Importation de stéroïdes & douane française

Table des matières

L’importation de stéroïdes anabolisants en France est strictement encadrée et le plus souvent prohibée. Tout colis de médicaments anabolisants sans AMM française nécessite une autorisation d’importation (AI) délivrée par l’ANSM — autorisation qui n’est jamais accordée pour un usage hors indication médicale. En pratique, importer des stéroïdes par voie postale ou express expose à la saisie systématique du colis, à un fichage administratif, et à des poursuites au titre de l’article 414 du Code des douanes (jusqu’à 10 ans d’emprisonnement et 10 fois la valeur de la fraude pour les marchandises dangereuses pour la santé).

Cet article expose le cadre légal de l’importation, le déroulement opérationnel d’une saisie douanière, la frontière juridique entre usage personnel et trafic, et les conséquences administratives et judiciaires possibles. Toutes les sources sont primaires : Légifrance pour le droit, douane.gouv.fr et le Bilan annuel DGDDI 2024 pour les statistiques, ANSM pour la réglementation médicament. Pour le cadre légal complet du dopage en France, voir notre pillar Code du sport, AFLD et loi sur le dopage en France.

Cadre légal de l’importation de stéroïdes en France

L’importation de stéroïdes anabolisants en France relève de trois corpus législatifs cumulatifs : le Code de la santé publique (article L.5121-8 et suivants sur l’AMM), le Code du sport (articles L.232-9, L.232-10, L.232-26 sur la détention de substances dopantes), et le Code des douanes (article 414 sur les marchandises prohibées). Chacun ouvre une voie de sanction distincte, et les trois peuvent s’appliquer simultanément.

Régime des médicaments à l’importation

L’importation de médicaments en France — y compris depuis un autre État de l’Espace Économique Européen (EEE) — est soumise à autorisation préalable, selon les règles publiées par l’ANSM sur l’importation de médicaments. L’autorisation d’importation (AI) est délivrée par le directeur général de l’ANSM. Elle est dispensée uniquement dans trois cas :

  1. Médicament autorisé dans le pays EEE de provenance ET ordonnance d’un médecin établi dans cet État
  2. Médicament autorisé dans le pays tiers de provenance (hors EEE) ET ordonnance d’un médecin établi dans ce pays
  3. Quantité conforme à un usage personnel transporté par le voyageur lui-même

En dehors de ces trois cas, l’AI de l’ANSM est nécessaire. Or, pour un médicament anabolisant sans AMM française commandé en ligne, aucun de ces cas ne s’applique : le bénéficiaire n’est pas un voyageur, le produit n’a souvent pas d’AMM dans le pays de provenance (laboratoires clandestins en Inde ou en Moldavie), et même quand il en a une, l’ordonnance manque. L’AI étant en pratique jamais délivrée à un particulier pour des anabolisants hors indication médicale, l’importation est structurellement illégale.

Régime des marchandises prohibées (Code des douanes)

Les stéroïdes anabolisants, en tant que médicaments sans AMM importés sans autorisation, entrent dans la catégorie des marchandises prohibées au sens du Code des douanes. L’article 414 du Code des douanes prévoit :

  • Régime de base : 3 ans d’emprisonnement, confiscation de l’objet de fraude, confiscation des moyens de transport, confiscation des biens et avoirs produits directs ou indirects de l’infraction, amende comprise entre 1 et 2 fois la valeur de la fraude
  • Régime aggravé pour les marchandises dangereuses pour la santé ou en bande organisée : 10 ans d’emprisonnement et amende jusqu’à 10 fois la valeur de la fraude

Les stéroïdes anabolisants relèvent du régime aggravé en raison de leur classification comme « marchandises dangereuses pour la santé », sans avoir besoin d’être commercialisés en bande organisée. La référence des peines maximales applicables est donc 10 ans + 10× la valeur, et non 3 ans + 1-2× la valeur.

Régime du dopage (Code du sport)

En parallèle, l’article L.232-10 du Code du sport réprime l’importation de substances dopantes pour usage non médical. La sanction est précisée par l’article L.232-26 du Code du sport : jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende en régime de base, 7 ans et 150 000 € en bande organisée ou pour cession à un mineur. La douane est habilitée à communiquer ses informations à d’autres administrations pour caractériser ces infractions (article L.232-20 du Code du sport).

