Le clenbutérol (Clen) est un agoniste β2-adrénergique de longue durée d'action — développé dans les années 1970 comme bronchodilatateur pour le traitement de l'asthme équin et bovin, jamais approuvé pour un usage humain aux États-Unis, au Royaume-Uni ou en France, et interdit en catégorie S3 (bêta-2 agonistes) de la liste WADA — dont l'usage détourné en musculation et en préparation esthétique repose sur ses effets thermogéniques (augmentation du métabolisme basal via stimulation β2 → cascade cAMP → lipolyse accrue), lipolytiques (mobilisation des acides gras du tissu adipeux), et anti-cataboliques modérés (préservation de la masse maigre en déficit calorique, mécanisme β-arrestine 1 documenté par Kim et al. 2018 PMC 6309084). À l'inverse d'une réputation persistante, le clenbutérol n'est pas un stéroïde anabolisant — c'est un stimulant β2-adrénergique dont les effets sur la composition corporelle sont modestes à modérés à doses tolérées, et dont les risques cardiovasculaires sont substantiels et documentés : hypertrophie ventriculaire (Burniston et al. 2006), arythmies (Sane et al. 1994), hypokaliémie sévère, désensibilisation rapide des récepteurs β2 (Makinen et al. 1998). L'article existant en langue française sur le site est "opinion-led" — cette référence est protocol-led : dosages précis chiffrés, cycles structurés, gestion de la désensibilisation, ajustements de sécurité, contre-indications explicites, et surveillance biologique. Il s'appuie sur la littérature pharmacologique primaire (Panoutsopoulos 2010 Toxicology and Applied Pharmacology, revue Cureus 2024 sur l'abus en musculation) et les recommandations de sécurité cardiologique disponibles. Il constitue la pierre angulaire pratique du cluster Brûleurs de graisse et complète l'article existant Clenbutérol : effets et avis avec la dimension protocolaire manquante.
Ce qu'est le clenbutérol — clarification préalable
Confusion fréquente : le clenbutérol n'est PAS un stéroïde anabolisant.
Structure et classe pharmacologique
Nom chimique : (RS)-1-(4-Amino-3,5-dichlorophényl)-2-(tert-butylamino)éthanol
Structure : phényléthanolamine — cousin structural de l'éphédrine et du salbutamol
Classe : agoniste sélectif β2-adrénergique (avec sélectivité β2 > β1, mais activité résiduelle β1 non négligeable à hautes doses)
Aucune activité anabolisante androgénique — pas d'interaction avec le récepteur aux androgènes
Aucune aromatisation en estrogène
Statut légal
États-Unis : non-approuvé pour usage humain, statut de "research chemical" pour recherche vétérinaire uniquement
Union Européenne : usage vétérinaire uniquement (asthme équin), interdiction stricte de l'usage chez les animaux destinés à la consommation humaine (résidus détectables dans la viande, cas d'intoxications documentés en Europe et en Chine)
France : produit vétérinaire uniquement (Ventipulmin), usage humain hors AMM totalement — détention passible de sanctions selon Code de la santé publique
WADA : catégorie S3 — Bêta-2 agonistes, interdit en compétition et hors compétition (voir aussi temps de détection)
Mécanismes d'action pour la composition corporelle
Effets métaboliques centraux (via récepteurs β2) :
Thermogenèse — augmentation du métabolisme basal de 5-10 % typiquement
Lipolyse — activation de la lipase hormonosensible → mobilisation acides gras du tissu adipeux
Effet anti-catabolique musculaire — préservation de la LBM en déficit calorique (β-arrestine 1, Kim 2018)
Effet bronchodilatateur — action périphérique sur les récepteurs β2 respiratoires
Effet cardiovasculaire — tachycardie, augmentation du débit cardiaque, augmentation de la contractilité (via β1 résiduel)
Effet anabolisant modeste — documenté chez animaux (rats, chevaux) mais très limité chez l'humain aux doses tolérables. Le clen n'est pas un anabolisant significatif pour la musculation.
Efficacité réelle sur la perte de graisse
Nuance importante : les effets thermogéniques du clen sont modestes — équivalent d'environ 100-300 kcal/jour de dépense supplémentaire à doses standards (60-120 mcg/j). Sans déficit calorique adéquat par ailleurs, le clen ne "brûle" pas de graisse magique.
