseline : plusieurs mois post-cycle
Cet impact lipidique est un des facteurs contribuant probablement aux préoccupations cardiovasculaires.
Bilan hépatique
Élévation des transaminases (ALT, AST) : rapportée à 15-20 mg/j — parfois marquée (3× la normale)
Bilirubine : augmentation possible, pattern cholestatique documenté dans les cas graves
GGT, phosphatases alcalines : augmentation possible dans les cas cholestatiques
Surveillance obligatoire. Voir notre article sur le bilan sanguin adapté aux cycles.
Effets androgéniques cutanés
Acné : rapportée fréquemment
Chute de cheveux (alopécie androgénétique déclenchée ou aggravée) : rapportée — plus fréquente qu'avec l'ostarine. Voir perte de cheveux induite par les substances anabolisantes.
Séborrhée cutanée
Effets psychiques
Agressivité augmentée ("aggression") : très rapportée avec le RAD-140 — plus qu'avec les autres SARMs
Irritabilité, tension
Symptômes dépressifs en fin de cycle : liés à la suppression HHG et à la chute d'androgènes
Protocoles d'usage empiriques (avec avertissements)
Les protocoles utilisés en musculation dépassent largement les doses des essais cliniques. Nous les documentons pour information — pas comme recommandation.
Doses empiriques rapportées
Contexte Dose (mg/j) Essai Phase I cancer (femmes ménopausées) 50-100 Débutant SARMs (très déconseillé pour un premier cycle) 5-10 Utilisateur SARMs intermédiaire 10-15 Utilisateur SARMs expérimenté (haute dose) 15-30 Cycles empiriques "extrêmes" 30+ (dangereux)
Le RAD-140 n'est PAS le SARM recommandé pour un débutant — sa puissance et son profil de risque en font un composé pour utilisateur expérimenté conscient des risques hépatiques et cardiovasculaires documentés. Un débutant devrait plutôt considérer l'ostarine qui présente un profil clinique mieux caractérisé et un risque plus modéré.
Cycle empirique standard
Dose : 10-15 mg/j
Prise : 1 fois/jour, à horaire fixe (demi-vie 60h)
Durée : 8 semaines maximum (pas au-delà — risque cumulatif hépatique)
Pause : au minimum 12 semaines avant nouveau cycle
PCT obligatoire — protocole SERM standard (tamoxifène 20 mg × 4 sem puis 10 mg × 2 sem) — voir PCT
Surveillance biologique impérative
Bilan biologique complet obligatoire pour tout cycle RAD-140 :
Avant cycle : NFS, transaminases (ALT, AST, GGT, PAL), bilirubine, bilan lipidique complet, testostérone totale/libre/SHBG, estradiol, LH, FSH, PSA
À 4 semaines : transaminases, bilirubine, bilan lipidique
À 8 semaines (fin de cycle) : bilan complet
Post-PCT à 6-8 semaines : contrôle restauration HHG
Signes d'alerte imposant l'arrêt immédiat :
Ictère (jaunisse)
Prurit persistant
Douleur abdominale droite
Douleur thoracique — arrêt et consultation cardiologique urgente
Élévation des transaminases > 3× normale
Bilirubine augmentant
Voir notre article protection cardiovasculaire durant les cycles.
Combinaisons
RAD-140 + ostarine : combinaison "prise de masse" empirique — cumule les risques (hépatique notamment). Non recommandé.
RAD-140 + cardarine : combinaison "prise de masse sèche" — la cardarine étant elle-même préoccupante (interruption de développement pour tumeurs animales), le cumul augmente les risques.
RAD-140 + MK-677 : combinaison "prise de masse" — mécanismes distincts (RAD-140 sur AR, MK-677 sur GH). Combinaison rationnelle mécanistiquement, cumul des risques différents.
RAD-140 + AAS injectables : combinaison "extrême" pratiquée par certains utilisateurs — cumul massif des risques, non-recommandé absolument.
Voir aussi notre comparatif SARMs vs stéroïdes et les meilleurs SARMs pour la sèche.
Statut légal et WADA
Situation identique aux autres SARMs — non-approuvée, WADA-interdite.