Cumul des sanctions et choix du parquet

Dans la pratique judiciaire, le parquet retient généralement la qualification la plus sévère applicable. Pour un colis isolé d’anabolisants destiné à usage personnel, la douane traite administrativement (saisie + transaction) ; pour des quantités élevées ou des récidives, le dossier est transmis à la Justice sous la qualification du Code des douanes (article 414) et/ou du Code du sport (L.232-10/26). L’Office national anti-fraude (ONAF), créé le 1er mai 2024 en remplacement du SEJF, regroupe 312 enquêteurs dont 252 officiers de douane judiciaire spécialisés sur ces dossiers, selon le Bilan annuel 2024 de la Douane française.

Source juridiqueInfractionPeine maximale
Code des douanes art. 414 (base)Contrebande / importation sans déclaration de marchandises prohibées3 ans + 1-2× valeur
Code des douanes art. 414 (aggravé)Même fait, marchandises dangereuses pour la santé OU bande organisée10 ans + 10× valeur
Code du sport L.232-10/26 (base)Détention, transport, cession de substances dopantes5 ans + 75 000 €
Code du sport L.232-26 (aggravé)Même fait, bande organisée ou cession à mineur7 ans + 150 000 €
Code de la santé publique L.5121-8Exercice illégal de la pharmacie (vente sans AMM)5 ans + 375 000 €

Saisie douanière : comment se passe concrètement le contrôle d’un colis

Les colis de stéroïdes représentent les deux tiers des saisies de produits dopants réalisées chaque année par la DGDDI, principalement via le fret postal et express, selon la réponse officielle à la question N°6178 de l’Assemblée Nationale. La testostérone et la métandiénone (Dianabol) représentent 50 à 70 % de ce contentieux. En 2024, dans le cadre exceptionnel des Jeux Olympiques, 27 500 produits dopants ont été saisis pendant la seule période des Jeux, selon le bilan officiel.

Le circuit du colis : du dépôt à la saisie

Un colis commandé sur un site de vente en ligne hors Union européenne suit typiquement ce parcours :

  1. Dépôt par l’expéditeur chez un transporteur (DHL, FedEx, UPS, EMS) ou un opérateur postal du pays d’origine
  2. Transit international par air ou route, déclaration douanière sommaire (CN22/CN23 pour fret postal)
  3. Arrivée au centre de tri français — pour le fret postal, centre de dédouanement postal de Wissous (en banlieue parisienne, point d’entrée principal pour les colis Asie), Chilly-Mazarin, ou centres régionaux ; pour le fret express, plateforme de Roissy CDG principalement
  4. Pré-ciblage par les scanners automatisés (rayons X, parfois rayons gamma) et par algorithme de ciblage géré par le SARC (Service d’Analyse de Risque et de Ciblage)
  5. Contrôle physique par les douaniers en cas d’alerte scanner ou de ciblage : ouverture du colis, identification du contenu, prélèvement éventuel pour analyse au Service Commun des Laboratoires (SCL)
  6. Saisie si le contenu est jugé non conforme — qualification douanière, rédaction d’un procès-verbal de constatation, envoi d’un avis de saisie au destinataire

Le pré-ciblage est massif. Le centre de dédouanement de Wissous traite 775 millions d’articles importés en 2024 (vs 410 millions en 2023 et 170 millions en 2022, soit une croissance de +355 % en deux ans), et la douane indique que 95,8 % des déclarations sont dédouanées en moins de 5 minutes. Le scanning 100 % des colis du fret express et postal est en cours de déploiement national selon les perspectives 2025 publiées dans le Bilan annuel.

Indices déclenchant un contrôle

Quelques signaux augmentent fortement la probabilité d’ouverture d’un colis :

  • Provenance d’un pays à risque connu : Inde, Singapour, Moldavie, Bulgarie, Thaïlande, Émirats arabes unis (l’opération PANGEA X 2017 indique que 70 % des saisies internationales de médicaments illicites proviennent d’Asie)
  • Forme physique typique : poids/volume cohérent avec des ampoules ou des fioles, déclaration vague (« cadeau », « complément alimentaire », « vitamines »)
  • Valeur déclarée incohérente : valeur très faible pour un colis lourd, ou écart entre déclaration et image scanner
  • Adresse déjà signalée dans le fichier de Cyberdouane (cellule de la DNRED dédiée à la fraude internet, comportant plus de dix agents)
  • Expéditeur connu : sites de vente en ligne déjà identifiés comme distribuant des produits dopants

L’Observatoire des médicaments de la DNRED centralise le renseignement sur les produits dopants pour l’ensemble de la douane française. C’est l’organe qui structure le ciblage.