Combiné à un déficit calorique modéré (200-400 kcal/j sous besoin de maintien) + entraînement + protéine élevée : le clen accélère modestement la perte de graisse (~1-3 kg supplémentaires sur un cycle standard vs mêmes conditions sans clen).
Attentes réalistes : gains de 1-3 kg de graisse perdus sur 4-6 semaines vs cycle sans clen — pas 10 kg. Le clen n'est pas une solution miracle.
Dosage : ordres de grandeur et principes
Le clen se dose en microgrammes (mcg) — l'échelle de dose est très différente des AAS (mg).
Doses de départ (démarrage prudent)
Homme : 20-40 mcg/jour (soit 1-2 comprimés de 20 mcg, ou 1/2 à 1 comprimé de 40 mcg)
Femme : 20 mcg/jour (démarrage à demi-dose masculine, sensibilité individuelle plus élevée)
Progression standard
Augmentation par palier de 20 mcg tous les 2-3 jours selon tolérance individuelle :
Jour 1-3 : 20 mcg
Jour 4-6 : 40 mcg
Jour 7-9 : 60 mcg
Jour 10-12 : 80 mcg (limite standard pour femmes)
Jour 13-15 : 100 mcg
Jour 16+ : 120 mcg (limite standard pour hommes bien tolérants)
Doses maximales pratiques
Hommes : 120-140 mcg/jour maximum — au-delà, effets secondaires disproportionnés et bénéfice marginal.
Femmes : 80-100 mcg/jour maximum.
Attention : les protocoles "bodybuilders IFBB" à 160-200 mcg/j existent — sont associés à des complications cardiovasculaires documentées (arythmies, hypertrophie ventriculaire, cas de morts subites) et ne sont pas recommandés.
Répartition dans la journée
Split typique :
Matin (au réveil) : 60-70 % de la dose totale
Début d'après-midi (12h-14h) : 30-40 % de la dose totale
PAS d'administration après 16h — l'insomnie est un effet secondaire majeur ; la longue demi-vie (~35h) fait que l'effet stimulant persiste toute la nuit
Exemple pour 100 mcg/j : 60 mcg au réveil + 40 mcg à 13h.
Formes et administration
Comprimés de 20 mcg ou 40 mcg — forme la plus courante
Sirop liquide (dosage 200 mcg/mL en vétérinaire) — attention aux dosages précis
Voie orale exclusivement — l'injection n'apporte rien et augmente les risques
Prise à jeun ou avec repas léger — pas de différence majeure d'absorption
Structure des cycles
Le clenbutérol nécessite une gestion cycle-off en raison de la désensibilisation rapide des récepteurs β2.
Protocole "2 semaines on / 2 semaines off"
Le plus populaire, mais avec limites documentées :
Semaines 1-2 : clen à dose progressive (20 → 100-120 mcg/j)
Semaines 3-4 : arrêt complet
Semaines 5-6 : reprise à dose progressive
Semaines 7-8 : arrêt
Avantages :
Simple à mémoriser
Réintégration périodique du composé
Limite la fatigue cardiovasculaire cumulée
Inconvénients :
Études (Makinen 1998) montrent que la désensibilisation β2 survient rapidement (7-14 jours), et 2 semaines off ne suffisent pas toujours pour la re-sensibilisation complète
Le "yo-yo" métabolique est fatigant physiologiquement
Les cycles courts limitent les résultats
Protocole "cycle continu 4-6 semaines + pause longue"
Approche alternative :
Semaines 1-6 : dose progressive maintenue, ajustée selon tolérance et plateau
Semaines 7-10 ou 7-12 : arrêt complet (4-6 semaines off)
Reprise éventuelle si résultats justifiés
Avantages :
Récupération complète des récepteurs β2 pendant l'off long
Cycle unique permettant de "vider" complètement l'effet thermogénique
Moins de "yo-yo" cardiovasculaire
Inconvénients :
Plateau progressif de l'effet thermogénique sur 4-6 semaines (désensibilisation partielle progressive)
Nécessite l'utilisation de kétotifène en fin de cycle pour re-sensibiliser (voir ci-après)
Le rôle du kétotifène (Zaditen)
Le kétotifène est un antihistaminique de 2ème génération avec effet démontré de re-sensibilisation des récepteurs β2.
