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MK-677 (Ibutamoren) : sécrétagogue oral de GH — pas un SARM

Le MK-677 — codes de développement historiques MK-0677 et L-163,191 chez Merck & Co., nom générique ibutamoren (sous forme de mésylate — ibutamoren mesylate) — est vendu et catégorisé avec les SARMs sur le marché "research chemical" par…

Infographie MK-677 comparant la fausse classification SARM barrée en rouge à gauche et le vrai mécanisme sécrétagogue GH par récepteur ghréline GHS-R1a à droite avec effets sommeil appétit rétention eau et glycémie
Le MK-677 n'a aucune activité au récepteur aux androgènes — c'est un agoniste oral du récepteur à la ghréline (GHS-R1a) qui déclenche une libération pulsatile de GH par l'hypophyse, élève l'IGF-1 de 40-85 %, améliore le sommeil profond de 50 % mais augmente aussi l'appétit et l'insulino-résistance.

Le MK-677 — codes de développement historiques MK-0677 et L-163,191 chez Merck & Co., nom générique ibutamoren (sous forme de mésylate — ibutamoren mesylate) — est vendu et catégorisé avec les SARMs sur le marché "research chemical" par pure convention commerciale, mais c'est une erreur mécanistique complète : le MK-677 n'a aucune activité au récepteur aux androgènes, ne suit aucune des règles pharmacologiques des SARMs, et n'appartient à cette classe ni chimiquement, ni fonctionnellement, ni réglementairement. C'est un sécrétagogue oral de l'hormone de croissance (GH secretagogue) — plus précisément un agoniste non-peptidique du récepteur à la ghréline (GHS-R1a), petit molécule (spiroindanyl-pipéridine, ~529 Da) mimant l'action de la ghréline endogène et déclenchant une libération pulsatile de GH par l'hypophyse. Sur ce plan, le MK-677 partage sa cible et son mécanisme avec l'ipamorelin — un pentapeptide injectable — et avec les combinaisons CJC-1295 + ipamorelin utilisées en médecine anti-âge et musculation. La différence clinique et pratique majeure : le MK-677 est actif par voie orale une fois par jour, tandis que les GHRP peptidiques classiques nécessitent des injections sous-cutanées 1-3 fois par jour. Cet avantage pratique — pas de seringues, prise quotidienne unique — est la principale raison de sa popularité dans la communauté "musculation/anti-âge". Développé par Merck dans les années 1990, testé dans une dizaine d'essais Phase I et II publiés (Chapman 1996, Copinschi 1997, Svensson 1998, Murphy 2001, Bach 2004, Nass 2008, Sevigny 2008, Campbell 2018) — il n'a jamais franchi la Phase III et n'a d'AMM dans aucun pays en 2026. Cet article positionne correctement le MK-677 comme un sécrétagogue oral de GH, détaille son mécanisme, les résultats précis des essais cliniques, les effets phénotypiques rapportés, et les effets secondaires souvent minimisés (œdèmes, insulino-résistance, rétention hydrique, élévation modeste du cortisol). Il s'inscrit dans le cluster hormone de croissance — pas SARMs — bien que la mention y soit faite étant donné sa vente parallèle.

Le MK-677 n'est PAS un SARM — clarification indispensable

Il faut commencer par corriger la classification erronée que le marché "research chemical" impose universellement.

Comparaison mécanistique

Aspect SARMs (ostarine, LGD-4033, RAD-140) MK-677 (ibutamoren) Récepteur cible Récepteur aux androgènes (AR) Récepteur à la ghréline (GHS-R1a) Type de récepteur Récepteur nucléaire hormonal stéroïdien Récepteur couplé aux protéines G (RCPG) Classe pharmacologique Modulateurs androgéniques Sécrétagogue de la GH Structure Composés aryl-propionamides, quinolinones Petite molécule spiroindanylpipéridine Mécanisme final Anabolisme via AR musculaire/osseux Libération pulsatile de GH endogène Suppression HHG Oui (marqueur) Non Classification WADA S1.2 — Autres agents anabolisants S2 — Hormones peptidiques et facteurs de croissance

Pourquoi la confusion ?