Spécificités du fret postal vs fret express

Le fret postal (La Poste, EMS, courriers nationaux internationaux) suit les règles de l’Union postale universelle : déclarations CN22/CN23, contrôles aux centres de dédouanement postal. Le fret express (DHL, FedEx, UPS, TNT) suit un dédouanement commercial avec déclaration en douane plus détaillée et traçabilité bout-en-bout. Pour les stéroïdes, les deux canaux sont également contrôlés — le fret express n’offre aucun avantage en termes d’évitement, contrairement à une croyance répandue dans le marché parallèle. La douane indique que le fret express et postal totalise 87 % des saisies de précurseurs de drogues et constate « de nombreuses constatations dans le fret express et postal sur des envois de faible volume » dans son bilan 2024.

Usage personnel vs trafic : la frontière juridique qui détermine la sanction

La distinction entre usage personnel et trafic est centrale en droit douanier et pénal français. Elle détermine si le dossier reste administratif (saisie + transaction) ou bascule en procédure judiciaire avec peines d’emprisonnement effectives. Cette distinction repose sur trois critères que les autorités combinent : la quantité, la fréquence, et les indices d’intention de revente.

Le critère de l’usage personnel selon la douane

Pour les médicaments transportés par voyageur, le portail officiel de la DGDDI sur le transport de médicaments par des particuliers précise que l’usage personnel correspond soit à la durée de traitement prévue par l’ordonnance médicale, soit, à défaut d’ordonnance, à trois mois de traitement. Pour les médicaments classés stupéfiants ou psychotropes (où les stéroïdes ne sont pas classés), la durée par défaut est réduite à un mois. La douane indique explicitement : « si les quantités transportées excèdent l’usage personnel, l’importation est prohibée à titre absolu ».

Pour les colis postaux et express — qui ne sont pas du transport personnel — la règle est plus stricte : toute importation nécessite une autorisation d’importation de l’ANSM, sauf si le destinataire dispose d’une ordonnance d’un médecin établi dans le pays de provenance ET que le médicament dispose d’une AMM dans ce pays. En pratique, aucune commande de stéroïdes en ligne ne remplit ces conditions.

Les seuils retenus par le SNDJ pour saisine judiciaire

La question N°6178 de l’Assemblée Nationale précise que le Service National de la Douane Judiciaire (SNDJ) — devenu ONAF depuis le 1er mai 2024 — a traité 20 dossiers en 2016 et 21 en 2017 sur produits dopants. La réponse officielle indique : « les achats effectués sur Internet portent principalement sur des petites quantités qui se retrouvent, en conséquence, en dessous des critères retenus pour une saisine judiciaire ». Autrement dit : la plupart des petites commandes sont saisies administrativement, sans poursuite judiciaire — mais cela ne signifie ni légalité ni absence de conséquence.

Le Rapport Annuel de Performances publié par le ministère du Budget précise que les seuils retenus par la DGDDI pour qualifier le contentieux significatif sont fondés sur le poids plutôt que sur la valeur, avec 1 kg pour les produits dopants. Une commande typique de bodybuilding (10 fioles + oraux) pèse de quelques centaines de grammes à 1-2 kg — selon la limite, elle peut basculer côté judiciaire.

Indices d’intention de revente (trafic)

Cinq éléments font basculer un dossier d’« usage personnel » vers « trafic » :

  1. Quantités élevées : plusieurs dizaines de fioles, multiples molécules différentes, packaging suggérant la revente
  2. Commandes répétées à la même adresse — la traçabilité numérique permet à Cyberdouane de reconstituer un historique
  3. Multiplicité des destinataires liés (même adresse IP, même mode de paiement, même méthode d’expédition)
  4. Découverte de matériel de revente lors de perquisition (balance de précision, étiquettes, sachets de conditionnement)
  5. Mode de paiement par crypto-monnaies, virements internationaux complexes, ou identifiants compatibles avec des sites de revente

La présence d’un seul de ces indices ne suffit généralement pas — mais leur combinaison déclenche une enquête sur dossier judiciaire avec saisie au domicile, fouille des comptes bancaires et investigations Cyberdouane sur l’historique des commandes.

