Un COA (Certificate of Analysis) est un certificat d’analyse délivré par un laboratoire indépendant qui mesure la composition chimique réelle d’un produit. Pour un stéroïde anabolisant, un COA crédible quantifie deux grandeurs distinctes : la pureté (proportion de molécule cible dans l’échantillon, mesurée par HPLC) et le dosage (concentration en mg/mL ou mg/tablette, mesuré par HPLC quantitative). Le laboratoire de référence mondial pour les utilisateurs est Janoshik Analytical (Slovaquie), dont les marges d’erreur typiques sont de ±5 % pour les huiles et oraux et ±10 % pour les suspensions et certains composés comme le clenbutérol.
Cet article explique ce qu’est un COA, comment fonctionnent les laboratoires tiers (HPLC, spectrométrie de masse), comment lire ligne par ligne un rapport de lot, comment distinguer pureté et dosage, et les limites de ce que le COA peut prouver. Il complète notre guide pratique reconnaître des stéroïdes contrefaits en se concentrant sur la couche analytique finale. Pour le contexte d’achat plus large, voir où acheter des stéroïdes en France.
Qu’est-ce qu’un COA (Certificate of Analysis)
Un Certificate of Analysis est un document de référence dans l’industrie pharmaceutique qui atteste, au moment de sa délivrance et pour un lot précis, la composition mesurée d’un produit donné. Le terme COA n’est pas réservé au marché parallèle : c’est un standard de l’industrie pharmaceutique réglementée, utilisé par toutes les usines GMP, qui accompagne chaque lot expédié depuis l’usine vers les distributeurs et les pharmacies.
Structure d’un COA standard
Un COA pharmaceutique standard (utilisé par les fabricants comme Driada Medical, Hilma Biocare, Deus Medical, ou Superhuman Pharma) comprend cinq sections obligatoires :
- En-tête d’identification : nom du laboratoire émetteur, adresse, numéro d’accréditation, contact
- Identification du produit : nom commercial, nom INN (International Non-proprietary Name) de la molécule, numéro de lot, date de fabrication, date d’expiration, forme galénique
- Résultats analytiques : méthode utilisée, résultat mesuré, spécification attendue, conformité ou non-conformité
- Tests complémentaires : pureté, identité, impuretés liées, solvants résiduels, métaux lourds, stérilité (pour injectables), endotoxines (LAL)
- Validation et traçabilité : signature du responsable qualité, date d’émission, code de vérification unique
Cette structure répond aux exigences des bonnes pratiques de fabrication (BPF) transposées en droit européen via les directives 2003/94/CE et 2017/1572/UE, ainsi qu’aux normes ICH Q6A pour les produits pharmaceutiques.
COA fabricant vs COA tiers indépendant
Il existe deux catégories de COA, qui n’offrent pas la même garantie :
| Critère | COA fabricant | COA tiers indépendant |
|---|---|---|
| Émetteur | Service qualité interne du fabricant | Laboratoire externe sans lien commercial |
| Échantillonnage | Sur lot d’usine, conservé en archive | Sur exemplaire commercial reçu par l’acheteur |
| Délai par rapport au lot | Émission à la fabrication | Émission à la demande, après acquisition |
| Risque de falsification | Modéré (intérêt à valoriser le lot) | Faible (laboratoire neutre) |
| Vérification | Auprès du fabricant | Auprès du laboratoire tiers |
| Coût | Inclus dans le prix du produit | 50-80 € par échantillon |
Pour un produit pharmaceutique avec AMM, le COA fabricant est suffisant car il est contrôlé par les autorités (ANSM en France, EMA au niveau européen). Pour un produit du marché parallèle, le COA fabricant est insuffisant : seul un COA tiers indépendant sur un échantillon réel acquis fournit une preuve substantielle d’authenticité.
Pourquoi le COA tiers est devenu un standard
L’émergence du COA tiers comme standard de la communauté date du début des années 2010, en réponse à la prévalence documentée des contrefaçons. La méta-analyse Magnolini et al. (BMC Public Health 2022) sur 5 413 échantillons indique que 36 % des stéroïdes du marché parallèle sont contrefaits et 37 % sous-standard — ce qui rend l’auto-vérification par laboratoire indépendant la seule preuve fiable de composition.