Trois raisons pratiques :

  1. Distribution parallèle — les fournisseurs "research chemical" vendent MK-677 côte à côte avec les SARMs

  2. Usage combiné — le MK-677 est fréquemment empilé avec les SARMs pour effets complémentaires (AR + GH)

  3. Vocabulaire imprécis — la communauté musculation emploie "SARM" au sens large

Cette classification erronée est problématique : elle induit une compréhension incorrecte du profil de risque, du mécanisme, et de la surveillance biologique nécessaire. Un utilisateur qui croit prendre "un SARM" oriente sa surveillance vers les biomarqueurs androgéniques (testostérone, SHBG, PSA), et manque les biomarqueurs pertinents pour le MK-677 (IGF-1, glycémie/HbA1c, cortisol, rétention hydrique).

Le MK-677 appartient au cluster hormone de croissance — famille des sécrétagogues (voir aussi notre article comparatif HGH exogène vs peptides sécrétagogues).

Qu'est-ce que le MK-677 ?

Le MK-677 (ibutamoren mesylate) est une petite molécule non-peptidique de type spiroindanylpipéridine, biodisponible par voie orale, qui se lie avec une haute affinité au récepteur à la ghréline (GHS-R1a) exprimé sur les cellules somatotropes de l'hypophyse antérieure — et déclenche une sécrétion pulsatile d'hormone de croissance mimant l'action physiologique de la ghréline endogène.

Chimie :

  • Structure : spiroindanylpipéridine — dérivé de recherches menées sur les mimétiques du GHRP-6

  • Formule chimique : C₂₇H₃₆N₄O₅S

  • Poids moléculaire : 528,66 g/mol

  • Sous forme mésylate : ~625 g/mol

  • PubChem CID : 30014

Pharmacocinétique :

  • Voie d'administration : orale (comprimés ou capsules)

  • Biodisponibilité orale : 60-70 % — remarquablement élevée pour un composé de cette taille

  • Demi-vie plasmatique : ~24 heures — permet une prise unique quotidienne

  • Résistance aux enzymes digestives (contrairement aux peptides)

  • Métabolisation : hépatique

  • Excrétion : biliaire et rénale

  • Affinité GHS-R1a : Ki ~0,4 nM (haute)

Développement historique :

  • 1995-1996 : caractérisation initiale par Merck Research Laboratories (codes MK-0677, L-163,191)

  • 1996 : première étude clinique publiée (Chapman et al., JCEM) — sujets âgés sains

  • 1997-2005 : série d'essais Phase I et II — sujets âgés, obèses, fracture de hanche, GH-deficient adults, Alzheimer léger

  • 2008 : essai Nass et al. de 2 ans chez le sujet âgé sain — publication dans Annals of Internal Medicine

  • Après 2010 : pas de progression Phase III, développement clinique interrompu commercialement par Merck

  • 2018 : essai Campbell hémodialysés (relevance rénale)

  • 2026 : reste un composé "research use only" — aucune AMM

Statut réglementaire : au 30 juillet 2026, le MK-677 n'a d'AMM dans aucun pays — malgré des données humaines relativement solides.

Mécanisme d'action

Le MK-677 mime l'action de la ghréline — l'hormone digestive de "faim" — sur le récepteur GHS-R1a des cellules somatotropes hypophysaires, déclenchant une libération pulsatile de GH via une voie de signalisation intracellulaire (IP₃ / Ca²⁺).

Cascade moléculaire

  1. Prise orale — absorption gastrique et intestinale, bonne biodisponibilité (60-70 %)

  2. Distribution systémique — passage de la barrière hémato-encéphalique partiel

  3. Liaison GHS-R1a — récepteur couplé aux protéines G exprimé sur les cellules somatotropes hypophysaires et dans certaines régions hypothalamiques (arcuate nucleus notamment)

  4. Activation de la cascade Gq/PLC — phospholipase C activée

  5. Production d'IP₃ (inositol triphosphate) — libération de Ca²⁺ intracellulaire

  6. Exocytose des vésicules de GH stockées dans les somatotropes

  7. Pulse GH plasmatique — libération dans la circulation

  8. Foie — la GH active la production hépatique d'IGF-1 (facteur médiateur des effets anaboliques)

  9. Effets tissulaires — anabolisme, augmentation de la masse maigre, effets métaboliques

Effet sur les pulses GH — augmentation de fréquence, pas d'amplitude

Point important : le MK-677 augmente principalement la fréquence des pulses GH — pas leur amplitude maximale. La sécrétion physiologique de GH est déjà pulsatile ; le MK-677 la maintient pulsatile mais en ajoute davantage. C'est un point qui distingue le MK-677 du CJC-1295 avec DAC (qui produit une élévation plus tonique).