France
Aucune AMM — ni France, ni Europe, ni FDA aux États-Unis
Vendu comme "research chemical" avec mention "for research use only"
Statut juridique ambigu — l'ANSM peut requalifier en médicament par fonction
Vente comme complément alimentaire : illégale
Voir notre pillar sur le cadre légal français
WADA
Explicitement inscrit sur la liste des substances interdites de la WADA, catégorie S1.2 — Autres agents anabolisants. Interdit en compétition et hors compétition. Détection LC-MS/MS opérationnelle.
Fenêtre de détection : ~1 à 2 mois post-dernière prise selon dose et méthode. La demi-vie longue (60h) allonge la fenêtre de détection.
Sanction disciplinaire : suspension typique 4 ans première infraction pour tout sportif licencié dans une fédération signataire du Code Mondial Antidopage.
Foire aux questions (FAQ)
Le RAD-140 est-il vraiment plus dangereux que les autres SARMs ?
Sur la base de la littérature médicale disponible en 2026 : probablement oui. Le RAD-140 concentre le plus grand nombre de cas cliniques graves publiés (DILI cholestatique, myopéricardite, thrombose artérielle) rapporté aux volumes d'utilisation. Un cas d'ostarine sévère est aussi documenté, mais moins fréquemment que pour le RAD-140. La puissance supérieure du RAD-140 (mg/mg) et l'impact plus marqué sur les lipides et la fonction hépatique convergent vers un profil de risque plus élevé. Un utilisateur qui envisage un SARM devrait envisager d'abord l'ostarine — mieux caractérisée cliniquement et à profil de risque plus modéré.
Combien de masse maigre peut-on gagner avec le RAD-140 ?
Retours empiriques (non validés cliniquement chez sujet sain) : 3 à 5 kg en 8 semaines à 15-20 mg/j — probablement les gains les plus importants de la classe SARM. Contribution partielle de la rétention hydrique, du régime et de l'entraînement concomitants (biais d'attribution). Reste bien inférieur à un cycle de testostérone à doses supraphysiologiques (500-750 mg/sem) qui produit 2-3× plus.
Faut-il une PCT après un cycle de RAD-140 ?
Oui, obligatoirement. La suppression HHG est plus marquée avec le RAD-140 qu'avec l'ostarine — jusqu'à 80 % de baisse de la testostérone endogène en 8 semaines à 15 mg/j. Sans PCT, la récupération peut être prolongée (3-6 mois) avec risque de symptômes hypogonadiques marqués. Protocole PCT SERM standard : tamoxifène 20 mg/j × 4 sem puis 10 mg × 2 sem, ou clomifène 25-50 mg/j × 4-6 sem. Voir notre article PCT.
Le RAD-140 est-il hépatotoxique comme les stéroïdes oraux 17α-alkylés ?
Le pattern d'hépatotoxicité est différent — les 17α-alkylés (Dianabol, Anavar, Superdrol) produisent typiquement une hépatotoxicité hépatocellulaire (élévation prédominante des transaminases), tandis que les cas de DILI post-RAD-140 sont majoritairement cholestatiques (élévation prédominante de la bilirubine, prurit, ictère, biopsie montrant cholestase canaliculaire). Les deux tableaux sont graves. Le mécanisme n'est pas la 17α-alkylation (RAD-140 n'a pas cette structure), mais probablement un effet direct sur les transporteurs biliaires hépatocytaires (BSEP, MRP2). Voir notre article sur la 17α-alkylation et l'hépatotoxicité pour le contexte des stéroïdes.
Peut-on utiliser le RAD-140 à faible dose "pour tester" ?
Théoriquement possible (5-10 mg/j) mais peu logique en pratique — à faibles doses, le RAD-140 n'a pas d'avantage clair sur l'ostarine (mieux caractérisée, moins hépatotoxique). Si l'objectif est un premier essai SARMs, l'ostarine est un meilleur point d'entrée. Si l'objectif est un cycle plus "puissant", le RAD-140 à ≥ 10 mg/j expose aux risques documentés.
Combien coûte un cycle de RAD-140 ?