Janoshik Analytical, fondé en 2012-2013 par Peter Magic en réponse au constat de prévalence des « fake gear » dans la communauté bodybuilding, est devenu le laboratoire de référence. Ses services se sont étendus aux peptides, SARMs, modulateurs hormonaux, et tests complémentaires (stérilité, endotoxines, métaux lourds). Détails sur les services proposés sur janoshik.com/services/.
Laboratoires tiers : HPLC, spectrométrie de masse, méthodes utilisées
Trois méthodes analytiques principales sont utilisées dans un laboratoire tiers de qualité pharmaceutique pour caractériser un échantillon de stéroïde anabolisant : la chromatographie liquide haute performance (HPLC), la spectrométrie de masse (MS), et la chromatographie gazeuse couplée à la spectrométrie de masse (GC-MS). Chacune mesure un aspect distinct du produit, et leur combinaison permet une caractérisation complète.
HPLC (High-Performance Liquid Chromatography)
La HPLC est la méthode principale pour la quantification de pureté. Le principe : un échantillon dissous dans un solvant est poussé sous haute pression à travers une colonne contenant une phase stationnaire (typiquement silice C18 greffée). Les différents composés de l’échantillon traversent la colonne à des vitesses différentes selon leur affinité chimique avec la phase stationnaire — c’est le mécanisme de séparation chromatographique.
À la sortie de la colonne, un détecteur UV (HPLC-UV) ou un détecteur barrette de diodes (DAD) mesure l’absorbance à des longueurs d’onde spécifiques (généralement 220 nm et 254 nm). Le résultat est un chromatogramme : un graphique avec le temps de rétention en abscisse et l’intensité du signal en ordonnée. Chaque composé apparaît comme un pic à un temps de rétention caractéristique.
La pureté se calcule comme : (aire du pic cible / aire totale de tous les pics détectés) × 100. Un résultat de 99,2 % signifie que 99,2 % des composés détectés sont la molécule cible, et 0,8 % sont des impuretés (synthèse résiduelle, produits de dégradation, sous-produits). Pour un produit pharmaceutique injectable, les normes ICH exigent généralement une pureté ≥ 98 % de l’API (Active Pharmaceutical Ingredient).
La quantification en mg/mL ou mg/tablette se fait par comparaison avec une courbe d’étalonnage établie à partir d’un standard de référence pur. Le laboratoire injecte plusieurs concentrations connues du composé pur, mesure l’aire des pics, et calcule la concentration de l’échantillon par interpolation.
Spectrométrie de masse (LC-MS, LC-MS/MS, GC-MS)
La spectrométrie de masse confirme l’identité chimique du composé en mesurant sa masse moléculaire et son schéma de fragmentation. Le principe : la molécule est ionisée puis accélérée dans un champ électromagnétique, et le détecteur mesure le rapport masse/charge (m/z) des fragments produits. Chaque molécule a une signature mass spectrum unique.
Trois variantes sont utilisées en pratique :
- LC-MS (Liquid Chromatography-Mass Spectrometry) : couplage HPLC + détecteur MS. Identité + quantification dans une seule analyse
- LC-MS/MS (tandem MS) : double étape de fragmentation. Sensibilité maximale, détection d’impuretés à très faible concentration
- GC-MS (Gas Chromatography-MS) : chromatographie gazeuse + MS. Méthode de référence pour les stéroïdes volatils ou facilement vaporisables, et pour les solvants résiduels issus de la synthèse
La spectrométrie de masse répond à une question que la HPLC seule ne peut pas trancher : « le pic détecté correspond-il bien à la molécule annoncée, ou s’agit-il d’une autre molécule de propriétés chromatographiques voisines ? ». Un échantillon peut être pur à 99 % en HPLC tout en contenant une molécule différente de celle déclarée — le MS détecte cette substitution.