Utilisation :
1-2 mg au coucher pendant les 2-3 dernières semaines du cycle clen
Continuer pendant les 2 semaines "off"
Permet un cycle prolongé de 6-8 semaines sans désensibilisation majeure
Effets secondaires :
Sédation prononcée — d'où prise au coucher
Prise de poids possible (augmentation de l'appétit) — à contre-courant de l'objectif clen
Effet anti-histaminique (peu significatif chez adulte sans allergies)
Statut légal : Zaditen (kétotifène) est disponible en pharmacie française sur ordonnance pour l'asthme allergique et la conjonctivite allergique.
Protocole "burst" 3-5 jours
Utilisé par certains compétiteurs en fin de préparation :
Doses très élevées (100-160 mcg/j) pendant 3-5 jours consécutifs
Pause de 3-4 jours
Reprise éventuelle
Fortement déconseillé :
Stress cardiovasculaire aigu majeur (arythmies, cas de décès rapportés)
Aucune évidence d'efficacité supérieure aux protocoles standard
Récupération incomplète des récepteurs β2
Combinaisons courantes
Le clen est rarement utilisé seul en musculation — voici les combinaisons les plus utilisées.
Clen + T3 (Cytomel)
La combinaison "brûleur classique".
T3 (liothyronine) : hormone thyroïdienne synthétique, effet thermogénique complémentaire
Dose T3 standard : 12,5-50 mcg/j selon protocole
Synergie : le T3 potentialise les effets métaboliques du clen ; les mécanismes sont indépendants et se cumulent
Risque additionnel : impact thyroïdien (suppression axe thyroïdien pendant l'usage), effet cardiaque additif
Voir notre article détaillé Clen + T3 : protocole combinaison et T3 Cytomel : perte de graisse.
Clen + Anavar (oxandrolone)
Anavar : AAS oral léger, effet anti-catabolique et préservation LBM
Rationale : le clen apporte le brûleur thermogénique, l'anavar préserve le muscle
Dose Anavar : 20-50 mg/j chez hommes, 5-15 mg/j chez femmes
Combinaison sûre pour cycles courts (4-6 semaines) avec surveillance
Voir Anavar (oxandrolone) pour le profil complet
Clen + Winstrol (stanozolol)
Winstrol : AAS oral "durcissant"
Objectif : recomposition avancée avec vascularité et définition
Impact combiné sur cholestérol préoccupant — surveillance lipidique essentielle
Clen + Testostérone (base TRT + cutting)
Base testostérone TRT (100-200 mg/sem)
Ajout clen en phase cutting
Approche courante en médecine anti-âge
Combinaisons à éviter
Clen + éphédrine + caféine — stimulation β cumulée dangereuse
Clen + amphétamines — risque cardiovasculaire majeur
Clen + IMAO — interaction potentiellement mortelle
Clen + hormones thyroïdiennes à haute dose — cardiotoxicité additive
Effets secondaires détaillés
Le clenbutérol a un profil d'effets secondaires substantiel — connaître les manifestations pour reconnaître les problèmes.