Effets pléiotropes de la ghréline

La ghréline (et son mimétique MK-677) a des effets multiples au-delà de la stimulation GH :

  • Appétit augmenté — c'est l'effet le plus reconnaissable (la ghréline est l'"hormone de la faim")

  • Motilité gastro-intestinale accrue

  • Effet sur le sommeil profond (voir plus loin)

  • Effet sur l'humeur — variable, parfois anxiolytique, parfois euphorisant

  • Modulation de l'axe HPA (cortisol) — effet léger

  • Effets sur le métabolisme glucidique — augmentation modeste de la glycémie et diminution de la sensibilité à l'insuline

Ce qui NE se passe PAS

  • Pas de liaison au récepteur aux androgènes — le MK-677 n'a aucun effet androgénique

  • Pas de suppression HHG — pas d'effet sur la testostérone endogène

  • Pas d'aromatisation — pas d'effet estrogénique direct

  • Pas de nécessité de PCT

Ce que disent les essais cliniques

Le corpus d'essais cliniques humains sur le MK-677 est parmi les plus solides de tous les composés vendus "research chemical" — comparable à celui de l'ostarine, meilleur que celui du RAD-140 ou de la cardarine.

Étude Chapman et al. 1996 — sujet âgé sain (JCEM)

Design : essai Phase II randomisé contrôlé versus placebo chez 32 sujets âgés en bonne santé (64-81 ans).

Résultats à 4 semaines :

  • Concentration moyenne de GH sur 24 h : augmentation de 97 %

  • IGF-1 sérique : élévation dans la fourchette du jeune adulte (~40 % d'augmentation)

  • Tolérance clinique acceptable

Cette étude a établi la preuve de concept : un composé oral capable de restaurer partiellement le profil GH/IGF-1 "jeune adulte" chez le sujet âgé. Elle a lancé le programme clinique Merck.

Étude Copinschi et al. 1997 — sommeil (JCEM)

Design : essai polysomnographique chez hommes jeunes sains, traitement 7 jours à 25 mg/j.

Résultats :

  • Augmentation de ~50 % de la durée du sommeil profond (stade IV, sommeil lent profond, SWS)

  • Augmentation de ~20 % du sommeil REM (paradoxal)

  • Effets subjectifs positifs sur la qualité du sommeil rapportés

C'est un point qui explique la popularité empirique du MK-677 — les effets sur le sommeil profond sont souvent le premier bénéfice subjectif perçu, dès la première semaine.

Étude Svensson et al. 1998 — sujets obèses (JCEM)

Design : essai contrôlé chez 24 hommes obèses, 8 semaines à 25 mg/j.

Résultats :

  • IGF-1 : augmentation de 40 %

  • Masse maigre : augmentation légère

  • Masse grasse totale : pas de changement significatif

  • Graisse viscérale : pas de changement

  • Insulino-résistance : détectable

Point important : le MK-677 n'est pas un composé lipolytique — il augmente la masse maigre modestement mais ne provoque pas de perte de graisse. Chez le sujet en léger surpoids, l'augmentation de l'appétit peut même conduire à une prise de gras — effet contre-productif pour un objectif de "sèche".

Étude Nass et al. 2008 — sujet âgé, 2 ans (Annals of Internal Medicine)

Design : essai randomisé contrôlé versus placebo chez 65 sujets âgés sains, 25 mg/j pendant 2 ans — durée la plus longue documentée.