Tests complémentaires pour les injectables
Pour les produits injectables (huiles, suspensions, préparations à reconstituer), trois tests supplémentaires sont essentiels :
- Test LAL (Limulus Amoebocyte Lysate) — détection des endotoxines bactériennes. Une endotoxine dans un produit injectable peut provoquer fièvre, choc septique, ou réaction inflammatoire aiguë. Le seuil de tolérance pharmacopée est généralement < 0,25 EU/mL pour les injectables IM
- Test de stérilité (TAMC + TYMC) — comptage aérobie total + comptage levures et moisissures. Norme USP <61> : absence de croissance microbienne dans les milieux d’enrichissement pendant 14 jours
- Solvants résiduels par GC-MS (norme USP <467>) — détection des solvants utilisés en synthèse (méthanol, éthanol, acétone, chlorures, benzène) à des seuils stricts (typiquement < 50 ppm pour les solvants de classe 2)
- Métaux lourds par ICP-MS (Inductively Coupled Plasma-MS) — détection du plomb, mercure, cadmium, arsenic à des seuils < 1-5 ppm selon le métal
Ces tests sont essentiels parce qu’un produit peut avoir la bonne molécule à la bonne dose mais être contaminé — une situation potentiellement plus dangereuse qu’un sous-dosage simple.
Laboratoires de référence
Plusieurs laboratoires tiers offrent des services accessibles à la communauté :
| Laboratoire | Localisation | Services principaux | Tarif approximatif |
|---|---|---|---|
| Janoshik Analytical | Slovaquie | HPLC, LC-MS/MS, GC-MS, LAL, ICP-MS, TAMC/TYMC | 50-80 € par test |
| SIMEC AG | Suisse | HPLC, GC-MS, contrôle qualité pharmaceutique | 80-150 € par test |
| Anabolic Lab | États-Unis | HPLC pour AAS et SARMs | 70-120 USD par test |
| Laboratoires académiques (programmes harm-reduction) | Europe variable | Variable selon programme | Souvent gratuit dans le cadre d’études |
Janoshik reste la référence pour la communauté francophone parce que les tarifs sont accessibles, les délais maîtrisés (7-21 jours), et la base publique de COA permet la vérification croisée d’un rapport.
Lire un rapport de lot : décryptage section par section
Un COA Janoshik typique contient les sections suivantes, organisées dans un format standardisé. La capacité à lire chaque champ et à le rapprocher du produit reçu est ce qui sépare une vérification superficielle (« il y a un COA, c’est bon ») d’une vérification réelle.
Section 1 — En-tête d’identification
Le haut du document contient :
- Nom du laboratoire : « Janoshik Analytical s.r.o. » avec adresse en Slovaquie
- Numéro de tâche (Task Number) : identifiant unique du test, par exemple
#79605 - Clé de vérification (Verification Key) : code alphanumérique unique de 12 caractères, par exemple
L1SUYDCMGJU5 - Date de réception de l’échantillon : date à laquelle l’échantillon est arrivé au laboratoire
- Date d’analyse : date à laquelle les tests ont été effectués
- Date d’émission du rapport : date de publication du COA
Action de vérification : saisir le Task Number et la Verification Key sur janoshik.com/verify pour confirmer que le rapport est authentique et n’a pas été falsifié. Si la base ne retourne pas un rapport correspondant, le document est falsifié.
Section 2 — Identification de l’échantillon
Cette section décrit l’échantillon tel que reçu par le laboratoire :
- Nom du produit tel que déclaré par l’expéditeur (par exemple « Driada Test E 250 »)
- Numéro de lot tel qu’imprimé sur l’étiquette de la fiole ou du blister
- Date d’expiration déclarée
- Forme galénique : huile, tablette, suspension, poudre lyophilisée
- Volume ou poids de l’échantillon soumis (par exemple « 1 mL d’huile », « 5 tablettes »)
Action de vérification : comparer exactement le numéro de lot affiché sur le COA avec le numéro de lot imprimé sur votre produit. Une différence, même d’un seul caractère, signale soit une erreur, soit que le COA appartient à un lot différent du vôtre.