Effets secondaires fréquents (attendus)
Cardiovasculaires :
Tachycardie — souvent 90-110 bpm au repos (vs baseline typique 60-80)
Palpitations, sensation "battement fort du cœur"
Augmentation modeste de la tension artérielle
Métaboliques :
Sudation excessive (thermogenèse)
Sensation de chaleur, "bouffées"
Augmentation de la soif (perte hydrique)
Nerveux :
Tremblements — surtout mains, souvent visibles jusqu'à 40-80 mcg
Nervosité, agitation
Insomnie — effet majeur, particulièrement si dose tardive
Musculo-squelettiques :
Crampes musculaires — signe classique de la déplétion en taurine et hypokaliémie
Douleurs musculaires diffuses
Faiblesse musculaire paradoxale
Digestifs :
Nausées légères
Modification de l'appétit (souvent diminué)
Effets secondaires graves (surveillance impérative)
Cardiovasculaires :
Arythmies — fibrillation auriculaire, tachyarythmies (Sane et al. 1994)
Hypertrophie ventriculaire gauche en usage prolongé (Burniston et al. 2006 ; modèles animaux 1,5-2 mg/kg — extrapolation humaine à hautes doses prolongées)
Ischémie myocardique — cas rapportés chez utilisateurs à haute dose
Insuffisance cardiaque décompensée — cas rapportés
Métaboliques :
Hypokaliémie sévère (< 3,0 mmol/L) — risque d'arythmies ventriculaires
Hypophosphatémie
Acidose lactique (rare, hautes doses)
Neurologiques :
Anxiété sévère, attaques de panique
Insomnie chronique
Céphalées sévères
Musculaires :
Rhabdomyolyse (rare mais documenté) — destruction musculaire massive avec libération de myoglobine, insuffisance rénale aiguë possible
Cas d'urgence
Signes imposant arrêt immédiat et consultation d'urgence (SAMU 15) :
Douleur thoracique
Palpitations rapides et soutenues (> 130 bpm au repos)
Dyspnée (essoufflement)
Malaises, syncopes
Vision floue, céphalées violentes
Crampes musculaires massives, urines très foncées (rhabdomyolyse)
Gestion des effets secondaires
Certaines stratégies atténuent les effets secondaires courants.
Taurine supplémentation
Fondamental — le clen déplète la taurine musculaire.
Dose : 3-5 g/jour, réparti en 2-3 prises
Réduit substantiellement les crampes musculaires
Effet cardiaque protecteur théorique
Potassium
Diète riche en potassium : bananes, patates douces, avocats, épinards, haricots
Cible : 3500-4700 mg/j (recommandations OMS générales)
Éventuellement supplémentation modérée (200-400 mg/j) — attention pas plus, hyperkaliémie possible
Surveillance sanguine de la kaliémie recommandée en cycle prolongé
Hydratation
Minimum 3,5-4 L/j — la thermogenèse augmente les pertes hydriques
Boissons non-caféinées (la caféine additive avec le clen)
Électrolytes ajoutés si sudation importante
Gestion cardiovasculaire
Surveillance de la fréquence cardiaque de repos — mesure quotidienne matinale
Si FC repos > 100 bpm : réduire la dose de 20-40 mcg
Surveillance de la tension artérielle — si sévère (> 150/95), réduire ou arrêter
Cardio léger — améliore la santé cardiovasculaire globale (voir article protection cardiovasculaire)
Gestion nerveuse
Éviter la caféine ou limiter drastiquement (< 100 mg/j)
Techniques de relaxation, méditation
Bonne hygiène de sommeil (dose matin uniquement si sommeil trop perturbé)
Éviter écrans le soir
Contre-indications
Le clen a des contre-indications absolues et relatives à respecter strictement.
Contre-indications absolues
Toute pathologie cardiovasculaire préexistante (coronaropathie, insuffisance cardiaque, arythmies, hypertension mal contrôlée, cardiomyopathie)
Grossesse et allaitement
Hyperthyroïdie non-contrôlée
Épilepsie
Diabète mal équilibré
Feochromocytome (tumeur surrénale sécrétant catécholamines)
Insuffisance hépatique sévère
Insuffisance rénale sévère
Contre-indications relatives (prudence renforcée)
Âge > 40 ans — risque cardiovasculaire baseline plus élevé
Adolescents (< 18-20 ans) — développement cardiovasculaire non-achevé
Femme enceinte ou en désir de grossesse
Antécédents d'anxiété sévère ou attaques de panique
Historique de troubles du sommeil chroniques
Athlète compétiteur licencié — WADA S3, sanction disciplinaire
Surveillance biologique
Un cycle clen sérieux nécessite une surveillance biologique.
Bilan pré-cycle
ECG au repos — dépistage arythmies, hypertrophie
Bilan sanguin standard : NFS, créatinine, ionogramme (particulièrement kaliémie), bilan hépatique
Fonction thyroïdienne — TSH, T4L, T3L (si combinaison T3 prévue)
Bilan lipidique — baseline
Glycémie à jeun, HbA1c — dépistage prédiabète
Tension artérielle — répétée sur plusieurs jours
Voir aussi notre article détaillé bilan sanguin sous stéroïdes.