Résultats principaux :

  • IGF-1 : augmentation soutenue d'environ 60 % pendant les 2 années

  • Masse maigre : +1,1 kg vs placebo

  • Graisse abdominale : pas de changement significatif

  • Fonction physique : améliorations mesurables mais modestes

  • Cortisol : élévation de +47 nmol/L — point souvent minimisé par les défenseurs du composé

  • Rétention hydrique : jusqu'à 50 % des participants ont eu des œdèmes

  • Élévation de la glycémie à jeun

  • Insulino-résistance mesurée

Interprétation : c'est l'étude de référence de sécurité à moyen terme. Elle confirme l'efficacité biologique (IGF-1 élevé sur 2 ans) mais aussi les effets secondaires métaboliques significatifs — rétention hydrique et altération de la sensibilité à l'insuline.

Étude Murphy et Bach — fracture de hanche (2001, 2004)

Chez patients âgés en rééducation après fracture de hanche, MK-677 à 25 mg/j pendant 6 mois. Résultats mixtes — signaux positifs sur la masse maigre et la récupération, effet moins clair sur la fonction et la mortalité.

Étude Sevigny et al. 2008 — Alzheimer léger

Chez patients avec Alzheimer léger, MK-677 à 25 mg/j pendant 12 mois. IGF-1 augmenté de 72,9 %, sans amélioration significative des marqueurs cognitifs. Développement dans cette indication abandonné.

Étude Campbell 2018 — hémodialysés (Nephrology Dialysis Transplantation)

Chez patients hémodialysés (n = 26), crossover 3 mois. IGF-1 augmenté 1,76 fois (65 % de plus que placebo). Preuve que la voie ghréline reste engageable en insuffisance rénale terminale. Cohorte trop petite pour conclusions fonctionnelles.

Synthèse — ce que les études ont montré

  • Effet reproductible et robuste sur IGF-1 : élévation de 40-85 % selon populations et durée

  • Effet sur le sommeil profond : bien documenté et rapide

  • Modeste augmentation de masse maigre : ~1-1,5 kg sur cycles longs

  • Effets secondaires métaboliques significatifs : rétention hydrique, insulino-résistance, glycémie augmentée

  • Sécurité aiguë acceptable dans les essais formels

  • Pas d'AMM — jamais franchi la Phase III malgré 25 ans de développement

Effets phénotypiques rapportés en usage empirique

Aux doses "musculation" empiriques (10-25 mg/j).

Effets subjectifs les plus fréquents

  • Amélioration du sommeil profond — souvent le premier effet perçu, dès 1-2 semaines

  • Augmentation de l'appétit — souvent marquée, parfois problématique (perte de contrôle alimentaire)

  • Sensation d'énergie améliorée

  • Récupération améliorée après entraînement

  • Effet sur la peau — hydratation, texture améliorée (effet GH classique)

  • Ongles et cheveux — pousse accélérée

Effets sur la composition corporelle

  • Masse maigre : +1-3 kg en 12 semaines à 25 mg/j (empirique — cohérent avec les données cliniques)

  • Rétention hydrique : substantielle, souvent 2-4 kg de poids d'eau — modifie temporairement la balance

  • Masse grasse : stable ou légèrement augmentée (par l'appétit accru)

  • Pas d'effet "sèche" — contre-productif si objectif de perte de graisse

Effets métaboliques indésirables

  • Œdèmes — chevilles, mains — souvent la première plainte

  • Glycémie à jeun augmentée — 5-15 % typiquement

  • HbA1c — légère augmentation sur cycles longs

  • Cortisol — augmentation modeste

  • Sensibilité à l'insuline — diminuée

Protocoles empiriques d'usage

Les protocoles utilisés sont proches des doses cliniques — 25 mg/j étant à la fois la dose des essais et la dose "musculation" standard.

Cycle standard empirique

  • Dose : 12,5-25 mg/j en prise unique quotidienne

  • Timing : au coucher — synergie avec la pulse GH nocturne physiologique, effet somnogène recherché

  • Prise : avec ou sans repas indifféremment

  • Durée : 8-16 semaines — parfois utilisé en "long cycle" jusqu'à 6 mois

  • Pause : 8-12 semaines minimum entre cycles longs

  • PCT : pas nécessaire (pas d'effet HHG)

Titration

Un débutant devrait commencer par 10 mg/j pendant 2 semaines pour évaluer la tolérance (notamment l'appétit et la rétention hydrique), puis augmenter à 20-25 mg/j si bien toléré. La rétention hydrique et l'appétit sont souvent maximaux dans les 2-4 premières semaines puis se stabilisent partiellement.