Section 3 — Résultats analytiques
C’est la section centrale du COA. Pour un stéroïde injectable typique, elle présente :
| Champ | Exemple de valeur | Interprétation |
|---|---|---|
| Compound identified | Testosterone Enanthate | Identité confirmée par MS |
| Concentration measured | 248,3 mg/mL | Mesure HPLC quantitative |
| Label claim | 250 mg/mL | Concentration déclarée par le fabricant |
| Deviation | -0,68 % | Écart entre mesure et déclaration |
| HPLC purity | 99,1 % | Proportion de molécule cible dans l’API |
| Identity (MS m/z) | 401,3 | Confirmé vs théorique 400,3 |
| Method | HPLC-UV + LC-MS | Méthodes utilisées |
Pour un produit oral (tablette), le résultat est exprimé en mg par tablette :
| Champ | Exemple de valeur |
|---|---|
| Compound identified | Methandienone (Dianabol) |
| Amount per tablet | 10,2 mg |
| Label claim | 10 mg |
| Deviation | +2,0 % |
| HPLC purity | 98,7 % |
Section 4 — Tests complémentaires (selon commande)
Les tests complémentaires sont commandés à la demande :
- Endotoxin (LAL) : résultat en EU/mL (Endotoxin Units/mL). Seuil acceptable < 0,25 EU/mL pour injectable IM
- Sterility (TAMC + TYMC) : « No growth detected » signifie absence de croissance microbienne après 14 jours
- Residual solvents : valeurs en ppm pour méthanol, éthanol, acétone, etc. Seuils USP <467>
- Heavy metals (ICP-MS) : Pb, Cd, As, Hg en ppm. Seuils typiquement < 1-5 ppm
Section 5 — Signature et validation
Le bas du document comporte :
- Signature du responsable de l’analyse (nom + titre)
- Cachet du laboratoire
- Date d’émission
- Mention légale indiquant l’usage du rapport et l’absence de garantie d’usage humain
- QR code de vérification, généralement en bas à droite
Lecture pratique : exemple commenté
Un cas réel publié en octobre 2025 illustre la lecture d’un COA d’un produit pharmacie compounding US (rapporté sur Eroids.com) :
- Sample 1 : Generopharm Test C200
- Label claim : 200 mg/mL Testosterone Cypionate
- Laboratory result : 189,75 mg/mL
- Deviation from label : -5,1 %
- USP tolerance : ± 10 % pour les préparations injectables stériles (90-110 % du label claim, soit 180-220 mg/mL acceptable)
Interprétation : la concentration mesurée (189,75 mg/mL) tombe dans la fourchette USP acceptable de 180-220 mg/mL pour un label de 200 mg/mL. Le produit est jugé conforme aux standards pharmaceutiques. Si la mesure était de 150 mg/mL, le produit serait sous-dosé hors tolérance.
Pureté vs dosage : deux mesures distinctes qu’il ne faut pas confondre
La distinction entre pureté et dosage est la source la plus fréquente d’erreur dans la lecture d’un COA. Les deux grandeurs mesurent des aspects différents du produit, et un produit peut être pur sans être bien dosé, ou bien dosé sans être pur.
Pureté (purity)
La pureté mesure la proportion de molécule cible dans l’API (Active Pharmaceutical Ingredient), à l’exclusion des excipients (huile de sésame, lactose, stéarate de magnésium, etc.). Elle s’exprime en pourcentage et se calcule sur le chromatogramme HPLC comme : aire du pic cible / aire totale des pics détectés.
Une pureté de 99,5 % signifie : sur 100 unités d’API analysées, 99,5 sont la molécule annoncée et 0,5 sont des impuretés (synthèse résiduelle, intermédiaires de réaction, sous-produits, contaminants). Les normes pharmaceutiques exigent typiquement :
- ≥ 98 % pour un produit injectable pharmaceutique
- ≥ 99 % pour un produit oral pharmaceutique
- ≥ 99,5 % pour un peptide synthétique de qualité recherche
Une pureté inférieure à 95 % est un signal de qualité médiocre, indépendamment du dosage.