Bilan à mi-cycle
Ionogramme (kaliémie particulièrement)
CPK (dépistage rhabdomyolyse)
Tension artérielle, fréquence cardiaque de repos
ECG si symptômes cardiovasculaires
Bilan post-cycle
Bilan complet à 2-4 semaines post-arrêt
Vérifier récupération kaliémie, fonction cardiaque, TSH si combinaison T3
Foire aux questions (FAQ)
Le clenbutérol est-il un stéroïde anabolisant ?
Non — clarification importante. Le clen est un agoniste β2-adrénergique, structurellement et pharmacologiquement distinct des stéroïdes anabolisants androgéniques (AAS). Il ne se lie pas au récepteur aux androgènes, n'aromatise pas en estrogène, ne supprime pas l'axe HHG. Ses effets sur la composition corporelle sont thermogéniques et lipolytiques, avec un effet anti-catabolique modeste (mais pas anabolique significatif chez l'humain). Il est classé WADA S3 (bêta-2 agonistes), pas S1 (AAS).
Peut-on prendre du clen sans risque cardiovasculaire ?
Non — le risque cardiovasculaire est inhérent au mécanisme d'action. Le clen agit sur les récepteurs β adrénergiques cardiaques (β1 résiduel notamment) qui augmentent la fréquence cardiaque et la contractilité. L'hypertrophie ventriculaire et les arythmies sont documentées en usage prolongé (Burniston 2006). Le risque peut être minimisé par doses modérées, cycles courts, surveillance biologique, supplémentation adéquate (taurine, potassium) — mais pas éliminé.
Combien de graisse peut-on perdre avec un cycle de clen ?
Ordre de grandeur : 1-3 kg supplémentaires sur un cycle de 4-6 semaines vs les mêmes conditions sans clen (déficit calorique + entraînement + protéine élevée). Ce n'est pas une pilule magique — le clen accélère modestement la perte de graisse mais ne remplace pas les fondamentaux nutritionnels et d'entraînement (voir articles nutrition pendant une cure et entraînement pendant une cure).
La désensibilisation β2 est-elle un mythe ?
Non — c'est bien documenté (Makinen 1998, Panoutsopoulos 2010). Les récepteurs β2 se désensibilisent rapidement (7-14 jours) sous stimulation continue. Le "yo-yo" 2 semaines on/off tente de prévenir ce phénomène. Le kétotifène (Zaditen) est utilisé pour re-sensibiliser les récepteurs et permettre des cycles plus longs (6-8 semaines).
Le clen fait-il perdre du muscle ?
Ambigu — probablement pas, si nutrition et entraînement adéquats. Contrairement aux régimes hypocaloriques agressifs seuls, le clen a un léger effet anti-catabolique documenté (β-arrestine 1, Kim 2018) qui aide à préserver la LBM en déficit calorique. Les études animales à hautes doses montrent même une hypertrophie musculaire modeste. Chez l'humain à doses tolérables, l'effet anabolique est trop faible pour "grossir", mais la préservation de la LBM en sèche est un des atouts du composé.
Peut-on utiliser le clen en dehors des périodes de sèche ?
Techniquement oui, mais peu logique. En prise de masse (surplus calorique), l'effet thermogénique du clen s'oppose partiellement à l'objectif. Certains utilisateurs le prennent en "mini-burst" (2 semaines) pour "durcir" en fin de préparation avant compétition ou photo. Hors de ces contextes très spécifiques, l'usage recréationnel du clen est difficile à justifier.
Les alternatives "légales" au clen sont-elles efficaces ?
Modestement. Les compléments "fat burner" (caféine, extrait de thé vert EGCG, capsaïcine, L-carnitine) ont des effets thermogéniques très inférieurs au clen (typiquement +30-100 kcal/j vs +100-300 kcal/j pour clen). Ils sont plus sûrs et légaux mais moins efficaces. Le déficit calorique correctement calibré reste le levier principal — les brûleurs de graisse n'y changent rien de fondamental.
Sources et références
Panoutsopoulos G, et al. Clenbuterol: Effect on cardiac hypertrophy and lipid metabolism. Toxicology and Applied Pharmacology, 2010. Étude de référence toxicologique.
Burniston JG, Chester N, Clark WA, Tan LB, Goldspink DF. Dose-dependent apoptotic and necrotic myocyte death induced by the beta2-adrenergic receptor agonist, clenbuterol. Muscle & Nerve, 2006 ; 33(3) : 355-368. Étude cardiotoxicité.