Combinaisons empiriques

  • MK-677 + ostarine ou ligandrol : combinaison "prise de masse" empirique très populaire — GHS-R1a + AR = cibles complémentaires. Rationnel mécanistique clair.

  • MK-677 + CJC-1295 no-DAC + ipamorelin : combinaison redondante — MK-677 et ipamorelin ciblent le même récepteur (GHS-R1a). Empirique sans synergie mécanistique claire. Le CJC-1295 ajoute une composante GHRH complémentaire.

  • MK-677 + HGH exogène : combinaison peu logique — la HGH exogène apporte déjà des taux supraphysiologiques ; y ajouter le MK-677 amplifie une exposition déjà maximale, avec risque cumulé de rétention hydrique et insulino-résistance.

  • MK-677 + cardarine (GW-501516) : combinaison "anti-âge" empirique — mécanismes distincts. Cumule les incertitudes (cardarine notamment).

Surveillance biologique — les bons marqueurs

Puisque le MK-677 n'est pas un SARM, la surveillance biologique ciblée doit être adaptée :

  • IGF-1 sériquemarqueur central de l'effet biologique, à doser avant et à 6-8 semaines

  • Glycémie à jeun + HbA1c — surveillance de l'insulino-résistance

  • Bilan lipidique — effet variable

  • Bilan hépatique — surveillance de base

  • NFS, ionogramme — la rétention hydrique peut affecter les concentrations plasmatiques

  • Cortisol matinal — optionnel

Voir notre article sur le bilan sanguin adapté aux cycles.

Effets secondaires — les points souvent minimisés

Fréquents (dose-dépendants) :

  • Œdèmes périphériques — chevilles, mains — jusqu'à 50 % des participants dans l'étude Nass 2008 chez le sujet âgé, moindre chez le jeune sain

  • Augmentation de l'appétit — peut être problématique en régime restrictif

  • Léthargie matinale — chez certains utilisateurs (paradoxal étant donné l'effet somnogène nocturne)

  • Fatigue transitoire en début de cycle

Métaboliques :

  • Insulino-résistance — mesurée dans plusieurs études (Nass 2008, Svensson 1998)

  • Glycémie à jeun augmentée

  • HbA1c — augmentation légère sur cycles longs

Occasionnels :

  • Céphalée légère

  • Syndrome du canal carpien — lié à la rétention hydrique + effet GH sur les tissus mous

  • Élévation modeste du cortisol (+47 nmol/L dans Nass 2008)

  • Prolactine légèrement augmentée (~23 %, Chapman 1996) — reste dans la fourchette normale

Contre-indications :

  • Diabète mal équilibré ou pré-diabète significatif

  • Cancer actif — préoccupation IGF-1 comme pour tous les sécrétagogues GH

  • Rétinopathie diabétique proliférative

  • Grossesse, allaitement

  • Adolescence hors indication médicale spécifique

  • Insuffisance cardiaque décompensée (rétention hydrique)

  • Aucune AMM

  • Vendu sur le marché "research chemical" avec mention "for research use only"

  • Statut juridique ambigu — l'ANSM peut requalifier en médicament par fonction

  • Vente comme complément alimentaire : illégale

  • Voir notre pillar sur le cadre légal français

Statut WADA

Explicitement inscrit sur la liste des substances interdites de la WADA, catégorie S2 — Hormones peptidiques, facteurs de croissance, substances apparentées et mimétiques — la même catégorie que l'ipamorelin, le CJC-1295, la HGH exogène. Pas S1.2 (SARMs).

Détection : LC-MS/MS opérationnelle. Fenêtre de détection : ~1-2 mois post-prise.

Sanction disciplinaire : suspension typique 4 ans première infraction.

Foire aux questions (FAQ)

Le MK-677 est-il vraiment plus pratique que les peptides injectables ?