Dosage (amount, concentration, content)
Le dosage mesure la quantité de molécule présente dans une unité de volume (mg/mL) ou par tablette (mg/tab). Il s’exprime en valeur absolue et se calcule par comparaison à une courbe d’étalonnage HPLC.
Un dosage de 248 mg/mL pour une étiquette 250 mg/mL signifie : -0,8 % de déviation. Selon les pharmacopées :
- USP (United States Pharmacopeia) : tolérance ± 10 % pour les préparations injectables stériles (chapitre <905> Uniformity of Dosage Units)
- EP (Pharmacopée européenne) : tolérance similaire ± 10 %, chapitre 2.9.40
- Janoshik : marge d’erreur analytique propre de ± 5 % pour les huiles et oraux, ± 10 % pour les suspensions et le clenbutérol
La combinaison qui révèle la qualité
| Pureté | Dosage | Diagnostic |
|---|---|---|
| 99,2 % | 248 mg/mL (-0,8 % vs 250) | Produit conforme : pur et bien dosé |
| 99,5 % | 125 mg/mL (-50 % vs 250) | Produit sous-dosé pur : API correcte mais demi-concentration. Contrefaçon économique |
| 87 % | 245 mg/mL (-2 % vs 250) | Produit impur mais bien dosé : 13 % d’impuretés. Risque toxicologique |
| 99,1 % | 312 mg/mL (+25 % vs 250) | Produit surdosé : effet pharmacologique plus fort qu’attendu. Risque d’effets secondaires aigus |
| 75 % | 180 mg/mL (-28 % vs 250) | Produit dégradé ou contrefait : sous-dosé ET impur |
Le scénario sous-dosé pur est le plus fréquent dans les contrefaçons économiques : le contrefacteur utilise de la matière première propre mais en quantité réduite (moitié du dosage annoncé) pour maximiser la marge. La pureté reste élevée mais le dosage est divisé par deux.
Le scénario impur est le scénario à risque toxicologique : la matière première est de mauvaise qualité (sous-produits de synthèse, contaminants), ce qui peut entraîner des effets pharmacologiques imprévus ou des réactions inflammatoires locales aux points d’injection.
Cas particulier des esters multiples
Les produits contenant plusieurs esters de testostérone (Sustanon 250, mélanges propionate + énanthate, ou TMT = Tren Mast Test) demandent une lecture plus complexe :
- Le COA doit lister chaque ester séparément avec son dosage individuel
- La somme des esters doit correspondre au label claim total
- Un déséquilibre entre esters (par exemple Sustanon avec 40 mg propionate au lieu de 30, et 50 mg décanoate au lieu de 100) signale une formulation hors spécification
Janoshik produit pour ces mélanges des rapports multi-pics avec quantification individuelle, là où un test générique « blind anabolic screening » donnerait seulement la somme.
Limites du COA : ce qu’un certificat ne prouve pas
Le COA est une preuve substantielle mais pas absolue. Plusieurs limites doivent être comprises pour éviter les conclusions excessives. Un produit peut avoir un COA Janoshik impeccable et présenter des problèmes que le COA ne couvre pas.
Limite 1 — Le COA porte sur un échantillon, pas sur tout le lot
L’analyse Janoshik (ou tout laboratoire tiers) porte sur 1 fiole ou 5-10 tablettes envoyées au laboratoire. Le résultat est valable pour cet échantillon précis. Si le fabricant clandestin envoie un échantillon « vitrine » pour test et produit ensuite des fioles différentes pour le marché, le COA ne reflète pas la réalité commerciale.
Cette pratique, dite « dilution post-test » ou « batch substitution », est documentée dans la littérature et représente une des limites fondamentales de l’auto-test. Les contre-mesures :
- Demander un COA récent (< 12 mois) pour le lot exact reçu, pas un COA générique de la marque
- Croiser plusieurs COA sur plusieurs lots successifs pour vérifier la cohérence
- Tester soi-même un échantillon de son lot reçu, pas seulement consulter un COA fourni
Limite 2 — La stabilité dans le temps n’est pas testée
Le COA reflète la composition au moment de l’analyse. Un produit conforme au moment du test peut se dégrader avec le temps : dégradation thermique de l’API en stockage, oxydation de l’huile de support, contamination microbienne progressive si le bouchon est compromis. Pour un produit utilisé plusieurs mois après son test COA, la composition réelle au moment de l’injection peut différer.