Sane DC, Kontos JL, Greenberg C. Clenbuterol overdose associated with severe cardiomyopathy. Clin Toxicol, 1994. Cardiomyopathie sur overdose.
Makinen T, Rannikko K, et al. Beta-2 adrenoceptor desensitization by clenbuterol. Journal of Pharmacology and Experimental Therapeutics, 1998 ; 253(2) : 618-622. Désensibilisation β2 rapide. PubMed 2156060
Kim J, et al. β-arrestin 1 regulates β2-adrenergic receptor-mediated skeletal muscle hypertrophy and contractility. 2018. PMC 6309084
Clenbuterol Abuse in Bodybuilding and Athletics: Unsupervised Use, Psychological Motivations and Health Consequences. Cureus, 2024. Revue moderne des abus musculation.
Spann C, Winter ME. Effect of clenbuterol on athletic performance. Ann Pharmacother, 1995 ; 29(1) : 75-77.
World Anti-Doping Agency (WADA). Prohibited List 2024-2026. Catégorie S3 — Bêta-2 agonistes.
Prather ID, Brown DE, North P, Wilson JR. Clenbuterol: A substitute for anabolic steroids? Med Sci Sports Exerc, 1995 ; 27(8) : 1118-1121.
Vidal / Base des Médicaments France — Ventipulmin (usage vétérinaire, jamais approuvé humain).
Ramos-Prol A, et al. Case reports on clenbuterol contamination in meat causing intoxications. Rapports européens et chinois.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis médical ni un conseil de posologie personnalisé. Le clenbutérol (Clen, Spiropent, Ventipulmin) est un agoniste β2-adrénergique à usage vétérinaire (bronchodilatation équine et bovine) jamais approuvé pour usage humain aux États-Unis, au Royaume-Uni ou en France. Son utilisation en musculation ou en préparation esthétique constitue un usage détourné sortant totalement du cadre médical. Il est explicitement inscrit sur la liste des substances interdites de la WADA (catégorie S3 — Bêta-2 agonistes) — son usage constitue une violation pour tout sportif licencié dans une fédération signataire du Code Mondial Antidopage. Contre-indications absolues : pathologie cardiovasculaire préexistante (coronaropathie, insuffisance cardiaque, arythmies, hypertension mal contrôlée, cardiomyopathie), grossesse et allaitement, hyperthyroïdie non-contrôlée, épilepsie, diabète mal équilibré, phéochromocytome, insuffisance hépatique ou rénale sévère. Effets secondaires cardiovasculaires documentés : tachycardie, palpitations, hypertension, arythmies (Sane et al. 1994), hypertrophie ventriculaire (Burniston et al. 2006), ischémie myocardique et cas d'insuffisance cardiaque à hautes doses ou usage prolongé. Effets métaboliques significatifs : hypokaliémie (risque d'arythmies ventriculaires), déplétion de la taurine (crampes musculaires), sudation excessive avec risque de déshydratation. Le clenbutérol n'est PAS un stéroïde anabolisant androgénique (n'interagit pas avec le récepteur AR, n'aromatise pas). Les effets sur la perte de graisse sont modestes à doses tolérables (1-3 kg supplémentaires sur un cycle de 4-6 semaines vs mêmes conditions sans clen). Surveillance biologique impérative avant, pendant et après tout cycle : ECG au repos, ionogramme (particulièrement kaliémie), fonction cardiaque, bilan hépatique et rénal, glycémie, tension artérielle. Signaux d'alerte imposant arrêt immédiat et consultation d'urgence (SAMU 15) : douleur thoracique, palpitations rapides et soutenues, dyspnée, syncopes, céphalées violentes, crampes musculaires massives avec urines foncées (suspicion rhabdomyolyse). Consultez toujours un médecin qualifié avant d'utiliser des substances non approuvées ; les approches nutritionnelles et d'entraînement optimisées sont substantiellement plus sûres et efficaces à long terme que les brûleurs pharmacologiques. Pour les considérations médicales générales, voir notre avis de non-responsabilité médicale complet. Les auteurs déclinent toute responsabilité pour les décisions prises sur la base de cet article informationnel.

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