Oui — c'est son principal avantage. Une prise orale quotidienne unique (soirée) remplace les 1-3 injections quotidiennes d'ipamorelin ou de CJC-1295. Pour un utilisateur qui n'a pas de contrainte particulière autour des injections, la différence pratique est significative — pas de reconstitution, pas de seringues, pas de rotation de sites. En contrepartie, le MK-677 produit plus de rétention hydrique et d'effets sur l'appétit que l'ipamorelin, dont c'est un des atouts d'être "sélectif GHS-R1a sans effet appétit" — voir notre article ipamorelin.

MK-677 vs HGH exogène : quel choix ?

Deux approches complètement différentes. Voir notre comparatif HGH exogène vs peptides sécrétagogues pour l'analyse détaillée. En résumé : HGH exogène = plus puissante, effets plus rapides et plus marqués, plus coûteuse (800-2000 €/cycle), plus à risque, plus complexe. MK-677 = plus modeste, effets plus lents, moins coûteuse (150-300 €/cycle), plus simple. MK-677 est raisonnable pour usage anti-âge/récupération ; HGH exogène est plus adaptée à des objectifs "musculation intensive" avec supervision.

Combien de masse maigre peut-on gagner avec le MK-677 ?

Empiriquement : 1-3 kg en 12 semaines à 25 mg/j. Cohérent avec les données cliniques (Nass 2008 : +1,1 kg à 2 ans chez le sujet âgé ; Svensson 1998 : masse maigre augmentée). À noter : ces "kilos" incluent une part importante de rétention hydrique (2-4 kg de poids d'eau typiquement). La masse maigre "sèche" réelle gagnée est inférieure au poids de balance. Un utilisateur qui s'attend à des gains "stéroïdiens" (5-10 kg) sera déçu.

Faut-il une PCT après un cycle de MK-677 ?

Non. Contrairement aux SARMs, le MK-677 ne supprime pas l'axe HHG, ne provoque pas de suppression de la testostérone endogène, ni gynécomastie, ni atrophie testiculaire. Aucune PCT SERM (tamoxifène, clomifène) n'est nécessaire à l'arrêt. C'est un avantage pratique majeur — pas de "récupération hormonale" à gérer.

Le MK-677 est-il sûr à long terme ?

Les données à moyen terme (2 ans, Nass 2008) sont acceptables mais pas rassurantes sur tous les fronts : rétention hydrique significative, insulino-résistance mesurée, œdèmes chez 50 % des participants âgés. Chez le sujet plus jeune et sain, la tolérance est meilleure mais les données au-delà de 2 ans sont inexistantes. Une préoccupation théorique persiste concernant l'exposition prolongée à un IGF-1 élevé (préoccupation oncologique). Position prudente : cycles avec pauses, surveillance IGF-1 pour rester dans la fourchette haute physiologique (typiquement 200-350 ng/mL) sans dépassement.

Peut-on utiliser le MK-677 en sèche ?

Non recommandé. L'augmentation de l'appétit contredit un objectif de déficit calorique — perte de contrôle alimentaire fréquente. Pour une sèche, préférer des composés avec un profil différent : peptides GH pulsatiles (ipamorelin + CJC-1295 — sans effet appétit marqué), ou approches ergogéniques (sémaglutide pour perte de poids globale sous supervision médicale).

Combien coûte un cycle de MK-677 ?

Ordres de grandeur sur le marché "research chemical" en 2026 :

  • Cycle de 12-16 semaines à 25 mg/j : 60-150 €

  • Cycle long (6 mois) : 150-300 €

  • Bilans biologiques : 60-120 €

Total : 120-400 € selon durée. Substantiellement moins cher qu'un cycle HGH exogène, comparable à un cycle CJC+Ipa.

Sources et références

  • Chapman IM, Bach MA, Van Cauter E, et al. Stimulation of the growth hormone (GH)-insulin-like growth factor I axis by daily oral administration of a GH secretogogue (MK-677) in healthy elderly subjects. J Clin Endocrinol Metab. 1996 ; 81(12) : 4249–4257. Étude clinique princeps. PubMed 8954023

  • Copinschi G, Van Onderbergen A, L'Hermite-Baleriaux M, et al. Effects of a 7-day treatment with a novel, orally active, growth hormone (GH) secretagogue, MK-677, on 24-hour GH profiles, insulin-like growth factor I, and adrenocortical function in normal young men. J Clin Endocrinol Metab. 1996 ; 81 : 2776–2782. Effets sommeil et cortisol.