Le cas particulier des transferts UE

L’Union douanière facilite la circulation des marchandises entre États membres, mais ne s’applique pas aux médicaments soumis à prescription. Chaque État membre conserve sa réglementation médicament. Une commande de Sustanon depuis la Belgique vers la France — même si Sustanon a une AMM belge — est traitée comme une importation illégale car il n’a pas d’AMM française et le destinataire ne dispose pas d’une ordonnance française. Le contrôle dans les espaces de libre circulation se fait par sondage et par renseignement plutôt que systématiquement, mais existe. Les colis intra-UE ne sont pas exempts de risque.

Conséquences administratives et judiciaires d’une saisie

Une saisie douanière de stéroïdes déclenche une cascade de conséquences allant de la simple perte du colis à des poursuites pénales et au gel des avoirs. La nature des conséquences dépend du volume saisi, de l’historique du destinataire, et de la qualification retenue par la douane et le parquet.

Niveau 1 — Saisie simple et avis administratif

Pour une première saisie de petite quantité (inférieure au seuil judiciaire) :

  1. Procès-verbal de constatation dressé par les douaniers
  2. Confiscation du colis — les produits sont détruits après expertise
  3. Avis de saisie envoyé au destinataire par courrier recommandé
  4. Transaction douanière proposée : amende administrative pour clore le dossier sans procédure judiciaire (montant variable, généralement quelques centaines à quelques milliers d’euros)
  5. Inscription au fichier de Cyberdouane et de la DNRED comme « tentative d’importation de produit dopant »

Le destinataire n’a aucun recours civil pour récupérer le produit ni l’argent versé au fournisseur — l’achat porte sur une marchandise prohibée, donc le contrat de vente est nul de plein droit. Le site marchand ne rembourse jamais ; le destinataire perd ses fonds définitivement.

Niveau 2 — Procédure douanière approfondie

Pour des quantités intermédiaires ou en cas de récidive :

  1. Convocation au service des douanes pour audition
  2. Demande de justifications sur l’origine des fonds, le canal d’achat, les destinataires éventuels
  3. Visite domiciliaire possible sur autorisation du juge des libertés et de la détention si soupçon de stockage
  4. Saisie des biens connexes : équipement de revente, ordinateurs, téléphones, comptes bancaires utilisés pour les transactions
  5. Amende douanière sur la base de l’article 414 (1 à 2 fois la valeur de la fraude)

À ce niveau, l’Office national anti-fraude (ONAF) peut intervenir si la dimension financière est significative. L’ONAF, créé le 1er mai 2024, dispose de pouvoirs d’enquête judiciaire et collabore avec EUROPOL pour les commissions rogatoires internationales.

Niveau 3 — Procédure judiciaire (article 414 aggravé)

Pour les volumes importants, les organisations criminelles, ou les cessions à mineurs :

  1. Garde à vue et placement en détention provisoire possible
  2. Saisine du parquet — selon la complexité, traitement par tribunal correctionnel, JIRS (Juridiction Inter-Régionale Spécialisée), ou JUNALCO (Juridiction Nationale chargée de la Lutte contre la Criminalité Organisée)
  3. Procès pénal sous qualification cumulée Code des douanes / Code du sport / Code de la santé publique
  4. Peines effectives : emprisonnement ferme jusqu’à 10 ans en bande organisée, amendes jusqu’à 10 fois la valeur de la fraude, confiscation patrimoniale élargie (immobilier, véhicules, comptes)
  5. Inscription au casier judiciaire B2 — incidence sur emploi, fonctions publiques, professions réglementées

Les opérations européennes MISMED 2017 ont conduit à 111 arrestations et au démantèlement de 19 groupes criminels en un an, témoignant que ce niveau n’est pas théorique.

Conséquences indirectes durables

Au-delà des sanctions pénales et financières directes, une saisie de stéroïdes peut avoir des conséquences professionnelles et personnelles durables :

  • Fonctions publiques et professions réglementées : un casier B2 chargé ferme l’accès à la fonction publique, aux professions de santé, à la gendarmerie, à la police, à la magistrature, à l’armée, à la sécurité privée
  • Activités sportives : sanction sportive parallèle par l’AFLD si le destinataire est licencié dans une fédération sportive (suspension de plusieurs années, exclusion de compétitions, perte de résultats)
  • Permis de séjour : pour les étrangers, une condamnation pénale peut entraîner refus de renouvellement, OQTF (obligation de quitter le territoire français), interdiction de retour
  • Crédit, assurance, employeur : une condamnation pénale documentée peut affecter les enquêtes administratives lors d’embauche dans certains secteurs (banque, finance, défense)
  • Surveillance numérique : l’adresse, l’identité numérique et les modes de paiement utilisés restent dans les bases Cyberdouane pour les futurs colis, multipliant la probabilité de contrôle des envois suivants

Pour le détail du cadre dopage AFLD/Code du sport, voir notre dossier complet Code du sport, AFLD et loi sur le dopage en France. Pour les alternatives légales accessibles sans risque de saisie, voir alternatives légales aux stéroïdes.