Ordres de grandeur sur le marché "research chemical" en 2026 :
Cycle de 8 semaines à 15 mg/j : 80-150 €
PCT (tamoxifène) : 30-60 €
Bilans biologiques (impératifs) : 60-150 € (avant, à mi-cycle, en fin de cycle, post-PCT)
Total : 200-350 €
Le coût des bilans biologiques doit être intégré au budget — pas d'usage responsable du RAD-140 sans surveillance biologique.
Le RAD-140 (Vosilasarm) sera-t-il approuvé pour le cancer du sein ?
Possible à moyen terme. Le développement est actif en 2026 dans le cancer du sein AR+/ER+/HER2- métastatique. Les essais Phase 1b/2a en cours doivent démontrer une efficacité anti-tumorale suffisante et un profil de sécurité acceptable dans la population cible. Une AMM oncologique n'implique cependant pas une reconnaissance pour usage musculation — dans les populations différentes, les rapports bénéfice/risque sont totalement distincts.
Sources et références
Paul T, Cedeno K, Shah K, Hong JJ. Myopericarditis Following Use of Selective Androgen Receptor Modifier "RAD-140". JACC: Case Reports, 2024. Cas myopéricardite adolescent 16 ans après dose unique. DOI
Barbara M, Dhingra S, Mindikoglu AL. Drug-Induced Liver Injury Associated with Fitness Product RAD-140. ACG Case Reports Journal, 2022. Cas DILI cholestatique sévère 24 ans. PMC 9753945
Selective Androgen Receptor Modulators Leading to Liver Injury: A Case Report. Cureus, 2024. Cas DILI + stéatose 29 ans. PMC 11426965
Palmisano B, et al. A first-in-human phase 1 study of a novel selective androgen receptor modulator (SARM), RAD140, in ER+/HER2- metastatic breast cancer. Journal of Clinical Oncology, 2021. Étude Phase I clinique NCT03088527.
Selective androgen receptor modulator use and related adverse events including drug-induced liver injury. Revue systématique 2024. PMC 10847181
Radius Health Inc. (2020-2023) / Ellipses Pharmaceuticals (2023-2026) — Programmes de développement clinique RAD-140 / Vosilasarm.
LiverTox: Clinical and Research Information on Drug-Induced Liver Injury — Selective Androgen Receptor Modulators. NBK619971
FDA — Warning: Body-Building Products Containing Selective Androgen Receptor Modulators (SARMs). Octobre 2017.
WADA Prohibited List 2024-2026 — Section S1.2. wada-ama.org
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis médical. Le RAD-140 (Testolone, DCI Vosilasarm) n'a d'AMM dans aucun pays au 30 juillet 2026. En France, il est vendu sur le marché "research chemical" avec mention "for research use only" — statut juridique ambigu (l'ANSM peut requalifier en médicament par fonction) ; la vente comme complément alimentaire est illégale. Il est explicitement inscrit sur la liste des substances interdites de la WADA (catégorie S1.2). Plusieurs cas cliniques graves associés au RAD-140 ont été publiés dans la littérature médicale : hépatite cholestatique sévère avec pic de bilirubine à 38,5 mg/dL (Sano et al. 2022), myopéricardite chez adolescent de 16 ans après une seule dose (JACC: Case Reports 2024), thrombose artérielle (Annals of Internal Medicine: Clinical Cases 2026), stéatose hépatique et lésion focale (Cureus 2024). L'échelle Naranjo appliquée aux cas rend des scores de causalité "probable". Le RAD-140 est probablement le SARM au profil de risque le plus préoccupant de sa classe. Suppression profonde et dose-dépendante de l'axe hypothalamo-hypophyso-testiculaire, altération marquée du profil lipidique. Une PCT (Post Cycle Therapy) est obligatoire. Bilan biologique complet (transaminases, bilirubine, bilan lipidique, hormones sexuelles) impératif avant, pendant et après tout cycle. Signes d'alerte imposant l'arrêt immédiat : ictère, prurit, douleur thoracique, douleur abdominale droite persistante. Consultez toujours un médecin qualifié avant d'utiliser des substances non approuvées. Pour les considérations médicales générales, voir notre avis de non-responsabilité médicale complet. Les auteurs déclinent toute responsabilité pour les dommages à la santé résultant d'une utilisation inappropriée.