  • Svensson J, Lönn L, Jansson JO, et al. Two-month treatment of obese subjects with the oral growth hormone (GH) secretagogue MK-677 increases GH secretion, fat-free mass, and energy expenditure. J Clin Endocrinol Metab. 1998 ; 83 : 362–369. Étude obésité.

  • Murphy MG, Weiss S, McClung M, et al. Effect of alendronate and MK-677 (a growth hormone secretagogue), individually and in combination, on markers of bone turnover and bone mineral density in postmenopausal osteoporotic women. J Clin Endocrinol Metab. 2001. Densité osseuse.

  • Bach MA, Rockwood K, Zetterberg C, et al. The effects of MK-0677, an oral growth hormone secretagogue, in patients with hip fracture. J Am Geriatr Soc. 2004 ; 52 : 516–523. Fracture de hanche.

  • Nass R, Pezzoli SS, Oliveri MC, et al. Effects of an oral ghrelin mimetic on body composition and clinical outcomes in healthy older adults: a randomized trial. Ann Intern Med. 2008 ; 149(9) : 601–611. Étude 2 ans référence sécurité. PubMed 18981485

  • Sevigny JJ, Ryan JM, van Dyck CH, et al. Growth hormone secretagogue MK-677: no clinical effect on AD progression in a randomized trial. Neurology. 2008 ; 71(21) : 1702–1708. Alzheimer.

  • Campbell RC, Fox WE, Colussi G, et al. Randomised controlled trial of the ghrelin agonist MK-677 in hemodialysis patients. Nephrol Dial Transplant. 2018. Hémodialysés.

  • Smith RG, Van der Ploeg LH, Howard AD, et al. Peptidomimetic regulation of growth hormone secretion. Endocr Rev. 1997. Contexte pharmacologique.

  • Sigalos JT, Pastuszak AW. The Safety and Efficacy of Growth Hormone Secretagogues. Sexual Medicine Reviews, 2018. Revue de synthèse.

  • WADA Prohibited List 2024-2026 — Section S2 (Hormones peptidiques, facteurs de croissance). wada-ama.org


Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis médical. Le MK-677 (ibutamoren mesylate) n'a d'AMM dans aucun pays au 30 juillet 2026, malgré une base clinique substantielle (essais Merck 1996-2008 et essais indépendants ultérieurs). Il n'est PAS un SARM — sa vente et catégorisation avec les SARMs sur le marché "research chemical" sont mécanistiquement erronées ; c'est un sécrétagogue oral non-peptidique de l'hormone de croissance agissant sur le récepteur à la ghréline (GHS-R1a). En France, il est vendu sur le marché "research chemical" avec mention "for research use only" — statut juridique ambigu (l'ANSM peut requalifier en médicament par fonction) ; la vente comme complément alimentaire est illégale. Il est explicitement inscrit sur la liste des substances interdites de la WADA (catégorie S2 — Hormones peptidiques, facteurs de croissance, substances apparentées et mimétiques — même catégorie que l'ipamorelin et la HGH exogène) — son usage constitue une violation pour tout sportif licencié dans une fédération signataire du Code Mondial Antidopage. Effets secondaires métaboliques significatifs documentés : rétention hydrique (œdèmes chez jusqu'à 50 % des participants âgés dans l'étude Nass 2008), insulino-résistance, élévation de la glycémie à jeun, élévation modeste du cortisol. Contre-indication en cas de diabète mal équilibré, de cancer actif, de rétinopathie diabétique proliférative, de grossesse, d'insuffisance cardiaque décompensée. Surveillance biologique impérative : IGF-1 (biomarqueur central), glycémie à jeun + HbA1c, bilan hépatique. Consultez toujours un médecin qualifié avant d'utiliser des substances non approuvées. Pour les considérations médicales générales, voir notre avis de non-responsabilité médicale complet. Les auteurs déclinent toute responsabilité pour les dommages à la santé résultant d'une utilisation inappropriée.