Questions Fréquentes (FAQ)

Quel est le risque réel pour un particulier qui commande un seul colis de stéroïdes en ligne ?

Le risque est élevé. Les colis de stéroïdes représentent les deux tiers des saisies de produits dopants par la DGDDI, et le centre de dédouanement de Wissous traite 775 millions d’articles par an avec un scanning généralisé en déploiement. Le scénario le plus probable est la saisie du colis + amende administrative + fichage Cyberdouane. La perte financière (colis + frais de fournisseur) est quasi certaine.

Le colis peut-il « passer » la douane si l’expéditeur garantit la livraison ?

Aucun expéditeur ne contrôle les douanes françaises. Les fournisseurs qui affichent « garantie passage douane » offrent au mieux une assurance commerciale (réexpédition gratuite si saisie) — mais cela signifie une seconde saisie probable, et chaque colis renforce le ciblage de l’adresse. La garantie passage douane est une promesse marketing, pas une réalité opérationnelle.

Peut-on être poursuivi pénalement pour avoir commandé un seul petit colis ?

La probabilité de poursuite judiciaire reste faible pour une première petite commande — la douane traite généralement administrativement. Mais le risque n’est pas nul : la qualification de l’article 414 du Code des douanes (10 ans + 10× la valeur pour marchandises dangereuses) peut être retenue si la douane le souhaite. En cas de récidive, de quantité plus importante, ou d’indices d’intention de revente, le passage au judiciaire devient probable.

Combien de temps les douanes gardent-elles l’historique d’une saisie ?

La durée de conservation des données par la DGDDI et la DNRED n’est pas publiée publiquement. Les fichiers de Cyberdouane sont alimentés en continu et permettent un ciblage durable. Pour les casiers judiciaires en cas de condamnation, l’inscription au B2 reste pendant 40 ans, sauf demande de réhabilitation. Au moins en pratique, une adresse signalée reste sous surveillance accrue pour plusieurs années.

Comment fonctionne une autorisation d’importation (AI) de l’ANSM ?

L’autorisation d’importation est délivrée par le directeur général de l’ANSM, pour un délai de trois mois ou une série d’opérations sur un an avec une quantité globale. Elle est destinée aux professionnels de santé et établissements pharmaceutiques important des médicaments sans AMM pour des indications spécifiques (accès dérogatoire, essais cliniques, médicaments orphelins). Elle n’est en pratique jamais délivrée à un particulier pour des stéroïdes anabolisants destinés à un usage non médical.

Sustanon est disponible en pharmacie en Belgique. Puis-je en importer pour mon usage personnel ?

Non. Sustanon 250 a une AMM belge mais pas d’AMM française (voir notre article stéroïdes en pharmacie). Pour importer un médicament d’un autre pays EEE en France, il faut soit une AMM française du même produit, soit une ordonnance d’un médecin établi dans le pays de provenance. Pour le commerce postal/express depuis la Belgique, ces conditions excluent le particulier. Une importation par voyage personnel avec ordonnance belge est tolérée pour la quantité prescrite — mais le voyageur doit pouvoir présenter l’ordonnance au contrôle.

Que se passe-t-il si le colis est intercepté à la douane belge avant d’arriver en France ?

Les saisies hors France sont régies par le droit local du pays. Beaucoup d’États européens (Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Espagne) ont des cadres similaires à la France pour les médicaments sans autorisation locale. Le destinataire français peut être notifié et faire l’objet d’un signalement transmis à la douane française via les canaux européens. Une saisie à l’étranger n’est donc pas un échec sans conséquences.

Les cryptomonnaies protègent-elles l’anonymat de l’achat ?

Non. La traçabilité blockchain est aujourd’hui largement maîtrisée par les services d’enquête. Cyberdouane (DNRED) traque l’utilisation illégale des cryptoactifs, et l’ONAF inclut depuis 2024 les actifs numériques et cryptomonnaies dans le champ du délit de blanchiment douanier (renforcement par la loi du 18 juillet 2023). En cas d’enquête, les flux crypto sont reconstitués via les exchanges (KYC obligatoire en UE) et l’analyse on-chain. Le « pseudonymat » des cryptomonnaies n’est pas l’anonymat.