Les recommandations pharmaceutiques standard :
- Conservation à 15-25 °C, à l’abri de la lumière, hors gel
- Usage immédiat après ouverture du bouchon caoutchouc pour les multidoses (théoriquement, en pratique l’usage est étalé sur quelques mois)
- Inspection visuelle avant chaque utilisation (limpidité, coloration, particules)
Limite 3 — La stérilité n’est pas garantie pour la durée d’utilisation
Le test de stérilité Janoshik (TAMC + TYMC) confirme l’absence de contamination microbienne au moment du test, mais ne garantit pas la stérilité pour la durée d’utilisation du produit. Chaque ponction du bouchon caoutchouc avec une aiguille introduit un risque de contamination par les bactéries de la peau ou de l’air.
Les bonnes pratiques d’injection (alcool sur le bouchon, aiguille neuve à chaque injection, manipulation aseptique) restent essentielles, même pour un produit avec COA stérile.
Limite 4 — Les COA fournis par le fournisseur peuvent être falsifiés
Un fournisseur peut fournir un COA Janoshik falsifié : modifié au format PDF pour afficher d’autres dosages, ou réutilisé d’un lot différent, ou simplement inventé avec un Task Number aléatoire. Les signaux d’une falsification :
- COA en PDF basse résolution sans possibilité de zoom
- Task Number qui ne renvoie aucun résultat sur janoshik.com/verify
- Verification Key absente ou non vérifiable
- Numéro de lot ne correspondant pas au lot reçu
- Format différent du format standard Janoshik (toujours comparer à un COA Janoshik récent connu)
Règle absolue : ne jamais faire confiance à un COA fourni par le vendeur sans vérifier soi-même la Task Number et la Verification Key sur janoshik.com directement, en tapant l’URL à la main dans le navigateur.
Limite 5 — La marge d’erreur analytique propre
Même un test Janoshik authentique a une marge d’erreur analytique : ± 5 % pour les huiles et oraux, ± 10 % pour les suspensions et clenbutérol. Un résultat de 245 mg/mL pour une étiquette 250 mg/mL est compatible avec une réalité comprise entre 232,75 et 257,25 mg/mL (±5 % de la mesure). Pour une « raw » à 94 % de pureté, la réalité est entre 89,3 % et 98,7 % selon Janoshik.
Cette marge d’erreur n’est pas une critique du laboratoire — c’est la nature de la mesure analytique. Mais elle implique qu’on ne peut pas comparer deux COA à 1 % près : les différences inférieures à 5 % sont dans le bruit analytique, pas dans le produit réel.
Limite 6 — Le COA ne couvre pas la légalité
Un COA atteste la composition chimique, pas la légalité d’usage. Un produit parfaitement conforme à son étiquette reste, en France, un médicament sans AMM dont l’importation, la détention et l’usage hors prescription médicale sont interdits. Le COA n’offre aucune protection juridique en cas de saisie douanière ou de contrôle AFLD. Voir notre article importation de stéroïdes & douane française pour le cadre légal.
Synthèse : que prouve et ne prouve pas un COA tiers
| Question | Réponse du COA tiers |
|---|---|
| La molécule annoncée est-elle bien celle présente ? | Oui (avec MS) |
| Le dosage annoncé est-il respecté à ± 5 % près ? | Oui (avec HPLC quantitative) |
| L’échantillon testé est-il conforme ? | Oui |
| Tous les exemplaires du lot sont-ils identiques ? | Non (test sur échantillon unique) |
| Le produit sera-t-il stable jusqu’à utilisation ? | Non (stabilité non testée) |
| Le produit est-il stérile lors de l’usage final ? | Non (test à l’instant T uniquement) |
| Le COA fourni est-il authentique ? | Non (à vérifier soi-même sur janoshik.com) |
| Le produit est-il légal en France ? | Non (question juridique distincte) |
Questions Fréquentes (FAQ)
Qu’est-ce qu’un COA pour un stéroïde anabolisant ?
Un Certificate of Analysis est un document délivré par un laboratoire qui mesure la composition réelle d’un produit. Pour un stéroïde, il quantifie deux grandeurs : la pureté (% de molécule cible mesurée par HPLC) et le dosage (mg/mL ou mg/tab mesuré par HPLC quantitative). Un COA crédible identifie aussi la molécule par spectrométrie de masse et atteste l’absence d’impuretés majeures.
Quelle est la différence entre pureté et dosage ?
La pureté est la proportion de molécule cible dans l’API, exprimée en pourcentage (typiquement 98-99,5 %). Le dosage est la quantité absolue de molécule dans une unité de volume ou par tablette (mg/mL ou mg/tab). Un produit peut être pur à 99 % et sous-dosé à 50 % du label — c’est le scénario typique de contrefaçon économique.
Quel laboratoire est la référence pour tester un stéroïde ?
Janoshik Analytical en Slovaquie est la référence mondiale depuis 2012 pour les utilisateurs particuliers, avec des analyses HPLC + spectrométrie de masse à des tarifs accessibles (50-80 € par échantillon). D’autres options incluent SIMEC AG en Suisse et Anabolic Lab aux États-Unis. Janoshik publie ses rapports dans une base accessible et permet la vérification en ligne.
Comment vérifier qu’un COA Janoshik est authentique ?
Saisir le Task Number (par exemple #79605) et la Verification Key (alphanumérique 12 caractères, par exemple L1SUYDCMGJU5) sur janoshik.com/verify, en tapant l’URL à la main dans le navigateur. Si la base retourne le rapport correspondant avec les bonnes données, le COA est authentique. Si la requête ne retourne rien ou des données différentes, le document est falsifié.
Quelle est la marge d’erreur d’un test Janoshik ?
±5 % pour les huiles (esters de testostérone, nandrolone, trenbolone) et les composés oraux (Dianabol, Anavar, Winstrol oral). ±10 % pour les suspensions aqueuses et certains composés comme le clenbutérol. Pour une « raw » (poudre brute), la marge est d’environ ±5 %. Une mesure à 245 mg/mL pour une étiquette 250 mg/mL est donc compatible avec une réalité entre 232,75 et 257,25 mg/mL.
Quelle pureté est acceptable pour un stéroïde injectable ?
Les normes pharmaceutiques ICH exigent ≥ 98 % pour un API injectable. Janoshik et autres laboratoires considèrent qu’au-dessous de 95 %, le produit présente un niveau d’impuretés inquiétant. Au-dessus de 99 %, le produit est conforme aux standards pharmaceutiques. Entre 95 % et 98 %, la qualité est acceptable mais sous-optimale.
Quelle tolérance de dosage est acceptable ?
La Pharmacopée américaine (USP <905>) et la Pharmacopée européenne (EP 2.9.40) définissent une tolérance de ± 10 % pour les préparations injectables stériles, soit 90-110 % du label claim. Un produit étiqueté 250 mg/mL est conforme entre 225 et 275 mg/mL. En dehors de cette fourchette, le produit est jugé non conforme aux standards pharmaceutiques.
Comment commander un test Janoshik ?
Sur le site officiel janoshik.com, via le formulaire de commande. Préciser la nature de l’échantillon (huile, oral, suspension, raw, peptide, SARM) car le protocole analytique diffère. Envoyer typiquement 0,5-1 mL pour une huile, 5-10 tablettes pour un oral, dans un contenant scellé en colis discret. Délai de retour 7-21 jours selon la charge du laboratoire. Le COA est envoyé par email et publié sur la base publique anonymisée.
Un COA fabricant suffit-il à garantir l’authenticité ?
Pour un produit pharmaceutique avec AMM (Androtardyl en pharmacie française), oui — le COA fabricant est contrôlé par l’ANSM et l’EMA. Pour un produit du marché parallèle, non. Le COA fabricant peut être falsifié, ou émis sur un échantillon de qualité supérieure à celle du lot commercial. Seul un COA tiers indépendant sur un échantillon réellement acquis fournit une preuve substantielle.