Quelle est la différence entre une saisie administrative et une saisie judiciaire ?

La saisie administrative est traitée par la douane sans intervention du parquet : confiscation du colis, transaction douanière (amende administrative), fichage. Aucun emprisonnement, pas de comparution. La saisie judiciaire déclenche une procédure pénale : garde à vue possible, saisine du parquet, audience devant le tribunal correctionnel (ou JIRS/JUNALCO pour les dossiers complexes), risque d’emprisonnement ferme, inscription au casier B2. Le passage de l’une à l’autre dépend du volume saisi, de l’historique du destinataire, et de la décision du parquet.

Existe-t-il un cas où importer des stéroïdes est légal pour un particulier ?

Un seul cas marginal : un patient sous TRT prescrit à l’étranger, voyageant en France avec son traitement pour la durée du séjour, muni de son ordonnance étrangère. Et même dans ce cas, si le médicament n’a pas d’AMM française (par exemple Sustanon, Anavar oxandrolone US, Trenbolone), la douane peut refuser le passage. La voie réellement légale est la prescription par un médecin français habilité, après diagnostic d’hypogonadisme — voir testostérone sans ordonnance en France pour le cadre complet.

Les douanes peuvent-elles ouvrir un colis sans la présence du destinataire ?

Oui. L’article 60 du Code des douanes (modifié récemment suite à une décision du Conseil constitutionnel et précisé par la loi du 18 juillet 2023) donne aux douaniers un pouvoir de visite des marchandises dans les bureaux de douane, les zones aéroportuaires, portuaires et postales, sans qu’il soit nécessaire d’attendre le destinataire. La présomption d’irrégularité résultant du contrôle scanner ou du ciblage suffit à fonder l’ouverture du colis.

Un avocat peut-il aider à récupérer un colis saisi ?

Un avocat spécialisé en droit douanier peut éventuellement négocier la transaction douanière (réduction de l’amende administrative) ou contester la qualification retenue. Il ne peut pas faire restituer les marchandises saisies : les anabolisants importés sans autorisation sont systématiquement détruits après expertise. L’enjeu de l’intervention d’un avocat est donc de limiter les conséquences (amende, fichage, suite judiciaire), pas de récupérer le produit ou les fonds.

Sources et références

  • Code des douanes — Article 414 (peines en cas de contrebande et importation de marchandises prohibées) — Légifrance
  • Code du sport — Article L.232-26 (sanctions pénales détention/trafic de substances dopantes) — Légifrance
  • DGDDI — Le transport de médicaments en France par des particuliers (portail officiel douane.gouv.fr) — DGDDI
  • Bilan annuel de la Douane 2024 (publication officielle DGDDI, mars 2025) — Douane.gouv.fr
  • ANSM — Demander une autorisation pour une importation de médicamentsANSM
  • Question N°6178 Assemblée Nationale — Trafic de stéroïdes anabolisants androgéniques (statistiques DGDDI/DNRED/SNDJ) — Assemblée Nationale
  • Service-Public.fr — Douanes : produits dont l’importation est interdite ou réglementéeService-Public.fr
  • Loi n° 2023-610 du 18 juillet 2023 visant à donner à la douane les moyens de faire face aux nouvelles menaces — Légifrance

Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis juridique ou médical. En France, l’importation de médicaments sans AMM française et sans autorisation préalable de l’ANSM est interdite par le Code de la santé publique (articles L.5121-8 et suivants). L’importation sans déclaration de marchandises prohibées est réprimée par l’article 414 du Code des douanes (jusqu’à 10 ans d’emprisonnement et 10 fois la valeur de la fraude pour les marchandises dangereuses pour la santé). La détention, l’importation et le trafic de substances dopantes sont réprimés par les articles L.232-9, L.232-10 et L.232-26 du Code du sport. Pour toute question juridique précise, consultez un avocat spécialisé en droit douanier ou pénal. Pour toute question médicale, consultez un médecin qualifié (endocrinologue, urologue, andrologue, médecin du sport). Voir notre avis de non-responsabilité médicale complet. Les auteurs déclinent toute responsabilité pour les conséquences résultant d’une utilisation inappropriée des informations présentées.

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