Les peptides nécessitent-ils le même type de test ?
Oui, avec des spécificités. Pour les peptides (BPC-157, TB-500, GHK-Cu, sémaglutide, tirzépatide), Janoshik utilise HPLC pour la pureté + LC-MS/MS pour l’identité (la masse moléculaire d’un peptide est très spécifique, par exemple 4 113 Da pour le sémaglutide). Selon les données rapportées en 2024 par les analyses Janoshik, 43 % des peptides testés ne répondent pas aux claims de pureté de l’étiquette — un taux comparable à celui des stéroïdes.
Combien de temps un COA reste-t-il valide ?
Un COA n’a pas de date d’expiration formelle, mais sa pertinence diminue avec le temps. Pour un produit commercial, un COA de moins de 12 mois est considéré comme courant. Au-delà, le lot a probablement été remplacé par un nouveau lot non testé. Un COA de 3-5 ans en arrière ne dit rien sur le produit actuellement vendu sous la même étiquette.
Que faire si le COA et le produit reçu ne correspondent pas ?
Si le numéro de lot, la date d’expiration, ou l’aspect du produit ne correspondent pas au COA fourni : (1) contester auprès du vendeur en demandant le COA correct du lot reçu ; (2) envoyer un échantillon en analyse indépendante pour confirmer ou infirmer la non-conformité ; (3) si la non-conformité est confirmée, demander remplacement ou remboursement (souvent refusé sur le marché parallèle) ; (4) signaler le produit suspect dans les forums communautaires pour prévenir d’autres utilisateurs.
Le COA atteste-t-il la légalité du produit en France ?
Non. Un COA atteste la composition chimique, jamais la légalité. Un produit parfaitement conforme à son étiquette reste, en France, un médicament sans AMM française dont l’importation est régie par l’article 414 du Code des douanes et la détention/usage par les articles L.232-9 à L.232-26 du Code du sport. Voir notre article importation de stéroïdes & douane française pour le cadre légal.
Sources et références
- Magnolini R, Falcato L, Cremonesi A, Schori D, Bruggmann P. — Fake anabolic androgenic steroids on the black market: a systematic review and meta-analysis (BMC Public Health, 2022; 22:1371) — PMC NCBI
- Neves DBDJ, Caldas ED. — GC-MS quantitative analysis of black market pharmaceutical products containing anabolic androgenic steroids seized by the Brazilian Federal Police (Forensic Sci Int, 2017; 275:272-281) — PubMed
- USP General Chapter <905> Uniformity of Dosage Units (United States Pharmacopeia, harmonisé avec EP 2.9.40 et JP) — USP-NF
- USP Monograph Testosterone Injectable Suspension (90-110 % du label claim) — USP-BP
- Janoshik Analytical — Services (HPLC, MS, LAL, ICP-MS, TAMC/TYMC) — janoshik.com/services/
- Janoshik Analytical — Verification — janoshik.com
- ICH Q6A Guideline — Specifications for new drug substances and products (sources internationales harmonisées) — ICH
- FDA Testosterone Cypionate Injection 200 mg/mL labeling (référence pharmaceutique américaine) — FDA AccessData
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis médical. Les analyses en laboratoire indépendant (Janoshik et autres) sont des outils techniques de caractérisation chimique ; elles n’autorisent pas et ne légitimisent pas l’usage des produits testés. En France, les stéroïdes anabolisants androgènes sont des médicaments soumis à autorisation de mise sur le marché (AMM) et à prescription médicale (Liste I). Leur usage hors AMM à des fins dopantes ou de développement musculaire est interdit par l’article L.232-9 du Code du sport et sanctionné par les articles L.232-10 et L.232-26, ainsi que par l’article 414 du Code des douanes pour l’importation. Consultez toujours un médecin qualifié avant tout usage de substances modifiant la physiologie. Voir notre avis de non-responsabilité médicale complet. Les auteurs déclinent toute responsabilité pour les dommages à la santé résultant d’une utilisation inappropriée.